PAYS PROVISOIRE de FANNY TONNELIER
250 pages aux Editions ALMA
Amélie Servoz, jeune modiste d’origine savoyarde, n’a pas froid aux yeux. En 1910, elle rallie Saint-Pétersbourg avec, pour seul viatique, l’invitation d’une compatriote à reprendre sa boutique de chapeaux et un guide de la Russie chiné en librairie. Sept ans plus tard, la déliquescence de l’Empire l’oblige à fuir. Le retour, imprévisible et périlleux, lui fera traverser quatre pays, découvrir les bas-côtés de la guerre et rencontrer Friedrich… Fanny Tonnelier qui raconte avec verve et finesse aussi bien le détail des gestes que l’ample vacarme d’une Révolution naissante, s’est inspirée d’un pan d’histoire méconnu : au début du XXe siècle, de nombreuses Françaises partirent travailler en Russie. Fanny Tonnelier, née en 1948, vit à Cunault près d’Angers. Pays provisoire, est son premier roman.
MON AVIS :
Sélection Hiver 2018 des "68 Premières fois", ce livre raconte la vie d'expatriée d'Amélie à Saint-Pétersbourg. Charmante modiste française, trentenaire au caractère bien trempé, venue reprendre la boutique d'une compatriote, Clémence.
1917, sept petites années après avoir développé sa clientèle, Amélie se voit aux prises avec la politique : émeutes, famine, Nicolas II abdique ! Cela ne suffira pas à sauver le commerce d'Amélie, malheureusement.
Il serait facile de vous parler du fabuleux destin d'Amélie Servoz. Il s'agit plus simplement de la destinée d'une jeune femme ambitieuse qui doit tout abandonner pour rentrer en France. Ce n'est pas un échec, elle a rencontré l'Amour avec un beau militaire Nicolas et l'a perdu. Elle a beaucoup appris, elle maîtrise désormais une autre langue et connaît une autre culture.
Elle rencontrera Friedrich durant son périple de retour, mais reprendra seule son voyage au travers de multiples pays : Suède, Écosse, Angleterre, France. Cependant, cet épisode d'amour un peu plus que courtois, plein de promesses est charmant.
Pourtant, je n'ai pas réussi à être touchée par le romanesque dans ce récit. Il manque quelque chose d'indéfinissable. L'histoire est joliment écrite, il n'est pas possible de l'abandonner... mais le charme slave n'a pas totalement opéré !
Néanmoins, la plume est belle, le roman documenté certes, mais Amélie reste sur le papier très à-plat dans cette peinture de début de siècle... Durant cette période de tensions mondiales, où la guerre se répand, toujours une bonne âme pour assister, porter secours, héberger, c'est un peu trop idyllique, même pour une fiction.
Amélie ne nous laissera pas son nom, comme Scarlett O'Hara ou d'autres héroïnes, à la volonté inébranlable d''aimer, de rentrer chez elles. Même son amitié avec Joséphine manque de chaleur.
Amélie, pourtant est une créatrice, une passionnée de mode et l'on apprend beaucoup sur les métiers des Arts : Plumassiers, modistes.... devenus rare. Cette part-là du récit est passionnante. Elle redonne leurs lettres de noblesse aux petites mains, au savoir-faire.
L'histoire est originale. On apprend sur les relations Franco-Russes. Sur l'appétence des Russes à apprendre la langue française. Sur les femmes de l'époque bien plus aventureuses qu'on ne l'imagine. C'est un premier roman émaillé de rencontres, de voyages, qui renseigne la vie à cette époque.
Une lecture dépaysante, une auteure à suivre à n'en pas douter !
mardi 8 mai 2018
vendredi 27 avril 2018
LA NUIT INTROUVABLE de Gabrielle TULOUP
LA NUIT INTROUVABLE de Gabrielle TULOUP
Aux Editions Philippe REY - 160 pages
Aux Editions Philippe REY - 160 pages
Nathan Weiss vient d’avoir quarante ans lorsqu’il reçoit un appel d’une inconnue : sa mère Marthe souhaite le revoir en urgence. Cette mère, voilà quatre ans, depuis le décès de son père, qu’il s’efforce de l’oublier. Ce n’est pas un hasard s’il s’est expatrié jusqu’en Slovénie.
Il va pourtant obéir et revenir à Paris. Sa mère a changé : elle est atteinte d’Alzheimer et ne le reconnaît presque plus. Nathan apprend alors que Marthe a confié huit lettres à sa voisine, avec pour instruction de les lui remettre selon un calendrier précis. Il se sent manipulé par ce jeu qui va toutefois l’intriguer dès l’ouverture de la première lettre.
Ces textes d’une mère à son fils, d’une poignante sincérité, vont éclairer Nathan sur la jeunesse de Marthe, sur le couple qu’elle formait avec son mari Jacques, la difficulté qu’elle avait à aimer ce fils envers qui elle était si froide. Tandis qu’il découvre ce testament familial, Nathan se débat avec ses amours impossibles, sa solitude, ses fuites. Et si la résolution de ses propres empêchements de vivre se trouvait dans les lettres que Marthe a semées pour tenter de réparer le passé ?
Dans ce premier roman, d’une écriture sensible et poétique, Gabrielle Tuloup décrit l’émouvant chassé-croisé de deux êtres qui tentent de se retrouver avant que la nuit recouvre leur mémoire.
Mon Avis :
Nathan Weiss n'a jamais su communiquer avec sa mère. Le lien familial si ténu soit-il existait grâce à son père. À sa mort, Nathan a choisi de vivre entre deux pays : la France et la Slovénie. Il vit très bien ainsi, dans une solitude organisée.
Un simple coup de fil. Qu'est-ce qu'il lui a pris de décrocher alors que le numéro lui était inconnu ? La voisine de sa mère lui demande de revenir en France, visiter sa mère, bien qu'il ne soit pas en très bons termes. Il va faire le déplacement, apprendre que Marthe, mère déjà distante, est atteinte d'Alzheimer. De toute façon, il ne l'a jamais comprise alors lorsqu'il découvre l'existence de huit lettres qui lui seront remises à chacune de ses visites, il est de prime abord réticent.
L'instinct maternel est-il inné ou acquis de l'expérience vécue ? Marthe a été marquée, par une mère égoïste, qui souhaitait la garder tout à elle.
Est-ce ce qu'elle n'a pas voulu reproduire avec Nathan ? Au point de laisser son mari lui donner tout l'amour qu'elle n'arrivait pas à lui transmettre. Un désir éperdu d'aimer son enfant mais enfermée dans la peur de mal faire et de le perdre ?
Nathan revient en visiteur chez sa mère. Sa voisine Jeanne et Carolina prennent toute la place. Lui en reste-t-il ? Les lettres remises au fil des visites planifiées tous les deux mois vont lui permettre de comprendre un passé qui n'existait qu'au travers du couple de ses parents. de son père, seul à être démonstratif, à lui donner de l'amour selon lui.
Le coup de coeur de Nathan pour la rondeur de l'aide à domicile Carolina semble mal venu dans le contexte. Le parallèle entre la sveltesse de sa précédente compagne et son incapacité à être généreuse, à offrir de l'amour, également.
On chemine aux côtés de Nathan. L'écriture de Gabrielle Tuloup est élégante, poétique. je n'ai malheureusement pas trouvé le chemin des émotions qui m'aurait totalement embarqué dans ce roman.
Le roman très réaliste aborde des thèmes touchants, les non-dits, les rancoeurs familiales, la maladie, l'absence, la solitude, les responsabilités, l'amour.
L'instinct maternel est-il inné ou acquis de l'expérience vécue ? Marthe a été marquée, par une mère égoïste, qui souhaitait la garder tout à elle.
Est-ce ce qu'elle n'a pas voulu reproduire avec Nathan ? Au point de laisser son mari lui donner tout l'amour qu'elle n'arrivait pas à lui transmettre. Un désir éperdu d'aimer son enfant mais enfermée dans la peur de mal faire et de le perdre ?
Nathan revient en visiteur chez sa mère. Sa voisine Jeanne et Carolina prennent toute la place. Lui en reste-t-il ? Les lettres remises au fil des visites planifiées tous les deux mois vont lui permettre de comprendre un passé qui n'existait qu'au travers du couple de ses parents. de son père, seul à être démonstratif, à lui donner de l'amour selon lui.
Le coup de coeur de Nathan pour la rondeur de l'aide à domicile Carolina semble mal venu dans le contexte. Le parallèle entre la sveltesse de sa précédente compagne et son incapacité à être généreuse, à offrir de l'amour, également.
On chemine aux côtés de Nathan. L'écriture de Gabrielle Tuloup est élégante, poétique. je n'ai malheureusement pas trouvé le chemin des émotions qui m'aurait totalement embarqué dans ce roman.
Le roman très réaliste aborde des thèmes touchants, les non-dits, les rancoeurs familiales, la maladie, l'absence, la solitude, les responsabilités, l'amour.
C'est un premier roman qui m'a donné envie de suivre l'auteur, même si la rencontre n'est pas tout à fait réussie. Les émotions n'étaient pas à ce premier rendez-vous.
vendredi 13 avril 2018
IL EST GRAND TEMPS DE RALLUMER LES ETOILES - VIRGINIE GRIMALDI
IL EST GRAND TEMPS DE RALLUMER LES ETOILES
de Virginie GRIMALDI aux Editions FAYARD
396 pages
Anna, 37 ans, croule sous le travail et les relances des huissiers.
Ses filles, elle ne fait que les croiser au petit déjeuner. Sa vie défile, et elle l’observe depuis la bulle dans laquelle elle s’est enfermée.
À 17 ans, Chloé a des rêves plein la tête mais a choisi d’y renoncer pour aider sa mère. Elle cherche de l’affection auprès des garçons, mais cela ne dure jamais. Comme le carrosse de Cendrillon, ils se transforment après l’amour.
Lily, du haut de ses 12 ans, n’aime pas trop les gens. Elle préfère son rat, à qui elle a donné le nom de son père, parce qu’il a quitté le navire.
Le jour où elle apprend que ses filles vont mal, Anna prend une décision folle : elle les embarque pour un périple en camping-car, direction la Scandinavie. Si on ne peut revenir en arrière, on peut choisir un autre chemin.
Anna, Chloé, Lily. Trois femmes, trois générations, trois voix qui se répondent. Une merveille d’humour, d’amour et d’humanité.
Romancière à succès, Virginie Grimaldi est l’auteure de trois best-sellers, Le Premier Jour du reste de ma vie, Tu comprendras quand tu seras plus grande et Le Parfum du bonheur est plus fort sous la pluie.
MON AVIS :
Comme les trois précédents romans de Virginie Grimaldi, je ne serai pas étonnée de voir celui-ci devenir un coup de coeur pour ses lecteurs.
de Virginie GRIMALDI aux Editions FAYARD
396 pages
Anna, 37 ans, croule sous le travail et les relances des huissiers.
Ses filles, elle ne fait que les croiser au petit déjeuner. Sa vie défile, et elle l’observe depuis la bulle dans laquelle elle s’est enfermée.
À 17 ans, Chloé a des rêves plein la tête mais a choisi d’y renoncer pour aider sa mère. Elle cherche de l’affection auprès des garçons, mais cela ne dure jamais. Comme le carrosse de Cendrillon, ils se transforment après l’amour.
Lily, du haut de ses 12 ans, n’aime pas trop les gens. Elle préfère son rat, à qui elle a donné le nom de son père, parce qu’il a quitté le navire.
Le jour où elle apprend que ses filles vont mal, Anna prend une décision folle : elle les embarque pour un périple en camping-car, direction la Scandinavie. Si on ne peut revenir en arrière, on peut choisir un autre chemin.
Anna, Chloé, Lily. Trois femmes, trois générations, trois voix qui se répondent. Une merveille d’humour, d’amour et d’humanité.
Romancière à succès, Virginie Grimaldi est l’auteure de trois best-sellers, Le Premier Jour du reste de ma vie, Tu comprendras quand tu seras plus grande et Le Parfum du bonheur est plus fort sous la pluie.
MON AVIS :
Comme les trois précédents romans de Virginie Grimaldi, je ne serai pas étonnée de voir celui-ci devenir un coup de coeur pour ses lecteurs.
Virginie Grimaldi est une conteuse rare. De sujets douloureux et sérieux, sans peser, elle tire une histoire pleine d'espoir de jours meilleurs avec tendresse et humour.
Les portraits de Lily, Chloé, Anna, de la grand-mère d'Anna, de Julien et Noé ou des deux papys fugueurs, sont justes, savoureux, délicats.
Un roman réconfortant qui allumera des étoiles dans vos yeux, vous donnera des envies d'aurores boréales. Les chemins que l'on emprunte parfois deviennent sombres, sinueux et l'on se perd. Anna décide de se recentrer sur l'essentiel, sa famille. Ne pas être raisonnable peut parfois être la solution. Anna veut voir le verre à moitié plein et tant pis si elle se trompe. Elle aura tout tenté !
Merci à l'auteure de nous embarquer dans ces tendres voyages où l'essentiel nous est démontré, où tout semble possible, même de couper le cordon et de donner son envol aux oisillons encore fragiles.
Je suis définitivement fan. Merci pour ces moments délicieux, réconfortants de lectures où l'on est transporté par les émotions. Les quelques heures passées entre Anna, Chloé et Lily ont illuminé ma journée. Comme les précédents, ce roman tient toutes ses promesses avec poésie.
mardi 10 avril 2018
SEULS LES ENFANTS SAVENT AIMER de CALI
SEULS LES ENFANTS SAVENT AIMER
de Cali Aux Editions Le Cherche Midi - 190 pages
L'enfance et ses blessures, sous la plume de Cali.
Seuls les enfants savent aimer.
Seuls les enfants aperçoivent l'amour au loin, qui arrive de toute sa lenteur, de toute sa douceur, pour venir nous consumer.
Seuls les enfants embrassent le désespoir vertigineux de la solitude quand l'amour s'en va.
Seuls les enfants meurent d'amour.
Seuls les enfants jouent leur coeur à chaque instant, à chaque souffle.
À chaque seconde le coeur d'un enfant explose.
Tu me manques à crever, maman.
Jusqu'à quand vas-tu mourir ?
MON AVIS :
Je remercie sincèrement les 68 premières fois pour la découverte d'un auteur tout en émotions.
Un roman délicat pour décrire la perte, l'absence d'une mère qui depuis la naissance de Bruno était omniprésente. Maman, bien sûr, mais aussi l'institutrice de maternelle du village. L'école et la maison ne faisaient qu'une.
Le petit Cali, jugé trop petit, à protéger, n'est pas autorisé à accompagner sa famille à la dernière demeure de sa mère. Il voit tout depuis la chambre sombre de ses parents.
"L’heure que je n’ai pas vécue. Ton enterrement. Ils m’ont dit de rester à la maison, et je me retrouve là, dans ta chambre, près du lit. Je vois leur peine. Et leurs larmes sous le soleil. Je vois cela à travers le volet mal fermé. Ça pleure, ça gémit, ça se tient par les mains. Les uns derrière les autres, à petits pas. Ils empruntent la route qui mène à la place de l’Entente-Cordiale."
Il y a de la poésie dans ce malheur incommensurable qu'est la perte d'une mère. Dans la mort lente et continue du père, qui se noie dans le chagrin, on perçoit la détresse de l'enfant. Beaucoup de larmes versées, d'incompréhension des réactions de ses proches ; de rage et de colères pas toujours rentrées. Mais, il faut vivre, grandir. Bruno sera à la fois très seul, pourtant entouré des grands-parents, oncles et tantes.
Bruno n'a que 6 ans, lorsqu'il retourne à l'école, tout le monde le regarde bizarrement. La maîtresse est gentille avec lui, l'embrasse ce qu'elle n'a jamais fait avant. Il est spécial.
Puis arrive Alex, venu d'ailleurs. Il a des yeux superbes. Cette rencontre est l'oasis dans ce désert d'amour qu'il habite. Il va découvrir l'amitié.
L'écriture m'a semblé parfois trop adulte pour une vision d'enfant de six ans.
Sensible, douce amer, on ne peut s'en détacher, espérant ainsi connaître mieux l'auteur aujourd'hui.
Aimer, détester ou méconnaître l'artiste ne sera en aucun cas un handicap à la lecture de ce roman. Il vous embarquera de toute façon dans une émotion universelle.
de Cali Aux Editions Le Cherche Midi - 190 pages
L'enfance et ses blessures, sous la plume de Cali.
Seuls les enfants savent aimer.
Seuls les enfants aperçoivent l'amour au loin, qui arrive de toute sa lenteur, de toute sa douceur, pour venir nous consumer.
Seuls les enfants embrassent le désespoir vertigineux de la solitude quand l'amour s'en va.
Seuls les enfants meurent d'amour.
Seuls les enfants jouent leur coeur à chaque instant, à chaque souffle.
À chaque seconde le coeur d'un enfant explose.
Tu me manques à crever, maman.
Jusqu'à quand vas-tu mourir ?
MON AVIS :
Je remercie sincèrement les 68 premières fois pour la découverte d'un auteur tout en émotions.
Un roman délicat pour décrire la perte, l'absence d'une mère qui depuis la naissance de Bruno était omniprésente. Maman, bien sûr, mais aussi l'institutrice de maternelle du village. L'école et la maison ne faisaient qu'une.
Le petit Cali, jugé trop petit, à protéger, n'est pas autorisé à accompagner sa famille à la dernière demeure de sa mère. Il voit tout depuis la chambre sombre de ses parents.
"L’heure que je n’ai pas vécue. Ton enterrement. Ils m’ont dit de rester à la maison, et je me retrouve là, dans ta chambre, près du lit. Je vois leur peine. Et leurs larmes sous le soleil. Je vois cela à travers le volet mal fermé. Ça pleure, ça gémit, ça se tient par les mains. Les uns derrière les autres, à petits pas. Ils empruntent la route qui mène à la place de l’Entente-Cordiale."
Il y a de la poésie dans ce malheur incommensurable qu'est la perte d'une mère. Dans la mort lente et continue du père, qui se noie dans le chagrin, on perçoit la détresse de l'enfant. Beaucoup de larmes versées, d'incompréhension des réactions de ses proches ; de rage et de colères pas toujours rentrées. Mais, il faut vivre, grandir. Bruno sera à la fois très seul, pourtant entouré des grands-parents, oncles et tantes.
Bruno n'a que 6 ans, lorsqu'il retourne à l'école, tout le monde le regarde bizarrement. La maîtresse est gentille avec lui, l'embrasse ce qu'elle n'a jamais fait avant. Il est spécial.
Puis arrive Alex, venu d'ailleurs. Il a des yeux superbes. Cette rencontre est l'oasis dans ce désert d'amour qu'il habite. Il va découvrir l'amitié.
L'écriture m'a semblé parfois trop adulte pour une vision d'enfant de six ans.
Sensible, douce amer, on ne peut s'en détacher, espérant ainsi connaître mieux l'auteur aujourd'hui.
Aimer, détester ou méconnaître l'artiste ne sera en aucun cas un handicap à la lecture de ce roman. Il vous embarquera de toute façon dans une émotion universelle.
mardi 3 avril 2018
LES REVEURS d'Isabelle Carré
LES REVEURS de Isabelle CARRE
304 pages aux Editions Grasset
« On devrait trouver des moyens pour empêcher qu’un parfum s’épuise, demander un engagement au vendeur – certifiez-moi qu’il sera sur les rayons pour cinquante ou soixante ans, sinon retirez-le tout de suite. Faites-le pour moi et pour tous ceux qui, grâce à un flacon acheté dans un grand magasin, retrouvent l’odeur de leur mère, d’une maison, d’une époque bénie de leur vie, d’un premier amour ou, plus précieuse encore, quasi inaccessible, l’odeur de leur enfance… »
I. C.
Quand l’enfance a pour décor les années 70, tout semble possible. Mais pour cette famille de rêveurs un peu déglinguée, formidablement touchante, le chemin de la liberté est périlleux. Isabelle Carré dit les couleurs acidulées de l’époque, la découverte du monde compliqué des adultes, leurs douloureuses métamorphoses, la force et la fragilité d’une jeune fille que le théâtre va révéler à elle-même. Une rare grâce d’écriture.
Mon avis :
Je remercie les 68 premières fois de m'avoir permis la lecture du premier roman d'une actrice que je trouve lumineuse.
J'ai toutefois été déstabilisée par l'entrée en matière. Trente longues pages de début de roman qui m'ont semblé obscures. Pourquoi ne pas avoir nommé clairement sa mère ?
Difficile aussi de situer ce roman autobiographie, fiction ? Une mère qui dans son rêve ne s'apercevrait pas qu'on lui a arraché son enfant dans la rue. Une famille "dentelles et château" qui ne vit que dans le regard des autres. Exiler leur fille à Pantin par peur du "qu'en dira-t-on" ? La rejeter parce qu'elle a refusé de s'inscrire dans leur histoire. Parce qu'elle a choisi de garder l'enfant.
Un père amoureux de l'élégance de sa mère. Une mère éthérée, les yeux perdus dans le vague. Une famille qui aurait pu toucher au bonheur, qui le recherche. Un récit décousu comme la famille. Une sensibilité à fleur de pages, une écriture poétique.
Je n'ai pourtant pas réussi à apprécier pleinement ce récit de la recherche de soi des parents, de sa recherche de structure de l'auteur au milieu de cette joyeuse pagaille familiale, même si on ressent beaucoup de sincérité dans l'écriture d'Isabelle Carré.
J'ai été touchée par le dévoilement délicat des blessures, des épisodes suicidaires, puis enfin la découverte d'un socle solide semble avoir été trouvé au théâtre pour vivre pleinement. Peut-être réconciliée avec le passé pour s'ouvrir à l'avenir, construire sa famille.
304 pages aux Editions Grasset
« On devrait trouver des moyens pour empêcher qu’un parfum s’épuise, demander un engagement au vendeur – certifiez-moi qu’il sera sur les rayons pour cinquante ou soixante ans, sinon retirez-le tout de suite. Faites-le pour moi et pour tous ceux qui, grâce à un flacon acheté dans un grand magasin, retrouvent l’odeur de leur mère, d’une maison, d’une époque bénie de leur vie, d’un premier amour ou, plus précieuse encore, quasi inaccessible, l’odeur de leur enfance… »
I. C.
Quand l’enfance a pour décor les années 70, tout semble possible. Mais pour cette famille de rêveurs un peu déglinguée, formidablement touchante, le chemin de la liberté est périlleux. Isabelle Carré dit les couleurs acidulées de l’époque, la découverte du monde compliqué des adultes, leurs douloureuses métamorphoses, la force et la fragilité d’une jeune fille que le théâtre va révéler à elle-même. Une rare grâce d’écriture.
Mon avis :
Je remercie les 68 premières fois de m'avoir permis la lecture du premier roman d'une actrice que je trouve lumineuse.
J'ai toutefois été déstabilisée par l'entrée en matière. Trente longues pages de début de roman qui m'ont semblé obscures. Pourquoi ne pas avoir nommé clairement sa mère ?
Difficile aussi de situer ce roman autobiographie, fiction ? Une mère qui dans son rêve ne s'apercevrait pas qu'on lui a arraché son enfant dans la rue. Une famille "dentelles et château" qui ne vit que dans le regard des autres. Exiler leur fille à Pantin par peur du "qu'en dira-t-on" ? La rejeter parce qu'elle a refusé de s'inscrire dans leur histoire. Parce qu'elle a choisi de garder l'enfant.
Un père amoureux de l'élégance de sa mère. Une mère éthérée, les yeux perdus dans le vague. Une famille qui aurait pu toucher au bonheur, qui le recherche. Un récit décousu comme la famille. Une sensibilité à fleur de pages, une écriture poétique.
Je n'ai pourtant pas réussi à apprécier pleinement ce récit de la recherche de soi des parents, de sa recherche de structure de l'auteur au milieu de cette joyeuse pagaille familiale, même si on ressent beaucoup de sincérité dans l'écriture d'Isabelle Carré.
J'ai été touchée par le dévoilement délicat des blessures, des épisodes suicidaires, puis enfin la découverte d'un socle solide semble avoir été trouvé au théâtre pour vivre pleinement. Peut-être réconciliée avec le passé pour s'ouvrir à l'avenir, construire sa famille.
jeudi 29 mars 2018
LE MONDE SELON BRITT-MARIE de Fredrik Backman
LE MONDE SELON BRITT-MARIE
de Fredrik Backman Aux éditions Mazarine - 400 pages
Britt-Marie, soixante-trois ans, n’est absolument pas passive-agressive. C’est juste que la crasse et les couverts rangés n’importe comment la font hurler intérieurement.
Après quarante ans de mariage et une vie de femme au foyer, elle a besoin de trouver un emploi au plus vite. Le seul poste qu’on lui propose la conduit à Borg, un village frappé par la crise qui s’étire le long d’une route où tout est fermé, à l’exception d’une pizzeria qui empeste la bière. Ce qu’elle ne sait pas, c’est qu’à Borg le ballon rond est roi – et s’il y a une chose que Britt-Marie déteste plus que le désordre, c’est le football.
Alors, quand les enfants du village ont si désespérément besoin d’un entraîneur que la commune est prête à confier le boulot au premier venu, peu importe qu’elle n’y connaisse rien ! Pas du genre à se laisser démonter, Britt-Marie, avec sa nouvelle casquette de coach, entreprend de faire un grand ménage à Borg, qui a, comme elle, besoin d’un renouveau et d’une seconde chance.
Le monde selon Britt-Marie est l’histoire d’une femme qui a attendu toute une vie que la sienne commence enfin. Un plaidoyer chaleureux pour tous les marginaux qui peuplent nos vies sans qu’on leur prête attention – alors que leur vision du monde peut transformer le nôtre.
MON AVIS :
de Fredrik Backman Aux éditions Mazarine - 400 pages
Britt-Marie, soixante-trois ans, n’est absolument pas passive-agressive. C’est juste que la crasse et les couverts rangés n’importe comment la font hurler intérieurement.
Après quarante ans de mariage et une vie de femme au foyer, elle a besoin de trouver un emploi au plus vite. Le seul poste qu’on lui propose la conduit à Borg, un village frappé par la crise qui s’étire le long d’une route où tout est fermé, à l’exception d’une pizzeria qui empeste la bière. Ce qu’elle ne sait pas, c’est qu’à Borg le ballon rond est roi – et s’il y a une chose que Britt-Marie déteste plus que le désordre, c’est le football.
Alors, quand les enfants du village ont si désespérément besoin d’un entraîneur que la commune est prête à confier le boulot au premier venu, peu importe qu’elle n’y connaisse rien ! Pas du genre à se laisser démonter, Britt-Marie, avec sa nouvelle casquette de coach, entreprend de faire un grand ménage à Borg, qui a, comme elle, besoin d’un renouveau et d’une seconde chance.
Le monde selon Britt-Marie est l’histoire d’une femme qui a attendu toute une vie que la sienne commence enfin. Un plaidoyer chaleureux pour tous les marginaux qui peuplent nos vies sans qu’on leur prête attention – alors que leur vision du monde peut transformer le nôtre.
MON AVIS :
Britt-Marie résout tout à grand coups de Faxin et de Bicarbonate de soude. Britt-Marie n'a pas de préjugés, elle fait la conversation à un rongeur. Britt-Marie ne juge personne. Ne vous avisez pas de l'appeler Britt, n'est-ce pas. Seule sa soeur en avait le droit.
Britt-Marie n'a pas été choyée par la vie, elle s'est rattrapée en s'occupant des autres, de Kent en particulier.
Britt-Marie a harcelé la demoiselle de Pôle Emploi. Il lui fallait absolument un emploi pas temps pour l'argent que pour avoir quelque chose à faire, ne pas périr seule dans son appartement. Elle a une obsession : ne pas déranger les voisins par l'odeur de sa décomposition, si elle devait trépasser brutalement. Ce ne serait pas correct. Un emploi donc... c'est sur sa liste.
Britt-Marie a harcelé la demoiselle de Pôle Emploi. Il lui fallait absolument un emploi pas temps pour l'argent que pour avoir quelque chose à faire, ne pas périr seule dans son appartement. Elle a une obsession : ne pas déranger les voisins par l'odeur de sa décomposition, si elle devait trépasser brutalement. Ce ne serait pas correct. Un emploi donc... c'est sur sa liste.
J'ai été très intriguée par Britt-Marie, ses listes, sa façon de fonctionner, irritée parfois. L'auteur réussit son pari : donner l'envie de savoir comme cette "vieille geignarde", comme l'appelle certains, va évoluer dans un monde où il n'y a plus qu'une règle : la débrouille face à la crise.
Crise économique oblige, les commerces se sont concentrés en un seul. "Quelqu'un" s'occupe de tout et les enfants du quartier se regroupent autour d'un ballon de football et un rêve, participer à LA coupe.
Le football pour combattre la morosité d'un village traversé par une route que seuls les camions empruntent. Deux directions : celle de l'appartement de Britt-Marie et celle de Paris.
Je remercie Babelio et les Editions Mazarine pour la tendre découverte de ce roman. L'auteur nous offre un beau portrait de femme, une histoire pleine d'émotions. Découvrir à 63 ans que l'on n'a vécu que pour autrui et pourquoi.
Sauter le pas ou ne frapper à aucune porte ? comme le lui demande Vega, quel sera son choix ? Tous les personnages sont attachants de Karl à Bank, Sami, Sven ou Quelqu'un, secrets, écorchés, surtout les enfants Vega, Omar, Paddan, mais tous sont capables d'aimer Britt-Marie comme elle est. De lui apprendre qui elle est !
Un roman qui se lit tantôt la ride du Lion froissée, tantôt les zygomatiques en position haute et la tendresse au coeur !
Découvrir cette femme qui n'a pas travaillé en dehors de son foyer pendant plus de trente ans, qui fait des listes pour ne rien oublier, agaçante, incapable d'un comportement social "normal", s'imposer à tous comme la gardienne de la MJC et le coach de l'équipe de football local ! Comme un membre à part entière de cette drôle de communauté de Borg est un régal !
Je remercie Babelio et les Editions Mazarine pour la tendre découverte de ce roman. L'auteur nous offre un beau portrait de femme, une histoire pleine d'émotions. Découvrir à 63 ans que l'on n'a vécu que pour autrui et pourquoi.
Sauter le pas ou ne frapper à aucune porte ? comme le lui demande Vega, quel sera son choix ? Tous les personnages sont attachants de Karl à Bank, Sami, Sven ou Quelqu'un, secrets, écorchés, surtout les enfants Vega, Omar, Paddan, mais tous sont capables d'aimer Britt-Marie comme elle est. De lui apprendre qui elle est !
Un roman qui se lit tantôt la ride du Lion froissée, tantôt les zygomatiques en position haute et la tendresse au coeur !
Découvrir cette femme qui n'a pas travaillé en dehors de son foyer pendant plus de trente ans, qui fait des listes pour ne rien oublier, agaçante, incapable d'un comportement social "normal", s'imposer à tous comme la gardienne de la MJC et le coach de l'équipe de football local ! Comme un membre à part entière de cette drôle de communauté de Borg est un régal !
mardi 20 mars 2018
LA CHAMBRE DES MERVEILLES de Julien SANDREL
LA CHAMBRE DES MERVEILLES de Julien Sandrel
aux Editions Calmann-Levy - 264 pages
Inattendu, bouleversant et drôle,le pari un peu fou d'une mère qui tente de sortir son fils du coma en réalisant chacun de ses rêves. Louis a 12 ans. Ce matin, alors qu’il veut confier à sa mère Thelma, qu’il est amoureux pour la première fois, il voit bien qu’elle pense à autre chose, à son travail sûrement.
Alors il part fâché et déçu, avec son skate, et traverse la rue à fond. Un camion le percute de plein fouet. Le pronostic est sombre. Dans quatre semaines, s’il n’y a pas d’amélioration, il faudra débrancher le respirateur de Louis.
En rentrant de l’hôpital, désespérée, Thelma trouve un carnet sous le matelas de son fils. À l’intérieur, il a dressé la liste de toutes ses « merveilles », c’est-à-dire les expériences qu’il aimerait vivre au cours de sa vie.
Thelma prend une décision : page après page, ces merveilles elle va les accomplir à sa place. Si Louis entend ses aventures, il verra combien la vie est belle. Peut–être que ça l’aidera à revenir. Et si dans quatre semaines Louis doit mourir, à travers elle il aura vécu la vie dont il rêvait.
Mais il n’est pas si facile de vivre les rêves d’un ado, quand on a presque quarante ans…
aux Editions Calmann-Levy - 264 pages
Inattendu, bouleversant et drôle,le pari un peu fou d'une mère qui tente de sortir son fils du coma en réalisant chacun de ses rêves. Louis a 12 ans. Ce matin, alors qu’il veut confier à sa mère Thelma, qu’il est amoureux pour la première fois, il voit bien qu’elle pense à autre chose, à son travail sûrement.
Alors il part fâché et déçu, avec son skate, et traverse la rue à fond. Un camion le percute de plein fouet. Le pronostic est sombre. Dans quatre semaines, s’il n’y a pas d’amélioration, il faudra débrancher le respirateur de Louis.
En rentrant de l’hôpital, désespérée, Thelma trouve un carnet sous le matelas de son fils. À l’intérieur, il a dressé la liste de toutes ses « merveilles », c’est-à-dire les expériences qu’il aimerait vivre au cours de sa vie.
Thelma prend une décision : page après page, ces merveilles elle va les accomplir à sa place. Si Louis entend ses aventures, il verra combien la vie est belle. Peut–être que ça l’aidera à revenir. Et si dans quatre semaines Louis doit mourir, à travers elle il aura vécu la vie dont il rêvait.
Mais il n’est pas si facile de vivre les rêves d’un ado, quand on a presque quarante ans…
MON AVIS :
Merci aux éditions Calmann-Levy de m'avoir permis la belle découverte de ce premier roman !
Merci aux éditions Calmann-Levy de m'avoir permis la belle découverte de ce premier roman !
La couverture vous envoie en voyage immédiatement : Holi ou Holly ? L'histoire est piquante, chaleureuse profondément humaine, bouleversante, tendre et drôle à la fois. Le temps s'est arrêté un samedi 7 janvier à 10h32 et pourtant, que de chemin parcouru par Thelma, mère accaparée de Louis.
Les petites interventions de Louis, jeune précoce intelligent et sensible, depuis son réveil "poker face" que personne ne perçoit, après quelques jours de coma sont émouvantes et pleines d'humour. Elles ponctuent les chapitres tout au long du périple de sa Maman.
Thelma qu'on imagine sans aucun mal perchée sur des stilettos, tailleur-jupe bon chic bon genre, s'embarque, après quelques jours de prostrations et de soirées avinées, dans la réalisation des rêves de Louis. Ce sera son challenge, vivre les rêves de son fils pour lui donner l'envie de se battre, de découvrir les merveilles qu'il souhaitait accomplir.
Certaines situations sont cocasses mais ce roman à plus de profondeur qu'il n'y paraît. Les relations mère-fille, mère-fils, le choix de la mono-parentalité exclusive, l'adolescence, la recherche d'identité, l'envie d'une carrière pour donner une vie "meilleure" à son enfant au détriment d'une vraie présence, tout y est évoqué avec délicatesse.
Des invraisemblances parfois, contrebalancées par des "seconds rôles" habités, chaleureux, vivants comme Charlotte-Sophie-Davant ou Isa-Dora. Je ne serai pas étonnée que ce roman soit adapté au cinéma. L'écriture est visuelle, sensible, fluide, lumineuse.
Ce roman, c'est comme un arc-en-ciel quand il pleut, de la poésie, un mélange de Louanne et Maître Gimms. Un hymne à la vie, tout simplement.
Certaines situations sont cocasses mais ce roman à plus de profondeur qu'il n'y paraît. Les relations mère-fille, mère-fils, le choix de la mono-parentalité exclusive, l'adolescence, la recherche d'identité, l'envie d'une carrière pour donner une vie "meilleure" à son enfant au détriment d'une vraie présence, tout y est évoqué avec délicatesse.
Des invraisemblances parfois, contrebalancées par des "seconds rôles" habités, chaleureux, vivants comme Charlotte-Sophie-Davant ou Isa-Dora. Je ne serai pas étonnée que ce roman soit adapté au cinéma. L'écriture est visuelle, sensible, fluide, lumineuse.
Ce roman, c'est comme un arc-en-ciel quand il pleut, de la poésie, un mélange de Louanne et Maître Gimms. Un hymne à la vie, tout simplement.
mardi 13 mars 2018
LES DERAISONS d'ODILE D'OULTREMONT
LES DERAISONS d'ODILE D'OULTREMONT
Aux Editions de l'Observatoire - 220 pages
La vie d'Adrien et de Louise est un chaos enchanteur. Méritant et réservé, il travaille pour assurer leur quotidien. Ouvrière qualifiée de l'imaginaire, elle désaxe la réalité pour illuminer leur ordinaire.
Leur équilibre amoureux est bouleversé le jour où l'agenda stratégique de l'employeur d'Adrien coïncide avec la découverte de tumeurs dans les poumons de sa femme. Pendant que les médecins mettent en place un protocole que Louise s'amuse à triturer dans tous les sens, l'employé modèle est exilé par un plan social aux confins d'un couloir.
Sidéré, Adrien choisit pour la première fois de désobéir : il déserte son bureau pour se dévouer tout entier à Louise, qui, jour après jour, perd de l'altitude. Mais peut-on vraiment larguer les amarres et disparaître ainsi sans prévenir ? Et les frasques les plus poétiques peuvent-elles tromper la mélancolie, la maladie et finalement la mort ?
Aux Editions de l'Observatoire - 220 pages
La vie d'Adrien et de Louise est un chaos enchanteur. Méritant et réservé, il travaille pour assurer leur quotidien. Ouvrière qualifiée de l'imaginaire, elle désaxe la réalité pour illuminer leur ordinaire.
Leur équilibre amoureux est bouleversé le jour où l'agenda stratégique de l'employeur d'Adrien coïncide avec la découverte de tumeurs dans les poumons de sa femme. Pendant que les médecins mettent en place un protocole que Louise s'amuse à triturer dans tous les sens, l'employé modèle est exilé par un plan social aux confins d'un couloir.
Sidéré, Adrien choisit pour la première fois de désobéir : il déserte son bureau pour se dévouer tout entier à Louise, qui, jour après jour, perd de l'altitude. Mais peut-on vraiment larguer les amarres et disparaître ainsi sans prévenir ? Et les frasques les plus poétiques peuvent-elles tromper la mélancolie, la maladie et finalement la mort ?
Mon Avis :
"La seule façon raisonnable de vivre en ce bas monde, c'est en dehors des règles ."
Louise, peintre, a décidé de mettre de la couleur dans sa vie, tous les jours. D'appeler son chien, "Le Chat", de vivre le présent pleinement. De décréter les jours en A ou en O, c'est plus rigolo. Le conformisme très peu pour elle. Louise est un Pierrot solaire qui éclaire son monde.
"Elle ne se souciait pas de la minute qui suivait, mais du moment, de l'exacte seconde où les choses se situaient. "Etre là", c'était sa came, sa défonce, son jus viscéral".
Adrien, lui est réglé comme une horloge suisse, petits parcours bien planifiés, optimisés pour aller au bureau, faire la tournée des clients. Employé-modèle, petite vie rangée. "ce bureau était sa niche. Il y entrait le matin à 9 heures, triait jusqu'à 11 heures les coups de fils à donner et vérifiait le matricule des clients qu'il irait visiter."
Ces deux là, n'étaient pas fait pour se rencontrer mais mieux, ils étaient faits l'un pour l'autre. Seulement voilà, le sort en a décidé autrement, pas eux. Sourire toujours c'est le credo de Louise, en toutes circonstances, le sourire et le rire aide la chimio a mieux agir, Adrien à ne pas sombrer.
La plume pleine de poésie, le verbe choisi aide à entrer de plain-pied dans l'univers parallèle de ce couple "déjanté". Bien sûr, les attitudes loufoques, hors normes, ne sont que prétextes à nous dire qu'on peut choisir le bonheur. Choisir son bonheur, tant pis pour les bien-pensants qui n'y comprennent rien, qui jugent. Peut-on, comme le petit juge Albert Vaxe, rationaliser une situation ubuesque et y appliquer une sanction, quand l'ultime vous a déjà été infligé ?
Un roman plein de tendresse, d'émotions, de poésie pour parler de sujets cruels comme le placement d'Adrien en position d'être inutile chez "Aquaplus", le reléguer en un lieu qu'aucun autre employé de l'entreprise n'a foulé ; du cancer de Louise qu'elle va traiter avec fantaisie comme à son habitude. Nul pouvoir pour ces deux-là, face à la situation, mais ils la vivront ensemble avec courage et inventivité.
Ce roman est une bulle d'émotions, du Champagne. Une ode aux petits bonheurs du quotidien, au choix de voir le verre à moitié plein en toutes circonstances surtout les pires... de se moquer éperdument de la norme. Avec brio et justesse, sans lasser malgré les loufoqueries, l'auteure vous embarque dans une histoire lunaire éclairée par le procès d'Adrien, auquel on ne comprend pas grand-chose au début, mais qui clarifie l'histoire au fil de la lecture. Je suis orpheline de la pétillante Louise.
De ces histoires mille fois racontées : un homme, une femme Cha bada bada... elle crée les déraisons à adopter pour tout affronter, vivre mieux la grisaille, la maladie, la désobéissance. Devenir Dorothy pour voir au-delà de l'Arc-en-ciel. Ce livre donne envie d'aimer la vie, tout simplement !
Louise, peintre, a décidé de mettre de la couleur dans sa vie, tous les jours. D'appeler son chien, "Le Chat", de vivre le présent pleinement. De décréter les jours en A ou en O, c'est plus rigolo. Le conformisme très peu pour elle. Louise est un Pierrot solaire qui éclaire son monde.
"Elle ne se souciait pas de la minute qui suivait, mais du moment, de l'exacte seconde où les choses se situaient. "Etre là", c'était sa came, sa défonce, son jus viscéral".
Adrien, lui est réglé comme une horloge suisse, petits parcours bien planifiés, optimisés pour aller au bureau, faire la tournée des clients. Employé-modèle, petite vie rangée. "ce bureau était sa niche. Il y entrait le matin à 9 heures, triait jusqu'à 11 heures les coups de fils à donner et vérifiait le matricule des clients qu'il irait visiter."
Ces deux là, n'étaient pas fait pour se rencontrer mais mieux, ils étaient faits l'un pour l'autre. Seulement voilà, le sort en a décidé autrement, pas eux. Sourire toujours c'est le credo de Louise, en toutes circonstances, le sourire et le rire aide la chimio a mieux agir, Adrien à ne pas sombrer.
La plume pleine de poésie, le verbe choisi aide à entrer de plain-pied dans l'univers parallèle de ce couple "déjanté". Bien sûr, les attitudes loufoques, hors normes, ne sont que prétextes à nous dire qu'on peut choisir le bonheur. Choisir son bonheur, tant pis pour les bien-pensants qui n'y comprennent rien, qui jugent. Peut-on, comme le petit juge Albert Vaxe, rationaliser une situation ubuesque et y appliquer une sanction, quand l'ultime vous a déjà été infligé ?
Un roman plein de tendresse, d'émotions, de poésie pour parler de sujets cruels comme le placement d'Adrien en position d'être inutile chez "Aquaplus", le reléguer en un lieu qu'aucun autre employé de l'entreprise n'a foulé ; du cancer de Louise qu'elle va traiter avec fantaisie comme à son habitude. Nul pouvoir pour ces deux-là, face à la situation, mais ils la vivront ensemble avec courage et inventivité.
Ce roman est une bulle d'émotions, du Champagne. Une ode aux petits bonheurs du quotidien, au choix de voir le verre à moitié plein en toutes circonstances surtout les pires... de se moquer éperdument de la norme. Avec brio et justesse, sans lasser malgré les loufoqueries, l'auteure vous embarque dans une histoire lunaire éclairée par le procès d'Adrien, auquel on ne comprend pas grand-chose au début, mais qui clarifie l'histoire au fil de la lecture. Je suis orpheline de la pétillante Louise.
De ces histoires mille fois racontées : un homme, une femme Cha bada bada... elle crée les déraisons à adopter pour tout affronter, vivre mieux la grisaille, la maladie, la désobéissance. Devenir Dorothy pour voir au-delà de l'Arc-en-ciel. Ce livre donne envie d'aimer la vie, tout simplement !
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