mercredi 19 août 2026

EMMA M. LION de Beth BROWER


 EMMA M. LION

Autrice : Beth BROWER

Aux Éditions Flammarion

Mars-Avril 1883 "Je suis arrivée à Londres sans aucun incident. Récemment, je n`ai vécu que de très rares victoires, et ceci en est une." Passez la porte de Lapis-Lazuli House et laissez-vous guider par la plume aiguisée et sarcastique d`Emma M. Lion. Un charme à la Jane Austen, un humour résolument moderne. Après trois ans passés au service d`une cousine aussi riche qu`odieuse, Emma M. Lion retrouve enfin sa bien-aimée Lapis-Lazuli House, dans le charmant et fantasque quartier londonien de St. Crispian. Ses ambitions de mener une vie d`étude et de mondanités en jouissant du plus de liberté possible étaient déjà une gageure, mais c`était compter sans son insupportable Cousin Archibald et sa redoutable tante, Lady Eugenia Spencer, qui semblent avoir voué leur existence à rendre la sienne impossible.


Mon avis


Lapis-Lazuli House est bien davantage qu’une maison pour Emma M. Lion. Orpheline dans la seconde moitié du XIXᵉ siècle, elle quitte sa cousine pour rejoindre la demeure qui lui reviendra à sa majorité. Dès les premières pages, le roman vous happe : Emma, avec son tempérament rebelle et sa langue parfois acérée, rappelle ces héroïnes indomptables que la littérature anglaise a offertes au monde. Reléguée dans les combles par son cousin Archibald, elle transforme ce recoin en un domaine propret et accueillant, comme pour affirmer qu’on ne relègue pas si facilement une jeune femme déterminée.

Peut-on être délicatement acerbe ? Emma le peut, et elle le doit pour affronter la pingrerie d’Archibald, qui oublie un peu trop volontiers la rente dont il est redevable. À l’instar d’Elizabeth Bennet, elle manie la finesse, la diplomatie et une forme de malice pour obtenir ce qu’elle estime lui revenir de droit.

Beth Brower brosse ainsi le portrait d’une société patriarcale où les femmes doivent lutter pour être simplement traitées équitablement. Mais Emma M. Lion n’est pas qu’un roman sur l’émancipation féminine : c’est aussi un objet-livre conçu comme l’écrin du journal d’Emma, un petit bijou pastel que l’on ouvre avec la même curiosité que l’on pousserait la porte de Lapis-Lazuli House.

Les descriptions des lieux qu’affectionne Emma participent pleinement au charme du récit. St Crispian devient un personnage à part entière : son église, ses rues, ses habitants (et même son fantôme) composent un quartier dans lequel le lecteur aime flâner aux côtés d’une héroïne dont l’esprit et la malice rappellent les grandes figures féminines de la littérature anglaise.

On referme ce premier tome avec l’envie immédiate de poursuivre le chemin aux côtés d’Emma. Sa voix, son humour et sa détermination donnent à ce récit une énergie que l’on a hâte de retrouver dans la suite.

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