mercredi 5 avril 2017

ENTRE CIEL ET LOU

ENTRE CIEL ET LOU 

Selection 2017 Prix des Lecteurs
Lorraine Fouchet 367 pages

Bretagne. Jo prévoit de profiter d’une joyeuse retraite sur l’île de Groix. Mais la deuxième vie qu’il imaginait au côté de sa bien-aimée, il devra l’inventer seul. Son épouse est partie avant lui, en lui lançant un ultime défi : celui d’insuffler le bonheur dans le cœur de leurs enfants. Il n’a d’autre choix que d’honorer Lou, sa mémoire et ses vœux. Entre un fils sur la défensive et une fille cabossée par l’amour, la mission s’avère difficile mais réserve son lot d’heureuses surprises – car il n’est jamais trop tard pour renouer. En famille, on rit, on pleure, on s’engueule et, surtout, on s’aime !


En bonus : recettes et postface inédites.



MON AVIS :  Je lui décerne mon prix "tendresse et émotions" 2017.

D'abord il y eut Lou, ciment de cette famille composée et décomposée au gré des blessures de ses membres.

Mais surtout, il y a "ce caillou de huit kilomètres sur quatre, planté au milieu de l'océan". Les Groisillons aiment en pagaille, les Québécois tombent en amour. 

C'est la genèse des romans de Lorraine Fouchet : L'amour de l'île de Groix, ses tempêtes, ses amitiés, ses goélands et la tendresse qu'elle porte à ses personnages cabossés par la vie mais disponibles pour aimer.

Cette histoire pilotée par Lou de "là où on va après", rythmée par l'écho que chacun y apporte est : tendre, douce-amère, vivifiante, lumineuse, tellement humaine. Les fêlures des personnages font le sel de l'intrigue et l'amour ou son manque, le ciment de leurs vies.


Jo, lui, depuis qu'elle s'est éclipsée entend la si belle chanson d'Aubert : "Il manque un temps à ma vie, il manque un temps j'ai compris, il me manque toi, mon alter ego." 

Sait-on si l'on est heureux ? si nos proches le sont ? c'est la question soulevée par ce roman et la réponse qui y est apportée par les personnages est poétique et tendre. 


J'ai lu ce roman en deux petites journées, vous serez captés par l'air iodé et les larmes salées que vous partagerez avec Sarah, Cyrian, Albane, Pomme, Charlotte et par l'incommensurable amour de Lou pour son Piroche.


dimanche 2 avril 2017

MEURTRES POUR REDEMPTION

MEUTRES POUR REDEMPTION de Karine GIEBEL
Editions Pocket 989 pages

Marianne, vingt ans. Les barreaux comme seul horizon. Perpétuité pour cette meurtrière.
Indomptable, incontrôlable, Marianne se dresse contre la haine, la brutalité et les humiliations quotidiennes.
Aucun espoir de fuir cet enfer, ou seulement en rêve, grâce à la drogue, aux livres, au roulis des trains qui emporte l'esprit au-delà des grilles. Grâce à l'amitié et à la passion qui portent la lumière au cœur des ténèbres.
Pourtant, un jour, une porte s'ouvre. Une chance de liberté.
Mais le prix à payer est terrifiant pour Marianne qui n'aspire qu'à la rédemption.



MON AVIS : 

Brave gens qui vous dites que prendre perpétuité c'est au moins garder la vie et payer sa dette à la société pour les crimes odieux commis, que c'est mérité ! Alors ouvrez ce livre et mangez-vous la gifle monumentale que ce récit vous enverra !

989 pages à enrager contre les injustices, la violence, où vous vivrez les peurs et la rage de Marianne. Cette gamine de 20 ans rongée par le remord, la peine d'avoir perdu Thomas. Obligée à vendre sa seule possession pour faire face à ses addictions : la clope et la dope. Ces rendez-vous du lundi avec Daniel lui donneront la nausée mais paradoxalement seront sa raison de vivre, de tenir.

Vous ne passerez plus jamais devant les murs d'une maison d'arrêt sans penser à Marianne à VM, aux hyènes mais aussi à la Marquise ou à Portier. La violence et la rancoeur ne sont pas à égalité de chaque côté des barreaux, mais elles existent pourtant et peuvent mener à des exactions du côté des matons aussi, la peur est un moteur incroyable. 
Le poète chantait : « Noir c'est noir, il n'y a plus d'espoir » Marianne a pris plusieurs fois perpétuité. Elle a été jugée comme un monstre à figure d'ange malgré cela elle a pu choisir son destin.

Vous donnerez l'absolution à Marianne, pleurerez avec elle sur Clarisse, Emmanuelle, est-elle si mauvaise alors ? Ce roman nous raconte que la noirceur, la haine et la malhonnêteté ne sont pas l'apanage des repris de justice mais parfois du côté des dépositaires de l'autorité mais ce n'est que fiction bien sûr…

Je me suis accrochée à ce livre comme on s'accroche à une bouée dans un océan déchaîné. J'ai été ballottée, souffletée…. J'ai versé des larmes, ai détesté l'auteur de m'avoir laissé croire qu'on pouvait trouver la lumière dans ce puits de noirceur mais si c'était à refaire, je referai ce chemin !
Karine Giébel est un chef d'orchestre hors pair, son requiem m'a touché au coeur !




vendredi 24 mars 2017

DERRIERE LES PORTES

 DERRIERE LES PORTES de B.A.PARIS
Aux Editions Hugo Thriller

En apparence, Jack et Grace ont tout pour eux. L'amour, l'aisance financière, le charme, une superbe maison. Le bonheur. Vous connaissez tous un couple comme celui qu'ils forment, le genre de couple que vous aimeriez connaître mieux. Vous adoreriez passer davantage de temps avec Grace, par exemple. L'inviter à déjeuner, seule. Et pourtant, cela s'avère difficile. Vous réalisez que vous ne voyez jamais Jack et Grace l'un sans l'autre. Est-ce cela que l'on appelle le grand amour ? À moins que les apparences ne soient trompeuses. Et que ce mariage parfait ne dissimule un mensonge parfait. Car pourquoi Grace ne répond-elle jamais au téléphone ? Et pourquoi les fenêtres de la chambre sont-elles pourvues de barreaux ? UN PIÈGE CRUEL ET DIABOLIQUE UN LIVRE BRILLANT ET TERRIFIANT


MON AVIS :

Jack l'a choisie, elle et pas une autre. Un si beau parti, bel homme qui dédie sa vie à la défense des femmes battues. Un être rare. Elle l'a remarqué immédiatement dans le parc, la cour qu'il lui a faite a été si délicate, un rêve.

Grace et Jack, vivent aux yeux de tous un amour fusionnel, on les voient rarement l'un sans l'autre. Rarement ? A bien y penser : jamais ! sauf quand Millie les accompagnent. Millie une jeune fille trisomique aux joies simples, voir sa soeur, déjeuner à l'hôtel, être choisie pour être la demoiselle d'honneur à leur mariage. Attendre que la chambre jaune soit prête à l'accueillir, bientôt…

Grace est si jolie, maîtresse de maison accomplie depuis son mariage. Elle a en effet renoncée à sa carrière et s'occupe de son foyer de rêve, du bien-être de Millie, prend plaisir à recevoir leurs amis : un vrai cordon bleu ! Faut-il qu'elle excelle en tout ?

Une maison de rêve, des vacances régulières en Thaïlande, une place pour sa soeur mais une angoisse de mal faire permanente… Grace , au fil des pages, livre sa tragique histoire que personne ne croira : le masque tombé, le prince charmant a quelque chose de machiavélique et d'inquiétant…


Comment ne pas rêver d'un époux comme Jack Angel, si merveilleux, mieux que George Clooney, voici la question qui se pose dans les 50 premières pages puis « M. Hyde » fait son entrée. Vous découvrirez alors ce qui a façonné la personnalité de Jack et ce qu'il se cache derrière les portes de la splendide maison du couple Angel.

Entre passé et présent, B.A. Paris livre une histoire angoissante, la tension monte crescendo. Un premier roman parfaitement réussi. 

Le talent de l'auteure est de vous embarquer dans une histoire haletante, au rythme effréné, dans un suspens quasi insoutenable, qui vous obligera à dévorer ce livre en quelques jours, voire quelques heures !


mercredi 8 mars 2017

FALLEN ANGEL

FALLEN ANGEL 
Aux Editions Albin Michel - 288 Pages
de Stéphanie Janicot   

Qui a tué Lucie Fersen, star incontestée de la musique contemporaine, qui avait le génie et la beauté d’un ange ?
 Le soir du réveillon, Sybille, jeune journaliste, assiste au concert du prestigieux Fersen Orchestra et à l’effondrement de sa chef d’orchestre face au public. L’ex-enfant prodige, comparée à Mozart, adulée et couverte de prix, est à 36 ans au faîte de la gloire et de la maturité. Tout le contraire de Sybille et de sa bande d’amis qui vont avoir 30 ans et peinent à s’émanciper.
 Mais ne serait-ce pas un atout pour découvrir la faille du personnage génial, paradoxal et déchirant qu’était Lucie ?


Mon avis :

Je remercie Babelio et les Editions Albin Michel de m'avoir permis la lecture de ce roman de Stéphanie Janicot. Je découvre la couverture après lecture, j'ai eu la chance de lire les épreuves.

Elle ne rend pas hommage au récit ! Lucie Fersen, Cheffe d'Orchestre hors pair, chanteuse à la voix particulière est assassinée le soir de Noël, en pleine expression de son art. L'assassinat est millimétré à la seconde prêt dans un claquement de cymbales.


Évidemment, un soir de réveillon, les pointures que ce soit dans un journal ou à la PJ ne sont pas là. Mais ce concert est l'événement de l'année à Paris, cela va permettre à Sibylle, journaliste, et son amie Anouk, flic, de mener l'enquête.

Lucie Fersen, jeune femme de presque 36 ans, a gardé la petite-fille de 5 ans qu'elle a été, prisonnière de sa vie d'adulte. Je m'attendais à une intrigue au coeur de l'orchestre philharmonique qu'elle dirige à la suite de son père. Surtout qu'autour de Lucie gravite une cour d'afficionados, de courtisans, difficile de la cerner. Sybille, sortie de son quotidien de banlieue est intriguée par cette artiste et ses relations ambigües tant avec les femmes qu'avec les hommes de son entourage. La séduction serait-elle un moyen d'arriver à ses fins ? La journaliste ne peut s'empêcher d'être en empathie avec la jeune femme si entourée et seule à la fois. 


Je me suis laissée embarquer par l'enquête qui devient vite secondaire, la découverte du parcours de Lucie, de ses amours, sa manipulation, sa volonté de maîtriser sa vie. Un point commun entre les personnages de Stéphanie Janicot, l'abandon et l'émotion. La fin de ce roman m'a surprise. Un bon moment de lecture, à ne pas manquer !





lundi 6 février 2017

LA PORTE DU CIEL

LA PORTE DU CIEL Aux Editions LES ESCALES
Dominique FORTIER                                249 Pages


Alors que la Guerre de Sécession fait rage, deux fillettes que tout oppose, deux destins, vont se croiser.

Au cœur de la Louisiane et de ses plantations de coton, deux fillettes grandissent ensemble. Tout les oppose. Eleanor est blanche, fille de médecin ; Eve est mulâtre, fille d’esclave. Elles sont l’ombre l’une de l’autre, soumises à un destin qu’aucune des deux n’a choisi. Dans leur vie, il y aura des murmures, des désirs interdits, des chemins de traverse. Tout près, surtout, il y aura la clameur d’une guerre où des hommes affrontent leurs frères sous deux bannières étoilées.

Plus loin, dans l’Alabama, des femmes passent leur vie à coudre. Elles assemblent des bouts de tissu, Pénélopes modernes qui attendent le retour des maris, des pères, des fils partis combattre. Leurs courtepointes sont à l’image des Etats-Unis : un ensemble de morceaux tenus par un fil – celui de la couture, celui de l’écriture.

Entre rêve et histoire, Dominique Fortier dépeint une Amérique de légende qui se déchire pour mieux s’inventer et pose avec force la question de la liberté.



MON AVIS :


Merci aux Editions Les Escales de m'avoir permis la lecture de ce roman dur et tendre à la fois.

Ce récit livre l'histoire de deux fillettes nées au cœur du règne du Roi Coton. "Il est un et il est mille" ce pays est fait d'hommes et de femmes qui ne sont pas égaux. Les blancs éduqués et les noirs pauvres, esclaves, bien meubles de leurs maîtres. Le Docteur Mc Coy assiste un jour à une correction que va recevoir une petite mulâtresse du même âge que sa fille.

Il va l'acheter pour lui épargner la punition, la ramener chez lui. La baptiser Eve. Sera-t-elle traitée en esclave, pas tout à fait. Eve n'a pas vraiment de statut, elle est autorisée à grandir au pied d'Eleanor pour lui tenir compagnie, l'amuser.

Toute l'histoire réside dans le statut de ses petites filles, prisonnières de leur condition. Une jeune femme blanche doit savoir jouer du piano, se tenir, savoir coudre. fabriquer des courtepointes. Eve apprendra à lire grâce à la couture, s'éduquera en secret, mais sera toujours l'ombre d'Eleanor.

Une jeune fille de bonne famille n'est éduquée que pour préparer un bon mariage, faire honneur à sa famille. Eleanor ne choisira pas, sa famille s'en chargera pour elle. Elle appartiendra au patrimoine Arlington et pas le contraire. Eve fera partie des bagages et des possessions de la jeune mariée.

La guerre de sécession entamée, "il y eût des batailles, puis des massacres, il y aurait des hécatombes", la bataille de Gettysburg fait son entrée tragique dans l'histoire. Ce livre n'est pas une fresque historique a proprement parlé.

Il faut le lire pour comprendre la place des femmes à cette époque. Lorsque enfin, à l'issue de cette terrible guerre, les noirs libérés eurent à choisir un patronyme certains choisir Pettway (pet way) manière d'animal ? L’auteure aide à comprendre le chemin accompli depuis la guerre fratricide, les exactions du K.K.Klan, jusqu'à la liberté.

Eve comme Eleanor auraient pu se coudre une autre histoire, le fil du bonheur est si ténu. L'émotion vous étreint grâce à l'écriture poétique de Dominique Fortier : un livre à ne pas manquer !


dimanche 13 novembre 2016

LA VOIX DES VAGUES

LA VOIX DES VAGUES de Jackie Copleton
Aux Editions Les Escales 304 pages

Lorsqu'un homme horriblement défiguré frappe à la porte d'Amaterasu Takahashi et qu'il prétend être son petit-fils disparu depuis des années, Amaterasu est bouleversée. Elle aimerait tellement le croire, mais comment savoir s'il dit la vérité ? 

Ce qu'elle sait c'est que sa fille et son petit-fils sont forcément morts le 9 août 1945, le jour où les Américains ont bombardé Nagasaki ; elle sait aussi qu'elle a fouillé sa ville en ruine à la recherche des siens pendant des semaines. Avec l'arrivée de cet homme, Amaterasu doit se replonger dans un passé douloureux dominé par le chagrin, la perte et le remord.

Elle qui a quitté son pays natal, le Japon, pour les États-Unis se remémore ce qu'elle a voulu oublier : son pays, sa jeunesse et sa relation compliquée avec sa fille. L'apparition de l'étranger sort Amaterasu de sa mélancolie et ouvre une boîte de Pandore d'où s'échappent les souvenirs qu'elle a laissé derrière elle ..


Mon avis :


Je remercie les Editions Les Escales de m'avoir offert cette pépite.

J'ai d'abord beaucoup aimé l'esthétisme de la couverture : un ciel bleu et un cerisier en fleur. La douceur du printemps confronté à l'horreur des effets de la bombe H.

Jackie Copleton nous raconte l'histoire d'Amaterasu, de Kenzo son époux, de Yuko leur fille. 

L'histoire débute au crépuscule de la vie d'Amaterasu. Un homme au visage défiguré, par l'épreuve de Pikadon, frappe à sa porte et lui annonce qu'il est son petit-fils. Amaterasu refuse cette possibilité.

Si longtemps après qu'Amaterasu et son mari aient dû faire face à l'horreur, puis à s'inscrire dans une nouvelle vie, un nouvel environnement, ces petites rues plates aux maisons alignées et au regard des Américains tantôt haineux, tantôt pleins de commisérations ; maintenant qu'elle est seule, sans Kenzo, l'arrivée de cet homme la bouleverse et l'oblige à se pencher sur le passé.

C'est la mort de sa fille Yuko et de ce petit-fils Hideo, qui l'a conduite en Amérique après le largage de la bombe atomique sur le Japon. Hideo aura éternellement 7 ans pour Amaterasu.

Pourquoi cet homme aurait-il attendu 40 ans pour la retrouver alors qu'Amaterasu avait enfoui sa douleur au fond de son coeur. Elle a passé des jours avec Kenzo à écumer les hôpitaux et abris de fortune sans succès. C'est impossible, ils n'ont pas pu survivre à ce cauchemar. 
Hideo n'est pas venu les mains vides, il apporte un mystérieux colis destiné exclusivement à Amaterasu.

Amaterasu est pourtant une femme déterminée, forte, qui a pris son destin en main. Son époux Kenzo, ingénieur mécanique est un homme bon, droit. 
Ils forment un couple uni et une famille stable et aimante. Seulement voilà, Yuko 16 ans va éprouver ses premiers émois amoureux pour l'ami de son père Jomei Sato. le docteur Sato est un séducteur. Il aime les toutes jeunes femmes. Être marié n'est pas un obstacle pour lui.

Ama a connu cet émoi qui emporte tout jusqu'à la déraison. Elle veut éviter à Yuko les désillusions, qu'on ne jette pas l'opprobre sur elle. Elle va convaincre son époux de tout arranger très vite en éloignant Sato et Yuko, l'un de l'autre.

Jackie Copleton nous offre un chassé-croisé amoureux sur fond du drame historique le plus marquant de la Troisième guerre mondiale : le largage de la bombe H sur Nagasaki. le rythme des chapitres agrémentés en tête d'un mot de vocabulaire sur une coutume ou un état d'esprit fournit un contexte culturel à l'événement historique et à ces destinées amoureuses. C'est un récit dense et sensible sur la culpabilité, la solitude, l'amour. « J'essaie de me persuader qu'elle était en paix lorsque les nuages se sont écartés au-dessus de Nagasaki et que le B-29 a largué son chargement » (page 16)

L'auteure réussit à créer une intrigue palpitante avec un grand sens du romanesque. La délicatesse de l'écriture porte magnifiquement la dureté des descriptions de guerre et d'amour contrarié. Elle distille lentement au gré du journal intime de Yuko et de lettres de Jomei Sato, les éléments permettant de comprendre l'atmosphère du Japon de 1919 à 1945 et de découvrir les pièces du puzzle qu'elle nous livre pour démêler ce qui s'est joué entre les personnages. 

Le Japon n'est pas juste une toile de fond à l'histoire, on sent que l'auteure en connaît parfaitement la culture, ce qui est une belle découverte pour moi. L'imbrication du fonds historique et des tragédies humaines qui en découlent rend le livre très émouvant. 

Ma conclusion : Encore un merveilleux voyage immobile. Mon conseil, n'hésitez pas, lisez le !

vendredi 21 octobre 2016

UNE AVALANCHE DE CONSEQUENCES

Une Avalanche de conséquences       
612 pages de Elizabeth George   
Aux Editions Presses de la Cité

Et si le secret de famille était le plus indétectable des poisons ?

Qu’est-ce que Lily a bien pu découvrir dans le journal intime de son fiancé William Goldacre pour que celui-ci se précipite du haut d’une falaise du Dorset ? Et est-ce un hasard si, quelque temps plus tard, sa mère, Caroline Goldacre, se retrouve mêlée à une sombre affaire – celle de la mort suspecte de Clare Abbott, l’auteur féministe dont elle était l’assistante ?
Si le lien entre les deux décès semble ténu, voire inexistant, le sergent Barbara Havers est néanmoins déterminé à faire éclater la vérité. Il n’en faudra pas moins pour redorer, auprès de sa hiérarchie, son image salement écornée par une précédente enquête. Elle est soutenue par son supérieur, l’inspecteur Thomas Lynley, qui suit une piste à Cambridge, où le corps de Clare a été retrouvé. Barbara Havers, de son côté, cherche quel mystère se cache au cœur de la campagne du Dorset, d’apparence si paisible…

Mon avis : 

Je remercie Les Presses de la Cité et Babelio qui dans le cadre de l'opération « Masse Critique » m'ont permis la lecture de ce roman plein de rebondissements.

Je connaissais Elizabeth George pour avoir vu une adaptation télévisuelle « Meurtres à l'Anglaise » de ses livres. L'aristocratique Thomas Lynley et son atypique coéquipière Barbara Havers. L'un comte, 8ème du nom, brillant, cultivé, veuf et membre de l'éminente police londonienne Scotland Yard. 

Elle peu apprêtée, totalement tournée vers le résultat de ses enquêtes, son travail est toute sa vie et peu importe qu'elle eût à froisser des susceptibilités au gré de ses enquêtes au célèbre Yard ou à prendre quelques libertés avec les règles.

Cette difficulté à entrer dans le « moule » lui vaut d'être soumise à un chantage de son supérieur hiérarchique Isabelle Ardery qui, si elle ne se tient pas mieux, l'enverra au fin fond du nord de l'Angleterre ! Cette demande de mutation au fond du tiroir d'Isabelle est une épée de Damoclès qui bride la créativité et le bon fonctionnement des rouages du cerveau de Barbara.

Lynley et Havers sont tous deux dans une position plutôt inconfortable, quand celle-ci est confrontée à un suicide qui n'en est peut-être pas un. Lynley veut prouver que sa collègue ne vaut rien si on la bride et demande à ce qu'elle participe à l'enquête qui déterminera si, oui ou non, il y a eu meurtre. 

L'histoire débute par un compte à rebours. Lequel me direz-vous ? La fin de l'histoire d'amour de Will et Lily ? le début de la reconquête de Lily par Will ? le suicide brutal de Will ? La fin de la collaboration entre Caroline et Clare ? La fin du mariage de Caroline ? La mort de Clare Abbott ?

Lynley obtient qu'Havers alertée par l'éditrice de Clare approfondisse les questions que pose la mort de celle-ci, féministe reconnue, à la condition qu'elle le fasse en binôme avec Winston Nkata. Une équipe qui va se révéler efficace et tenace dans sa recherche de la vérité.

A aucun moment, vous ne vous dites comment vais-je venir à bout des 612 pages de ce volume.
Les rebondissements sont nombreux, vous êtes accrochés aux baskets léopards de Barbara et vous vous dites qu'elle a bien raison de fouiller les relations familiales des Golddacre, les secrets de famille, les relations troubles de Clare et de Rory Statham ou de Caroline et Clare… 

J'ai été manipulée par Elizabeth qui m'a embarquée et laissée pantoise face au machiavélisme et aux travers des uns et des autres. 

Pas de répits, et l'on comprend enfin dans les dernières pages les quelques lignes en préface : « le passé est si difficile à déplacer. Il nous suit comme un chaperon, s'élevant entre la nouveauté du présent et nous – la nouvelle chance.

Les conséquences... L'envie de retrouver très vite Thomas, Dairdre, Barbara, Winston… et la noirceur des criminels qu'ils côtoient….


mercredi 5 octobre 2016

UNE VIE ENTRE DEUX OCEANS

UNE VIE ENTRE DEUX OCEANS      528 Pages
De M.L. STEDMAN  Aux Editions Livre de Poche


Après avoir connu les horreurs de la Grande Guerre, Tom Sherbourne revient en Australie. Aspirant à la tranquillité, il accepte un poste de gardien de phare sur l'île de Janus, un bout de terre sauvage et reculé. Là, il coule des jours heureux avec sa femme, Isabel. Un bonheur peu à peu contrarié par leurs échecs répétés pour avoir un enfant. Jusqu'au jour où un canot vient s'échouer sur le rivage. À son bord, le cadavre d'un homme, ainsi qu'un bébé, sain et sauf. Pour connaître enfin la joie d'être parents, Isabel demande à Tom d'ignorer les règles, de ne pas signaler « l'incident ». Une décision aux conséquences dévastatrices ...



Mon avis :

Tom revient de la Première Guerre mondiale, vivant et pas trop cabossé physiquement par cette tragédie. Il décide de chercher un emploi : Gardien de phare et trouve l'amour grâce à Isabelle. Trois années à passer sur une île australienne, Janus Rock, où tout serait parfait si Isabelle réussissait à leur donner un enfant…. 

Cette vie routinière, rythmée par les passages sporadiques d'un bateau ravitailleur convient parfaitement à Tom, le respect des règles et la certitude d'être utile aux marins, tout serait idyllique sans la douleur d'Isabelle de ne pas mener à terme ses grossesses. Elle s'étiole chaque jour un peu plus de chagrin mais voilà qu'un jour, Isabelle entend les pleurs d'un enfant échoué au creux des bras d'un homme décédé, vraisemblablement son père. Un miracle pour Isabel, les portes de l'enfer pour Tom. Elle décide malgré tout que l'enfant est orpheline, que si on la ramène à terre, elle ira tout droit à l'orphelinat et demande à Tom de ne pas signaler de suite cet événement….. Ainsi Lucy entre-t-elle dans la vie de Tom et Izzy, follement heureuse et lui très inquiet de n'avoir pas accompli son devoir.

Tom avait-il le choix de briser le coeur d'Izzy ou non ? Etait-il juste de donner de l'amour à Lucy au lieu de la ramener à « terre » comme le règlement l'exige ? Tom se pose ces questions bien sûr, mais le bonheur de sa femme et l'amour donné à cet enfant sont plus forts que la raison, jusqu'au jour où tout bascule à Pointe Partageuse, et que le remords le ronge…. 

Ce roman m'a étreint le coeur et fait verser des larmes sur la douleur d'Isabelle et celle d'Hanna, sur l'amour si fort de Tom pour Izzy, d'Hanna pour son mari. Un livre bouleversant sur le thème de la maternité et de l'Amour !

Ce livre va être adapté au cinéma. Restitué les sentiments violents, de culpabilité d'amour et de haine, des personnages magnifiquement décrit par l'auteur ne sera pas une mince affaire pour le réalisateur du film. En attendant, le livre vous emportera dans un magnifique voyage.