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mardi 5 mai 2026

ICI COMMENCE MON PÈRE de Céline BAGAULT

 

ICI COMMENCE MON PÈRE
Autrice : Céline Bagault

Aux Éditions de l'Olivier

« On a retrouvé le corps de ton père. »
Quand elle apprend cette nouvelle, six ans après la disparition de son père, atteint de la maladie d’Alzheimer, la narratrice se demande comment prendre la mesure de ces années de doute et d’attente. Comment raconter cette histoire et faire entendre l’errance qui s’est glissée dans l’intervalle ? Comment signifier que, pendant un temps infini, son père avait disparu à jamais ?
La narratrice revient sur cette échappée et la mobilisation de la famille qui part à la recherche du fugitif. Une cérémonie est finalement organisée alors que le corps du « peut-être défunt » est absent.
Des années plus tard, une fois le corps retrouvé, la vérité échappe encore et de nouveaux récits s’échafaudent.
Avec une écriture précise et sensible, Céline Bagault explore toutes les facettes d’une disparition.



http://www.editionsdelolivier.fr/rechercher?utf8=%E2%9C%93&q=c%C3%A9line+bagault


dimanche 30 décembre 2018

EINSTEIN, LE SEXE ET MOI Olivier LIRON

EINSTEIN, LE SEXE ET MOI
Auteur : OLIVIER LIRON
Editions ALMA EDITEUR
192 PAGES

« Je suis autiste Asperger. Ce n’est pas une maladie, je vous rassure. C’est une différence. Je vais vous raconter une histoire. Cette histoire est la mienne. J’ai joué au jeu télévisé Questions pour un champion et cela a été très important pour moi. » 
Nous voici donc en 2012 sur le plateau de France 3 avec notre candidat préféré. Olivier Liron lui-même est fort occupé à gagner ; tout autant à nous expliquer ce qui lui est arrivé. En réunissant ici les ingrédients de la confession et ceux du thriller, il manifeste une nouvelle fois avec l’humour qui est sa marque de fabrique, sa très subtile connaissance des émotions humaines




MON AVIS :

Roman autobiographique dense, au titre surprenant, d'Olivier Liron, jeune autiste Asperger. Sous couvert de parler de lui, Olivier Liron nous parle de la différence, de sa forteresse : "C'est l'image juste, Exacte. Quand on ne peut pas parler, on construit des forteresses. Ma forteresse à moi est faites de poésie et de silence. Ma forteresse à moi est faite d'un long hurlement. Ma forteresse à moi est imprenable. Et j'en suis le prisonnier."

Cette différence qui dès l'enfance le poussait à se croire cygne gracile, se rêver oiseau pour échapper à la violence de ses dissemblables camarades, d'échapper au dégoût porté à son propre corps.


Son histoire se fonde sur la méchanceté, la bêtise humaine. Sa mère et sa grand-mère fuient le franquisme, une fêlure déjà. L'histoire de l'auteur est bouleversante. Enfermement dans la solitude, la cruauté, l'incompréhension, l'indifférence de certains adultes dès l'école. La réussite d'Olivier Liron, toucher ses lecteurs par son histoire, sans pathos. Cela nous plonge en empathie, nous fait sourire de ses comparaisons piquantes (Potiron rusé), nous touche.


Olivier nous fait vivre ses colères, son avidité d'apprendre, sa solitude, sa participation à "Questions pour un champion" animé par l'unique Julien Lepers. Entre souvenirs venimeux, humour mordant, réflexions drôles, imagées, sur l'animateur, ses adversaires, l'auteur nous fait toucher du doigt la distance avec les "autres", ses aspirations, avec un grand sens du détail, du suspense, une écriture captivante.

Récit touchant de cet homme qui se remplit d'informations pour ne pas se laisser submerger par la solitude. Roman réjouissant par ses dialogues parfois cruels, vivants. L'histoire d'une douleur, d'une incompréhension vécue depuis l'enfance. Toute la narration de l'auteur est tendue vers un seul but, raconter dans un rythme soutenu sa particularité, ce qu'elle lui a fait vivre, vers quel but elle l'a fait tendre... la solution trouvée au coeur d'un jeu télévisé : 50 000€ pour s'autoriser à créer, l'écriture pour partager enfin !

J'ai été touchée par la sensibilité de l'écriture, l'émotion, la crudité des scènes parfois donne à voir toute la souffrance, l'amusement, la solitude, le plaisir de gagner, l'autodérision. 

Ce roman ne résout rien certainement, mais la découverte de l'auteur, attachant, de cette écriture tout feu tout flamme donne un moment de lecture plus que plaisant !

Ravie qu'il est atteint son objectif, gagner sa liberté, ouvert une voie pour un autre regard sur la différence.
"Le fascisme de la norme ? La peur de la différence ? Nous n'y sommes pas condamnés. Grâce à la poésie... on peut transformer la vie." Grâce à Olivier Liron, aussi !




Ma B.O du roman :

MOI JE SUIS COMME ÇA, ET ALORS ? - Les Enfantastiques - Chorale d'enfants



68 premières fois
Sélection Automne









dimanche 18 novembre 2018

QUAND DIEU BOXAIT EN AMATEUR de Guy BOLEY

QUAND DIEU BOXAIT EN AMATEUR
Auteur : Guy Boley
Aux Editions Grasset - 180 pages

Dans une France rurale aujourd'hui oubliée, deux gamins passionnés par les lettres nouent, dans le secret des livres, une amitié solide.

Le premier, orphelin de père, travaille comme forgeron depuis ses quatorze ans et vit avec une mère qui la littérature effraie et qui, pour cette raison, le met tôt à la boxe.
Le second ses tourne vers les écritures plus saintes et devient abbé. Mais jamais les deux anciens gamins ne se quittent. Aussi, lorsque l'abbé propose à son ami d'enfance d'interpréter le rôle de Jésus dans son adaptation de la passion de Notre seigneur Jésus-Christ, celui-ci accepte pour sacrer, sur la scène du théâtre paroissial, leur fraternité.



Mon avis :


"La vie n'est qu'une longue perte de tout ce qu'on aime" Victor Hugo.
Guy Boley raconte son père qu'il a mal compris, mal aimé durant son enfance. Un peu honteux parfois de ce père, forgeron-chanteur d'opérettes, boxeur.


Autopsie d'une enfance mal vécue, passage à l'âge adulte rédempteur. Il m'a manqué l'émotion dans cette énumération pragmatique, décorticage d'une vie d'artiste qui n'a pas pu s'exprimer pleinement. Amour sous exprimé ponctué de silences, pudique entre ce père et ce fils. Hommage posthume à ce père qu'il a tant aimé sans avoir su pleinement l'exprimé avec des mots. 


Pourtant, le sujet est touchant. Le style parfois emphatique, la redondance des expressions, même si le vocabulaire est particulièrement choisi, m'ont fait manquer l'émotion. 


Je ne connaissais pas cet auteur, peut-être aurais-je une autre opinion si j'avais lu son précédent roman encensé par les lecteurs ?


Un roman, un lecteur : une rencontre. C'est un rendez-vous manqué entre père-fils, romancier-lectrice. Le charme de la plume n'a pas opéré.


Guy Boley propose un roman que l'on abandonne pas, intriguant, qui trouvera son lecteur sans nul doute.



Ma B.O. du livre :
"Tu ne m'as pas laissé le temps" David Hallyday





Sélection Automne des68 premières fois