mercredi 26 juillet 2017

TU COMPRENDRAS QUAND TU SERAS PLUS GRANDE

TU COMPRENDRAS QUAND TU SERAS PLUS GRANDE
Virgine Grimaldi 477 pages 

Quand Julia débarque comme psychologue à la maison de retraite Les Tamaris, elle ne croit plus guère au bonheur. Une fois sur place, elle se souvient aussi qu'elle ne déborde pas d'affection pour les personnes âgées. Dire qu'elle a tout plaqué pour se sauver, dans tous les sens du terme.
Mais au fil des jours, la jeune femme découvre que les pensionnaires ont  des choses à lui apprendre. Son quotidien avec des papys farceurs, des mamies fantaisistes et des collègues au cœur brisé lui réserve des surprises qui pourraient bien l’aider à retrouver le sourire. Sans oublier Raphaël, le petit-fils d’une résidente, qui ne lui est pas indifférent…
Une histoire de résilience, d’amour, d’amitiés, un livre plein d’humour et d’humanité, qui donne envie de savourer les petites joies de l’existence.
  
C’est émouvant, c’est pétillant, c’est frais. Une belle réussite. Le Dauphiné libéré.
 
Un super bon rythme, une écriture dynamique, un style incisif et drôle. Biba.




MON AVIS :



Un roman fondant, doux et tendre comme un caramel beurre salé. De la tendresse et le sel des larmes qui glissent au milieu des sourires, une trentenaire, la jolie Julia, qui grandit et s'épanouit au fil des pages.


Ce roman c'est l'apprentissage de la vie : le deuil, le chagrin d'amour, les copains, les quiproquos et le grand Amour, comme on se jette dans le grand bain, un matin frisquet avec une pléiade de résidents pliés en quatre de leur mauvaise blague. Les "Tamaris" sont attachants voire "attachiants" comme Léon-le-ronchon et on a peur qu'ils basculent "Tamaloùs" sans raison.

Julia n'est pas arrivée là par hasard, psychologue de formation, l'adulescente insouciante va sortir de sa chrysalide pour devenir un vrai beau papillon, rattrapée par la réalité de la vie. Elle sera la petite fille rêvée de ces pensionnaires qu'elle ne savait pas bien comment prendre... Alors elle les a écouté et elle a grandi au coeur de Raphaël, d'Isabelle, Greg, Marine et du gang des Mamies parce qu'ils "déchirent les Yeuves" !

A l'inverse de ce joyeux film de 1985, COCOON, cette fois ce sont les "jeunes" qui se revitalisent au contact des résidents. Ces vieux là ne sont pas des aliens mais ils ont de curieuses pratiques certaines nuits... C'est joyeux comme une coloc', savoureux, addictif, sensible, bien écrit ! c'est un livre mélan-comique dont on sort les zygomatiques en position haute !


Lorsqu'on ferme ce roman : on décroche son téléphone juste pour s'entendre dire des futilités aux gens qu'on aime... Un roman qui vous fera vous sentir bien, à déposer absolument sur votre serviette de bain moelleuse cet été !!




samedi 1 juillet 2017

LE VERTIGE DES FALAISES

LE VERTIGE DES FALAISES de GILLES PARIS
Aux Editions PLON    244 Pages


Après le best-seller Autobiographie d'une Courgette, le nouveau roman de Gilles Paris met en scène Marnie, une adolescente effrontée, sa mère Rose et sa grand-mère Olivia, trois femmes au fort caractère. Un jeu de dupes ou les masques tombent les uns après les autres. 

Et si une seule personne détenait tous les secrets d'une famille sans le laisser paraître ?

Sur une île sauvage et désertée, Marnie, adolescente effrontée et fragile, vit au-dessus des falaises au coeur d'une imposante maison de verre et d'acier avec sa mère Rose et sa grand-mère Olivia, qui règne sur la famille et sur l'île tout entière.

Des plaines aux herbes hautes, des sentiers au bord de mer, la nature se révèle aussi cruelle que les mystères trop longtemps ensevelis.
Et si une seule personne détenait tous les secrets de cette famille et s'en libérait enfin ?



MON AVIS :


Gilles Paris nous annonce par la voix de Marnie, le décès du père de cette jeune fille de 14 ans. 

Le décor est planté : Un mort dès la première page. Une île sauvage reliée au continent par un bateau, une maison transparente "Glass" faite de verre et d'acier, dominante, ouverte sur le paysage, baignant dans la lumière. Pourtant l'atmosphère est plombée et les relations dans la famille Mortemer, tendues par des non-dits.

Cette gamine bravache passe son temps à courir l'île, à marcher au bord de la falaise comme une funambule avec son amie Jane et Vincy le fils du pharmacien. Elle dort dans les granges plutôt que dans sa confortable maison, construite par son grand-père Aristide. Il y a bien Prudence : la gouvernante qui tente d'avoir l'oeil sur elle, mais sa priorité est d'être au service d'Olivia, sa grand-mère.


Marnie est fascinée par le continent et les lieux qui brillent, ceux qui attiraient son père Luc. Luc tombé follement amoureux de Rose, sa mère, mais incapable de rester sur l'île. La maison "Glass" est l'écrin lumineux, d'une histoire familiale sombre, nourrit d'amour incandescent et de haine rampante.

Dans cette histoire, les femmes sont dignes, silencieuses, seules, profondément amoureuses ou haineuses ; les hommes fuyants, faibles, violents, amoureux, fatalistes... Gilles Paris cisèle de son écriture sensible, un suspense à la "Agatha Christie" et une vision de la noirceur des hommes, au gré des révélations de ses personnages. 


Marnie a toujours été là, la nuit au pied du lit de ses parents, dans l'escalier, plus on avance dans le roman, plus on se rend compte que personne n'était dupe : Géraud, le médecin ; Côme, le confesseur, Manos le coiffeur d'Olivia et de Rose, alors Marnie s'est-elle construite dans l'ignorance des secrets de chacun ? Marnie répond : "Mon pays n'a rien à voir avec celui des merveilles, j'ai quatorze ans, j'ai cent ans, peu importe, je sais des choses"


Le vertige des falaises porte merveilleusement son titre. L'auteur vous plonge de manière vertigineuse au pas de deux, d'Agatha et d'Alfred, dans un paysage sauvage où le mystère de la famille Mortemer finira par être levé !  Alors, accrochez-vous, vous allez être surpris !






jeudi 15 juin 2017

UNE BONNE INTENTION


UNE BONNE INTENTION     
Solène Bakowski
Livre numérique auto-édition Format Kindle

« Tous passeront à côté du sacrifice de l’un, de la confiance aveugle de l’autre, tourneront le dos à cet amour dingue, car c’est de ça qu’il s’agit, cet amour inconditionnel d’un jeune homme pour une fillette qui écrivait des lettres, cet amour d’une petite fille pour le jeune homme qui savait lui inventer des histoires. »

Mati a neuf ans. Elle a perdu sa maman. Son père s’enlise dans le deuil et sa grand-mère s’efforce, à sa manière, de recoller les morceaux. Un soir, la petite ne rentre pas de l’école. On imagine le pire, évidemment. Comment croire que tout, pourtant, partait d’une bonne intention ? 


Mon Avis :

Je remercie l'auteure de m'avoir permis de découvrir son roman en avant-première. 

J'ai été happée par l'atmosphère angoissante qu'elle a créée autour d'une famille somme toute ordinaire. Ses secrets, ses lâchetés, ses non-dits pour la bonne cause bien sûr : "L'enfer est pavé de bonnes intentions" 

Un couple, un enfant, des grands-parents : le bonheur. L'amour si puissant, d'une femme pour son mari, qu'il va engendrer un vide sidéral dans le coeur de Nicolas, lorsque Karine les quitte pour le Pays Blanc...

Il n’est pas de hasard
Il est des rendez-vous
Pas de coïncidence
(Extrait de Ouverture chantée par Etienne Daho)

Mathilde, neuf ans, doit faire face à l'absence de sa Maman, comprendre le chagrin et la colère de son Papa, laisser Éliane, sa grand-mère, s'occuper d'elle. Mais personne ne lui prête réellement d'attention, sauf Magali, la Maîtresse si gentille.

Magali "raconte qu’écrire, ça fait fuir la douleur. Que la douleur, elle n’aime pas trop les mots, qu’ils lui font peur à cause du pouvoir qu’ils ont sur les gens et sur les sentiments. Magali, ma maîtresse, elle ajoute que la peine est moins lourde à porter, qu’elle est même toute rabougrie quand on la raconte. C’est comme de la magie." 

Alors Mati se dit que quitte à écrire, elle va confier son chagrin, ses peurs à sa Maman, partie au Pays Blanc. Elle trouvera sur son chemin, ce drôle d'ange, capable de lui apporter les réponses à ses lettres. Tout irrémédiablement en sera changé.

Chaque pièce du puzzle prend place dans ce thriller psychologique où l'on découvre les secrets connus du plus grand nombre, cachés à ceux qui pourraient en souffrir. 

Belle découverte que ce roman intense, à l'intrigue angoissante, bien menée mais CHUT... l'issue est émouvante. LE livre à mettre dans votre liseuse cet été !

mardi 30 mai 2017

LA FERME DU BOUT DU MONDE


LA FERME DU BOUT DU MONDE   


Sarah VAUGHAN  
Editions PRELUDES  448 pages    

Cornouailles, une ferme isolée au sommet d’une falaise. Battus par les vents de la lande et les embruns, ses murs abritent depuis trois générations une famille… et ses secrets.

1939. Will et Alice trouvent refuge auprès de Maggie, la fille du fermier. Ils vivent une enfance protégée des ravages de la guerre. Jusqu’à cet été 1943 qui bouleverse leur destin. 

Été 2014. La jeune Lucy, trompée par son mari, rejoint la ferme de sa grand-mère Maggie. Mais rien ne l’a préparée à ce qu’elle y découvrira. Deux étés, séparés par un drame inavouable. 
Peut-on tout réparer soixante-dix ans plus tard ?

Après le succès de La Meilleure d’entre nous, Sarah Vaughan revient avec un roman vibrant.


MON AVIS : 


J'ai d’abord été attirée par la couverture délicate. Sarah Vaughan enracine en Cornouailles, le destin de ses personnages, entre 1943-1944 et 2014.

L’alternance entre les deux époques, les rebondissements, donne du rythme à la narration, la rend captivante.

À l'époque trouble de la guerre, des enfants étaient envoyés à l'abri dans cette région sauvage, battue par les vents. Will et Lucy, jeunes Londoniens, débarquent ainsi dans la ferme des Petherick. Maggie les accueille et grandit avec eux.

L'auteure dépeint Skylark, le refuge surplombant l’océan, la dureté de la vie paysanne, la fierté de produire pour l’effort de guerre, ses joies simples aussi  : l'agnelage, les récoltes. On se laisse séduire même si beaucoup de personnages interviennent dans l'histoire, trop peut-être.

2014, Maggie est une vieille dame qui se sent décliner. Au crépuscule de sa vie, elle s'accroche à la ferme familiale, à l’espoir ténu qu'on l'y retrouve. Elle refuse de baisser les bras malgré les difficultés économiques.

Ce bout du monde est peuplé de personnalités en recherche d'une réponse, comme Lucy : "Suis-je à la bonne place" ? Et si, pour Alice : J'avais pris une autre décision tout aurait-il pu être différent ?

Un roman touchant qui vous fera sentir le vent dans vos cheveux, le sel de la mer vous piquera les yeux, à moins que ce ne soit autre chose…
A emporter dans vos bagages pour les vacances absolument !


mardi 2 mai 2017

UN PETIT QUELQUE CHOSE EN PLUS

UN PETIT QUELQUE CHOSE EN PLUS de Sandy HALL
Editions Hugo Roman New Way 258 Pages

De leur professeur d'écriture créative à la barmaid du Starbucks du coin de la rue... De leurs camarades de lycée au serveur du resto chinois... jusqu'à l'écureuil du parc, tous SAVENT que Lea et Gabe devraient être ensemble !  Malheureusement, Lea est une timide maladive, et Gabe un jeune homme bien mystérieux. Pourtant, il se passe VRAIMENT quelque chose de spécial entre ces deux-là, tout le monde le voit. Lisez un peu, vous serez forcément d'accord...





MON AVIS :


Merci à Babelio au travers son Masse Critique et aux Edtions Hugo New Way pour la découverte de ce bonbon acidulé qui vous capte par sa construction et son intrigue.

L'histoire de Gabe et Léa n'a rien d'exceptionnelle, la maladresse et la timidité de deux jeunes gens en première année d'université. Seulement voilà, l'histoire est vue au travers d'une description à 14 voix.

La première, celle qui va être le fil rouge, c'est celle d'Inga, Professeur d'écriture créative, incroyable romantique qui chaque année pronostique l'avènement du petit couple de l'année. Elle a même vu des mariages.

Puis viendront les camarades de classes, le chauffeur de bus, les barmaids du Starbucks, le livreur de repas chinois, le banc et l'écureuil du parc.

Tout le monde aura un avis sur la timidité maladive de Léa, sur la réserve de Gabe qui semble souffler le chaud et le froid à chacune de leur rencontre... Qu'est-ce que Gabe ne dit pas ? 

C'est un roman feel good. Son charme tient dans la diversité des points de vue même s'ils sont convergents sur un point : "Qu'est-ce qu'ils sont mignons" ces deux-là ! L'attraction s'explique-t-elle par des équations mathématiques ? Comme le prétend le vendeur de la supérette.

Il y a des invraisemblances auxquelles on a définitivement envie de croire ! Cet exercice à plusieurs voix rend magique cette romance étudiante qui a UN PETIT QUELQUE CHOSE EN PLUS que les romantiques de tous âges savoureront comme une douceur !






jeudi 27 avril 2017

OSTENDE 21



OSTENDE 21 Arthur LOUSTALOT
198 pages aux Editions LES ESCALES DOMAINE FRANCAIS


Adèle et Joseph ont le pouvoir et la grâce de la jeunesse. Amoureux fous.

Une virée en Belgique leur fait découvrir Ostende. Ils dorment dans les anciens thermes, un immense palais défraîchi est faite pour jouer.

Adèle et Joseph ont rendez-vous avec la chance. Ils sont sûrs d'avoir trouvé la formule pour triompher aux tables de black-jack. Il n'y a qu'une condition pour prolonger le rêve : ne pas dépasser 21.
Les amants envoûtés perdent et gagnent. Protégés du monde extérieur, dans les cris électriques des machines et cet instant suspendu où les cartes se révèlent, leur passion exulte. Ils reviendront, c'est une promesse. Alors le piège se referme.


Arthur Loustalot signe un roman déchirant sur l'amour, la jeunesse et l'emprise - sur toutes nos folies.


Mon avis :


Adèle et Joseph avaient besoin de plus... Leurs amis à Paris s'abîmaient d'ennui en respirant une ligne sur un miroir pour s'amuser, pas eux. Ils ont choisi Ostende et le 21, 21, 21 !



Sous le portique, ils avaient échangés un OUI. A la minute même où ils s'étaient vus, ils avaient su. Cet amour flamboyant, ils l'ont fait vibrer, dans la grisaille d'Ostende, intensivement. 

Le Kursaal, le Black-Jack, bien plus qu'un jeu, une dose d'adrénaline. Le besoin de bousculer leurs vies et de la VIVRE intensément. Une martingale pour gagner partout, toujours... Ils peuvent le faire, c'est devenu vital. 
"Carole les questionna sur leur plaisir de jouer. "Vous y allez souvent ?". Et puis : "Mais vous savez que ça peut-être dangereux, je veux dire, addictif ?"

Jim, le croupier, les reconnaît tout de suite, ils sont de ceux qui brûlent leur vie et mettent en danger leur passion pour exister ensemble. On peut tout perdre et s'en sortir, il faut juste essayer. 
La mer ramènera Adèle à bon port, Joseph en est convaincu !

Arthur Loustalot livre cette histoire d'amour ardente où les passions dévorantes du jeu et leurs sentiments sont exacerbés. Il vous laisse croire, parce qu'il ne peut pas en être autrement, que leur amour est plus fort que l'addiction ! C'est ce que j'ai choisi de croire... et vous, qu'en penserez-vous ?!




mercredi 5 avril 2017

ENTRE CIEL ET LOU

ENTRE CIEL ET LOU 

Selection 2017 Prix des Lecteurs
Lorraine Fouchet 367 pages

Bretagne. Jo prévoit de profiter d’une joyeuse retraite sur l’île de Groix. Mais la deuxième vie qu’il imaginait au côté de sa bien-aimée, il devra l’inventer seul. Son épouse est partie avant lui, en lui lançant un ultime défi : celui d’insuffler le bonheur dans le cœur de leurs enfants. Il n’a d’autre choix que d’honorer Lou, sa mémoire et ses vœux. Entre un fils sur la défensive et une fille cabossée par l’amour, la mission s’avère difficile mais réserve son lot d’heureuses surprises – car il n’est jamais trop tard pour renouer. En famille, on rit, on pleure, on s’engueule et, surtout, on s’aime !


En bonus : recettes et postface inédites.



MON AVIS :  Je lui décerne mon prix "tendresse et émotions" 2017.

D'abord il y eut Lou, ciment de cette famille composée et décomposée au gré des blessures de ses membres.

Mais surtout, il y a "ce caillou de huit kilomètres sur quatre, planté au milieu de l'océan". Les Groisillons aiment en pagaille, les Québécois tombent en amour. 

C'est la genèse des romans de Lorraine Fouchet : L'amour de l'île de Groix, ses tempêtes, ses amitiés, ses goélands et la tendresse qu'elle porte à ses personnages cabossés par la vie mais disponibles pour aimer.

Cette histoire pilotée par Lou de "là où on va après", rythmée par l'écho que chacun y apporte est : tendre, douce-amère, vivifiante, lumineuse, tellement humaine. Les fêlures des personnages font le sel de l'intrigue et l'amour ou son manque, le ciment de leurs vies.


Jo, lui, depuis qu'elle s'est éclipsée entend la si belle chanson d'Aubert : "Il manque un temps à ma vie, il manque un temps j'ai compris, il me manque toi, mon alter ego." 

Sait-on si l'on est heureux ? si nos proches le sont ? c'est la question soulevée par ce roman et la réponse qui y est apportée par les personnages est poétique et tendre. 


J'ai lu ce roman en deux petites journées, vous serez captés par l'air iodé et les larmes salées que vous partagerez avec Sarah, Cyrian, Albane, Pomme, Charlotte et par l'incommensurable amour de Lou pour son Piroche.


dimanche 2 avril 2017

MEURTRES POUR REDEMPTION

MEUTRES POUR REDEMPTION de Karine GIEBEL
Editions Pocket 989 pages

Marianne, vingt ans. Les barreaux comme seul horizon. Perpétuité pour cette meurtrière.
Indomptable, incontrôlable, Marianne se dresse contre la haine, la brutalité et les humiliations quotidiennes.
Aucun espoir de fuir cet enfer, ou seulement en rêve, grâce à la drogue, aux livres, au roulis des trains qui emporte l'esprit au-delà des grilles. Grâce à l'amitié et à la passion qui portent la lumière au cœur des ténèbres.
Pourtant, un jour, une porte s'ouvre. Une chance de liberté.
Mais le prix à payer est terrifiant pour Marianne qui n'aspire qu'à la rédemption.



MON AVIS : 

Brave gens qui vous dites que prendre perpétuité c'est au moins garder la vie et payer sa dette à la société pour les crimes odieux commis, que c'est mérité ! Alors ouvrez ce livre et mangez-vous la gifle monumentale que ce récit vous enverra !

989 pages à enrager contre les injustices, la violence, où vous vivrez les peurs et la rage de Marianne. Cette gamine de 20 ans rongée par le remord, la peine d'avoir perdu Thomas. Obligée à vendre sa seule possession pour faire face à ses addictions : la clope et la dope. Ces rendez-vous du lundi avec Daniel lui donneront la nausée mais paradoxalement seront sa raison de vivre, de tenir.

Vous ne passerez plus jamais devant les murs d'une maison d'arrêt sans penser à Marianne à VM, aux hyènes mais aussi à la Marquise ou à Portier. La violence et la rancoeur ne sont pas à égalité de chaque côté des barreaux, mais elles existent pourtant et peuvent mener à des exactions du côté des matons aussi, la peur est un moteur incroyable. 
Le poète chantait : « Noir c'est noir, il n'y a plus d'espoir » Marianne a pris plusieurs fois perpétuité. Elle a été jugée comme un monstre à figure d'ange malgré cela elle a pu choisir son destin.

Vous donnerez l'absolution à Marianne, pleurerez avec elle sur Clarisse, Emmanuelle, est-elle si mauvaise alors ? Ce roman nous raconte que la noirceur, la haine et la malhonnêteté ne sont pas l'apanage des repris de justice mais parfois du côté des dépositaires de l'autorité mais ce n'est que fiction bien sûr…

Je me suis accrochée à ce livre comme on s'accroche à une bouée dans un océan déchaîné. J'ai été ballottée, souffletée…. J'ai versé des larmes, ai détesté l'auteur de m'avoir laissé croire qu'on pouvait trouver la lumière dans ce puits de noirceur mais si c'était à refaire, je referai ce chemin !
Karine Giébel est un chef d'orchestre hors pair, son requiem m'a touché au coeur !