jeudi 9 avril 2020

A CACHE-CACHE - M.J. ARLIDGE

A CACHE-CACHE
Auteur : M.J. Arlidge
Editeur : Les Escales - 384 Pages

Victime d'un coup monté, Helen Grace est désormais seule face à elle-même. Parviendra-t-elle à sortir vivante de la prison de Southampton ?

Pour Helen Grace, la meilleure inspectrice du pays, la chute est vertigineuse : accusée de meurtre, enfermée aux côtés du tueur qu'elle a fait condamner, il lui faut désormais survivre jusqu'au procès et prouver, d'une façon ou d'une autre, son innocence.
Quand un corps est retrouvé mutilé dans la cellule voisine, cette situation étouffante se transforme en véritable cauchemar. Il lui faut à tout prix arrêter l'assassin...
Avant qu'elle ne soit sa prochaine victime. Fidèle à son sens du suspense et du rebondissement, M. J. Arlidge poursuit dans ce sixième volet la série des Helen Grace.



Mon Avis :


L'entrée en matière de ce roman est déroutante. Helen Grace est emprisonnée pour plusieurs crimes alors qu'elle est la meilleure enquêtrice du pays ? Tous les indices relevés par ses pairs l'incriminent, pourtant elle crie son innocence ! 

Dans deux mois son sort sera scellé, elle prendra probablement perpétuité, comme toutes ces codétenues qu'elle a fait mettre derrière les barreaux insalubres d'Holloway. La vie en prison est régi par des trafics, des luttes d'influence, des règlements de comptes, bien des prisonnières ont envie de faire regretter à Helen son passé de flic.

Malgré tout, elle se lie d'amitié avec Leah, Jordi, Babs qui lui montrent comment s'en sortir, quelle contenance avoir pour éviter les problèmes pour survivre ces deux longs mois avant son procès.

Helen ne perd pas espoir malgré la défection de son amie Sanderson, promue à sa place, depuis son incarcération. Elle croit en la justice. La mort de Léah va la bouleverser, cette femme qui ne vivait que dans l'espoir de revoir ces deux garçons, tentait de décrocher de ses addictions, voulait être une meilleure maman, ne méritait pas de mourir d'une façon aussi atroce.

Le suspense est haletant depuis les premières pages, entre enquêtes à Holloway pour trouver qui commet des meurtres atroces et celle de Charlie Brooks, amie d'Helen, pour prouver son innocence, impossible de décrocher de ce thriller noir.

De beaux portraits de femmes, loyales, battantes ou perdues, psychopathes, attachantes et intrigantes à la fois, aucune ne laissent indifférentes. L'histoire est percutante, rythmée par des chapitres courts. L'univers noir. Les personnages qu'ils soient détenues, matons, enquêteurs, criminel encore en liberté, tous contribuent à ce que l'intrigue vous tienne en haleine jusqu'à l'épilogue.

Je remercie les Editions Les Escales pour cet excellent moment d'évasion.



mercredi 25 mars 2020

LES ETINCELLES - JULIEN SANDREL

LES ETINCELLES
Auteur Julien SANDREL
Editeur Calmann-Levy

La jeune Phoenix, 23 ans, a le goût de la provocation, des rêves bien enfouis, et une faille terrible : il y a trois ans, son père, un scientifique, s’est tué dans un accident de voiture en allant rejoindre une autre femme que sa mère.

Depuis, Phoenix le déteste. À cause de lui, elle a abandonné études et passions et enchaîne les petits boulots. Mais un jour, dans un carton qui dort à la cave, elle découvre la preuve que son père se sentait en danger. Ainsi qu’un appel à l’aide énigmatique, écrit dans une langue étrangère.

Et si elle s’était trompée ? Et si… la mort de son père n’avait pas été un accident ?

Aidée de son jeune frère, un surdoué à l’humour bien ancré, Phoenix se lance à la recherche de la vérité. Mais que pourront-ils, tout seuls, face à un mensonge qui empoisonne le monde ?




Mon avis :


D'abord, la couverture lumineuse attire l'attention. Ensuite, c'est l'héroïne passionnée qui vous happe le coeur.

Phoenix se construit entre amour et détestation de son père disparu tragiquement dans un accident à l'autre bout du monde.

Son seul réconfort, sa grand-mère Sandra, pétillante et douce, elle lui permet de conserver un lien avec sa passion du piano qu'elle ne pratique plus depuis la mort de son père. Sandra lui explique que la colère et la haine la ronge, l'empêche d'avancer, qu'elle doit trouver la force de pardonner.

En remontant une boîte de souvenir de la cave, Phoenix va être confrontée au doute et entraîner son jeune frère César dans une quête de la vérité qui leur fera vivre de multiples émotions et aventures.

Je ne veux pas divulgâcher donc je n'en dirai pas plus. Ce roman est difficile à catégoriser à la fois polar à suspense, roman feel good. On y retrouve des thèmes récurrents dans les romans de Julien Sandrel, la famille, l'amour filial, la quête d'un monde meilleur. Julien Sandrel a cette fois en plus voulu coller à un sujet devenu universel : l'écologie. Ce roman s'éloigne toutefois un peu des précédents avec son suspense appuyé, une vraie réussite.

L'écriture de l'auteur est teintée de sensibilité, nous ballotte d'émotions en émotions, sans nous lâcher jusqu'à l'épilogue.

À  vous de découvrir cette intrigue peu ordinaire pour savoir si Phoenix trouvera sa voie en faisant entendre sa voix.





samedi 14 mars 2020

PUZZLE DE BREST - YANN LE REST PASCALE TAMALET

PUZZLE DE BREST
Auteurs : YANN LE REST
PASCALE TAMALET
Editeur : Calmann-Levy Collection Territoires

Un vent de panique s’empare de l’aquarium d'Océanopolis à Brest quand on découvre des restes humains en suspension dans un bassin.
Le capitaine Hadrien Fox, qui commande le commissariat du port, tient une piste intéressante quand il apprend la disparition récente de deux membres de l’équipage du Sea Paradise, un paquebot de croisière retenu à Brest par une avarie. D’autant plus qu’un clochard affirme avoir vu des hommes en combinaison noire porter deux sacs assez grands pour contenir des macchabées près du bureau des Affaires maritimes.
Mais s’il y a un lien entre les deux affaires, comment des morceaux de cadavre ont-ils pu se retrouver dans l’aquarium d’Océanopolis ?
Pour trouver la réponse, Hadrien Fox va devoir plonger en eaux troubles au cœur d’un trafic terrifiant qui mettra en émoi les plus hautes autorités…


Mon avis :


Vous attendriez-vous à croiser un pirate dandy et son mainate dans un commissariat ? Une petite famille d'enquêteurs amoureuse de son terroir plongée brutalement dans un tumulte d'horreurs force 10, voilà ce que nous proposent les auteurs.

Un doigt repêché dans un aquarium réputé où nagent des requins qui ne sont pourtant pas les prédateurs à redouter pour les hommes de la rade de Brest.

Hadrien Fox et les drôles de dames qui l'entourent vont devoir développer des trésors de patience pour placer au bon endroit les pièces du puzzle qui vont les mener à des meurtres sanglants.

L'intrigue est décousue comme il se doit pour un puzzle mais les personnages de cette tribu improbable à la Malaussène sont attachants, vibrants d'humanité, amoureux de leur région. Des personnages qu'on aurait plaisir à retrouver dans d'autres enquêtes portées par l'humour d'un Hadrien "Fluctuat Nec mergitur".

À lire pour un bon moment sous les embruns brestois !


jeudi 27 février 2020

TOUT POUR LA PATRIE - Martin CAPPAROS

TOUT POUR LA PATRIE
Auteur Martin CAPPAROS
Editions Buchet-Chastel

Buenos Aires, 1933. L’Argentine est ravagée par la crise, et seul le football semble capable d’enthousiasmer une population à genoux. 
Soudain, le pays tout entier retient son souffle : Bernabé Ferreyra, la star du ballon de l’époque, a disparu. Andrés Rivarola, dit Petit, un travailleur à la petite semaine – accessoirement ami du dealer de Ferreyra –, se lance à sa poursuite. Mais un assassinat dans un quartier du nord de la ville menace de faire basculer l’affaire en scandale national... 



Mon avis :



On fait connaissance de Riva, Andrès Rivarola dit "Petit", ami d'Ayala dit "Moineau", dans la dèche tous les deux. Moineau est inquiet de la disparition de Bernabé Ferreyra, star du ballon, qui accessoirement lui est redevable de la coquette somme de 500 pesos. 

Lorsque Riva comprend qu'il peut tirer profit de l'information, il va tout mettre en oeuvre pour retrouver la trace de Bernabé. Ces deux-là ont plus de points communs qu'ils ne le croient. Des ennuis avec l'élue de leur coeur. Des ennuis avec plus puissant qu'eux dans un pays où règne la corruption, une crise sociale et économique profonde.

Les clubs de football se remplissent les poches du peu d'argent que gagnent les afficionados qui eux s'offrent une parenthèse à leur misère en se rendant au stade. Cela contente tout le monde, du plus puissant à tous les moineaux des rues de Buenos Aires.

Alors lorsque Bernabé, footballeur adulé, se permet de disparaître, c'est l'inquiétude et les menaces qui s'installent.

Un meutre et quelques rebondissements plus tard, on découvre chez Riva un petit côté Montalbano, le titre de commissaire en moins. Il va fouiller pour élucider le meurtre de la belle Mercédès. Après tout, faute d'être devenu le compositeur de tango qu'il rêvait d'être, il faut s'en sortir avec la forme de morale la plus souple possible pour survivre dans une société corrompue, cette disparition inquiétante, lui permettra peut-être de faire d'une pierre deux coups : aider Moineau et s'en sortir financièrement.

Au coeur d'une société en pleine crise, entre montée du nationalisme et corruption, il doit comprendre qui a tué Mercédès pour se sortir entier des griffes de ce grossiste en viande qu'est Cuitino.

Un roman noir, prenant, dans lequel on découvre le Buenos Aires des années 30 entre pauvretés et rêves d'émancipation, sous le regard lucide de Riva, antihéros attachant, devenu journaliste à Critica. 

Il m'a manqué "un je ne sais quoi" pour être embarquée totalement par ce roman, je remercie Babelio et les Editions Buchet-chastel de me l'avoir adressé.

Mon profil sur Babelio.com


mardi 28 janvier 2020

L'ANNEE DU GEL Agathe Portail

L'ANNEE DU GEL
Agathe Portail
Aux Editions Calmann Levy
Collection "Territoires"

Le crime s’invite dans un château du Bordelais.
Été 2017. Après un épisode de gel qui a dévasté ses vignes, Bernard Mazet se range à l’idée de sa femme d’ouvrir des chambres d’hôtes pour sauver la propriété familiale de Haut Méac. 

Le château affiche complet avec la venue d’un groupe de trentenaires pour une semaine. La fantasque Olivia, Vincent, le célibataire volage, Clara, si discrète, et leurs deux couples d’amis semblent heureux de se retrouver. 
Mais dans la chaleur écrasante, les esprits s’échauffent et les drames personnels refont surface.
À l’aube du quatrième jour, un cadavre est découvert dans la chambre froide du château...



Mon avis :

Le décor : un domaine viticole "Haut Méac" en difficulté financière. 
Les protagonistes : Un groupe d'amis peu commun, liés entre eux par le couple Pierre et Juliette. La famille Mazet, Bernard le viticulteur et sa femme Alexane, résolue à faire bouillir la marmite avec la chambre d'hôtes crée après l'année de grêle puis de gel. Les parents de Bernard Mazet, retirés dans le pavillon d'en bas pour laisser le champ libre à leur fils.

Une poignée d'amis venus profiter d'une semaine de repos dans un cadre idyllique. Jusqu'au matin où le boulanger du village voisin découvre le corps de l'une d'entre eux dans la chambre froide. 150 pages, pour découvrir ce meurtre, qui permettent de prendre la mesure des personnages, de laisser filtrer la psychologie de chacun, de laisser monter la tension.

L'auteure distille alors savamment les contours des personnalités de chacun des personnages pour mieux instiller le doute chez le lecteur. 

Une ambiance à la Barnaby avec l'enquêteur Géraud Dambérailh aux méthodes un peu surannées. Où l'on découvre que ce lieu de villégiature n'est pas le fruit du hasard. Que les conflits d'intérêts ne sont jamais très loin. 
Mais qui a tué ? À qui profite le crime ? 

Le polar psychologique prend forme et corps dans ce domaine viticole bordelais sous la plume subtile d'Agathe Portail. 

L'auteure nous balade lentement dans cet univers clos, au milieu de ses personnages liés par leur passé d'étudiant pour les uns par des liens familiaux pour les autres. Pierre et Juliette très amoureux, Corentin et Léonie très torturés, Clara la discrète, Olivia, Vincent l'adulescent, les Mazet, leur peur de l'échec, leur attachement au patrimoine viticole familial.

L'auteure décrit avec finesse, dans un suspense bien présent, la noirceur des uns ; la naïveté de certains, la cruauté d'autres, la beauté des paysages. J'ai beaucoup aimé le couple d'enquêteurs Dambérailh-Amblevert qui pourrait constituer des personnages récurrents. 
Je remercie les éditions Calmann-Levy pour cette belle découverte.

Une collection "Territoires" prometteuse à la lecture de ce premier roman captivant qui vous embarque jusqu'à l'épilogue totalement inattendu. 



lundi 27 janvier 2020

L'IMPRUDENCE de Loo Hui Phang

L'IMPRUDENCE
de Loo Hui Phang
Aux Editions Acte Sud - 160 Pages

C'est une instinctive : elle observe, elle sent, elle saisit, elle invite, elle donne, elle jouit. Photographe, elle vit intensément, dans l'urgence de ses projets, de ses rêves, de ses désirs. Lorsque survient le décès de sa grand-mère au Laos, quitté à l'âge d'un an, elle prend l'avion pour Savannakhet, comme sa mère et son frère. 

Là-bas, elle est étrangère. Pas tant en apparence qu'intimement : grandir en France lui a permis une indépendance, une liberté qui auraient été inconcevables pour une Vietnamienne du Laos. Son frère aîné brisé par l'exil peut-il comprendre cela ? 
Dans la maison natale, les objets ont une mémoire, le grand-père libère ses souvenirs, le récit familial se dévoile peu à peu. Plongée dans une histoire qui n'est pas la sienne, qui pourtant lui appartient, la jeune femme réapprend ce qu'elle est, comprend d'où elle vient et les différentes ardeurs qui la travaillent, qui l'animent. 

Ce premier roman sensuel et audacieux, qui allie la délicatesse du style à l'acuité du regard, désigne la transgression des prophéties familiales comme une nécessité vitale et révèle le corps comme seul réel territoire de liberté.


Mon avis :

D'abord, il y a la relation Frère Soeur, distendue par l'incompréhension de la cadette pour son aîné. Ils n'ont pas vécu la rupture avec le Laos au même moment de leur vie, de la même manière. Pour le frère à 11 ans, c'est un déchirement.

Pour la jeune femme, difficile de comprendre ce frère qui lui parle de racines, de son pays d'origine, de reniement. 

L'auteure nous offre un voyage initiatique bouleversant. Alors que pour se sentir vivre elle a besoin de relations charnelles, son frère s'enferme dans les brumes de drogues qui ne le libèrent pas de sa dépression. La quête d'identité et de liberté est abordée sans tabous.

Le voyage pour Savannakhet va permettre à la jeune photographe de dessiner le contour d'une liberté nouvelle. Où qu'elle aille, elle sera libre, elle-même, plus besoin d'accrocher des racines à une terre. 
Cette relation nouvelle avec son grand-père, sa compréhension de sa mère au Laos, a mis du sens dans sa quête incessante de se sentir vivante, vibrante.

Le sujet de la deuxième génération est traité avec délicatesse. Ces descendants contraints de s'implanter en regardant leurs parents exister dans de nouvelles normes, de nouvelles existences à construire, sont touchants. 

Un roman court et percutant qui trace son sillon dans la mémoire et ne laisse pas indifférent.



Sélection Automne 2019



mercredi 22 janvier 2020

CEUX QUE JE SUIS

CEUX QUE JE SUIS 
Auteur : Olivier Dorchamps
Aux éditions finitude - 252 pages

"Le Maroc, c’est un pays dont j’ai hérité un prénom que je passe ma vie à épeler et un bronzage permanent qui supporte mal l’hiver à Paris, surtout quand il s’agissait de trouver un petit boulot pour payer mes études."

Marwan et ses deux frères ne comprennent pas. Mais ­pourquoi leur père, garagiste à Clichy, souhaitait-il être enterré à Casablanca ? Comme si le chagrin ne suffisait pas. Pourquoi leur imposer ça. C’est Marwan qui ira. C’est lui qui accompagnera le cercueil dans l’avion, tandis que le reste de la famille ­arrivera par la route. Et c’est à lui que sa grand-mère, dernier lien avec ce pays qu’il connaît mal, racontera toute l’histoire. L’incroyable histoire.


Mon avis :

Olivier Dorchamps nous offre une histoire touchante. Comment ne pas s'émouvoir de l'histoire de Marwan, sa famille. À la lecture de ce roman on touche du doigt, grâce à l'élégance de l'écriture de l'auteur, la difficulté d'être né quelque part ailleurs que sur la terre de ses aïeux.

La difficulté de se sentir chez soi, compris, aimé pour qui on est. Celle de comprendre des parents déracinés, nostalgiques d'une terre que certains ne reverront jamais.
Même si Marwan ne comprend pas le souhait de son père d'être inhumé au Maroc, qu'il a quitté des décennies plus tôt, par devoir et respect, il va se conformer aux dernières volontés de son père.

Marwan découvre d'où il vient vraiment à la mort de son père. Cette découverte va le bouleverser, lui permettre de comprendre ce père qu'il croyait connaître, avec le récit de son ami de toujours. Les secrets du passé lui content ce qu'il ne lui a jamais dit. Un voyage initiatique pour savoir quelle sera sa place désormais. 

Un roman tendre et rude à la fois illustrée par une plume sensible et juste. 



Sélection Automne 2019




mardi 3 décembre 2019

LA CHORALE DES DAMES DE CHILBURY

La Chorale des dames de ChilburyLA CHORALE DES DAMES DE CHILBURY
Auteure : Jennifer RYAN
Editions Le Livre de Poche - 552 pages


1940. Un paisible village anglais voit partir ses hommes au front. Restées seules, les femmes affrontent une autre bataille : sauver la chorale locale pour défier la guerre en chantant. 

Autour de miss Primrose Trent, charismatique professeur de chant, se rassemble toute une communauté de femmes, saisie dans cet étrange moment de liberté : Mrs. Tilling, une veuve timide ; Venetia, la « tombeuse » du village ; Silvie, une jeune réfugiée juive ; Edwina, une sage-femme qui cherche à fuir un passé sordide. Potins, jalousies, peurs, amours secrètes... 

Entre rires et larmes, Jennifer Ryan, s’inspirant des récits de sa grand-mère qui a vécu le conflit depuis un petit village du Kent, sonde avec talent les âmes de ce chœur attachant et inoubliable.



Mon Avis :

Un portrait de femmes attachantes aux premières heures de la guerre. Les hommes valides sont partis au front, les démobilisés sont regardés en coin, les plus âgés souvent despotiques avec leur maisonnée.


Que reste-t-il à ces femmes parfois désoeuvrées, souvent inquiètes du départ d'un fils ou d'un mari, avec pour cause commune d'habiter un village de la campagne anglaise comme on peut la découvrir dans des séries comme "L'inspecteur Barnaby", où l'église et le chant offrent des parenthèses enchantées. C'est décidé ! Primrose Trent propose la reprise de la chorale par les femmes de Chilbury, quel que soit leur âge ou leur condition.

C'est un baume sur leurs inquiétudes. Toutes ces femmes ne sont pas vertueuses, il y a l'intrigante Mme Paltry, la jeune écervelée Venetia mais toutes, toutes sans exception aiment à se retrouver dans la pureté d'un chant au sein de la chorale, pour adoucir leur peines.

On suit les échanges épistolaires entre Venetia jeune femme de 18 ans, séductrice qui ne supporte pas qu'un homme lui résiste et son amie ; entre la peu honnête Miss Paltry et sa soeur, le journal intime de Kitty, les peurs de Silvie, jeune réfugiée que Kitty voudrait consoler de l'absence de ses proches, en lui offrant un foyer, ce que son très raide général de père balaie d'un revers de manche.

Comme dans toutes les périodes troublées, il y a les héros et les pleutres, les profiteurs et les espions... les petits secrets, les rancoeurs. À Chilbury, le chant est salvateur. 

Le récit est enlevé, la tendresse dans la description de certaines scènes, les drames sous-jacents, la peur très présente, Jennifer Ryan rend compte d'une époque avec légèreté et profondeur, beaucoup de charme dans l'écriture. Un roman sans vraies surprises mais des personnages bien campés qui offrent un très bon moment de lecture avec une tasse de thé of course !


Ma B.O du roman : 

Elizabethan Masque - Hampshire Guitar Orchestra