LA NOUVELLE VIE DE PAUL SNEIJDER (Le Cas Sneidjer)

LA NOUVELLE VIE DE PAUL SNEIJDER (Le Cas Sneidjer)
Victime d’un terrible, et rarissime, accident d’ascenseur dans une tour de Montréal, Paul Sneijder découvre, en sortant du coma, qu’il en est aussi l’unique survivant : sa fille bien-aimée, Marie, est morte sur le coup avec les autres passagers. Commence alors pour Paul Sneijder une étrange retraite spirituelle qui le conduit à remettre toute son existence en question. Sa femme (qui le trompe), ses deux fils (qui le méprisent), son travail (qu’il déteste, et qu’il finira par quitter), tout lui devient peu à peu indifférent. Jusqu’au jour où, à la recherche d’un job, il tombe sur l’annonce qui va lui sauver la vie : il devient promeneur de chiens pour l’agence DogDogWalk… "Le cas Sneijder" est un livre bouleversant sur un homme qui refuse de se résigner à la perte de sa raison de vivre. Mais ce roman plein de mélancolie est aussi une comédie saugrenue dans laquelle Jean-Paul Dubois donne libre cours à la fantaisie la plus débridée : entre une esquisse d’une Théorie générale des ascenseurs, la description d’un adultère qui n’échappe pas au grotesque et une plongée dans le monde des promeneurs de chiens, l’auteur d’ " Une vie française " affirme à nouveau son goût pour l’humour noir.

MON AVIS :

Paul Sneidjer était sorti pour déjeuner avec sa fille aînée Marie. Il s'est réveillé, après quelques semaines de coma, à l'hôpital entouré de ses jumeaux et de leur mère. Incroyable cet accident d'ascenseur qui lui a pris sa fille, a tué 4 inconnus et l'a laissé avec des angoisses, des cauchemars et un besoin irrépressible de comprendre le fonctionnement de ces drôles d'engins qu'on emprunte sans y penser. 

Il est rentré chez lui, avec les cendres de sa fille que sa première épouse a fait incinéré, enfin acceptée au sein de son nouveau foyer.... Sa seconde conjointe lui avait interdit 20 ans plus tôt de lui faire franchir son seuil et par lâcheté, il avait accepté de ne voir Marie qu'à l'extérieur. Il n'a pas compris, non plus, le rejet de ses fils lorsqu'elle leur avait écrit une lettre pour leur anniversaire, leur en avait voulu, mais n'avait rien forcé. Paul Sneijder, un homme de consensus qui se pose beaucoup de questions, devient presque agoraphobe et trouve un apaisement en promenant des chiens.... Paul est l'antithèse de sa seconde épouse : pas carriériste, pas intéressé par l'argent, il ne se rebellera vraiment qu'une fois et il lui en cuira !
Jean-Paul Dubois utilise l'ironie pour décrire l'incompréhension mutuelle, l'intolérance, la bêtise, la peine, la tendresse et le snobisme des personnages. L'écriture est belle et le verbe est choisi avec soin pour caractériser les protagonistes, le vocabulaire précis. J'aime qu'un auteur me propose une histoire avec un début et une fin même si ce n'est pas celle que j'aurai choisie... Une belle découverte grâce à Thierry Lhermitte et l'adaptation cinématographique de l'oeuvre.

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