mardi 7 août 2018

PARTIR de Tina SESKIS

PARTIR de Tina SESKIS
Aux Editions Pocket - 431 pages

Un mari apparemment charmant. Un fils adorable. Une maison ravissante. Emily Coleman est une femme comblée. Pourtant, un beau matin, elle prend le train pour Londres, bien décidée à tout laisser derrière elle.


C’est désormais sous l’identité de Catherine Brown qu’elle partage un appartement miteux avec des colocataires et occupe un travail sans avenir. 

Elle n’aspire désormais qu’à une seconde chance. 

Mais qu’est-ce qui a pu la pousser à abandonner une vie qui semblait si parfaite ? Quel est ce secret qu’elle protège avec tant de force ? 




Mon avis :


Malgré un découpage maladroit entre passé et présent, Tina Seskis nous livre un roman captivant.


Dans une tension constante, Emily-Cat va livrer son histoire peu ordinaire. 

S'échapper, construire une nouvelle vie, lorsque l'on a vécu un événement particulier est-ce si évident ? N'emporte-t-on pas son vécu ou qu'on aille ?

C'est avec des personnages attachants comme Ben et Angel que l'auteure nous livre ce thriller est éminemment prenant. Ce n'est qu'à l'épilogue de la quatrième partie que vous découvrirez le pourquoi de la fuite en avant d'Emily.

L'amour quel qu'il soit peut-il triompher de tout ?
La gémellité est-elle toujours fusionnelle ou les parents ont-ils un rôle à jouer dans le développement émotionnel de leurs enfants, jumeaux ou uniques ?

Toutes ces questions et bien d'autres sont abordées avec finesse et tension dans ce roman très réussi. 430 pages, pleines de rebondissement, dévorées à une vitesse vertigineuse tant j'ai eu envie de savoir quelle vie Emily choisirait finalement.

Probablement, tout comme moi, vous serez manipulés par Tina Seskis, qui a glissé plus d'une péripétie pour vous perdre, sous sa plume palpitante. Tel un puzzle complexe, chaque morceau que vous croirez avoir imbriqué vous offrira une surprise qui vous vaudront de tout devoir reconsidérer du destin d'Emily et de sa si étrange famille.

Un excellent moment de lecture.



lundi 6 août 2018

LES ENFANTS DE VENISE de LUCA DI FULVIO

LES ENFANTS DE VENISE de LUCA DI FULVIO
Aux Editions POCKET - 988 pages

Venise, 1515. Peu de villes auront connu autant d'injustices, de dangers, de misère et de vices. De liberté, aussi.

Liberté pour Mercurio, petit voleur des rues, as du déguisement, pour qui le pavé romain est devenu trop brûlant. Liberté pour Giuditta, jeune et belle juive, dont la religion semble ici tolérée - mais pour combien de temps ?

Rien ne les vouait à s'aimer. Pourtant... Entre inquisiteurs et courtisanes, palais, coupe-gorge et canaux putrides, les amants de Venise feront mentir le destin...


Mon avis :

Luca di Fulvio réussit la gageure de créer sur un nouveau continent un roman aussi captivant que "Le Gang des rêves".

Venise, sa noblesse, ses riches parvenus, ses commerçants, sa pauvreté extrême et ses rois de la débrouille et de l'embrouille, survivants sur le dos des premiers.

Mercurio, orphelin maltraité va construire son rêve. Survivre à Venise. Mieux s'émanciper, grandir, gagner ce qu'il y a de plus précieux : la Liberté !

L'auteur est un magicien qui vous embarque dans Venise et le destin croisé de plusieurs personnages tous très attachants, qu'ils soient riches ou brigands, orphelins ou marchands, escrocs ou médecins.

Difficile de rendre justement un avis sur un roman aussi riche. C'est un nouveau coup de coeur pour moi. Une fois de plus, quasi un millier de pages englouties le temps de le dire... méfaits du pouvoir, du fanatisme, de la misère sans espoir, des préjugés, tout est décrit avec intérêt. Les tribulations des différents personnages amènent un éclairage sur l'époque.

Une histoire romanesque à la Roméo et Juliette mais pas seulement, des amitiés viriles, des amours interdites... Cette histoire est tout à fait cinématographique.

Un page-turner ! Un second roman captivant. Comme pour le précédent, on se sent orphelin de Mercurio et Guiditta.

vendredi 3 août 2018

UN ARBRE UN JOUR de KARINE LAMBERT

UN ARBRE UN JOUR de KARINE LAMBERT
Aux Editions Calmann Levy - 259 pages

"Du haut de mes trente-deux mètres, je les regarde vivre sur la place du village. Depuis cent trois ans, je partage leurs nuits et leurs jours, j'effeuille leurs amours et parfois j'envie leurs cris de joie." 

En ce matin de printemps, un avis d'abattage est cloué sur le platane centenaire qui ombrage ce village de Provence. Entraînés par un petit garçon effronté, sept habitants s'unissent pour découvrir qui souhaite la mort du géant. Ensemble, ils combattent cette sentence absurde, tandis que l'arbre les observe et vibre avec humour et philosophie au rythme de leurs émotions et de leurs conflits. Qui l'emportera ? le pouvoir ou la solidarité ? Aux premiers jours de l'été, Clément, Suzanne, Fanny et les autres ne seront plus les mêmes. 



MON AVIS :


"Auprès de mon arbre, je vivais heureux J'aurais jamais dû le quitter des yeux" disait le poète. Du haut de ses 10 ans, Clément ne veut pas admettre qu'on puisse vouloir du mal au platane centenaire de la place du village.

L'arbre, heureux de contempler la vie paisible de sa place. Déposer là, il y a cent ans, il a vu le départ à la guerre des amoureux des soeurs Bonnafay, ne les a pas vu revenir... Il voit la belle et naïve Fanny ouvrir sa porte à des garçons pas faits pour elle. Il voit Suzanne s'user à briquer son comptoir en attendant le retour de son Joe. Manu le bourlingueur baba cool, fort d'une vie sans conformisme parce qu'on ne lui imposera pas la vie de commis d'assurances.

Karine Lambert, nous offre une évasion solaire en Provence. On entend les branches du vénérable mais très en forme platane frémir à l'approche des hirondelles, se réjouir de l'arrivée du printemps. On entend les kss kss des cigales entre les disputes d'Adeline et Violette, les deux vieilles soeurs qui se chamaillent, les pensées de Clément perché dans l'arbre au-dessus de sa boîte à livres. Clément a beau avoir juste 10 ans, il a le sens du juste.

Il n'est pas question qu'on abatte son platane ! les personnages de cette tendre histoire sont Pagnolesques et touchants. Du 1er mars au 21 mars, la mobilisation du village qui va se solidariser autour de la survie de son platane se vit avec intensité et suspense.

Une jolie histoire pour se rappeler qu'il faut sauver cette part de nous qu'est notre enfance, notre environnement d'alors. Qu'est devenue votre école primaire ? Y avait-il le marronnier qui faisait pester le confrère de François Lebrun, lorsqu'il fallait en balayer les feuilles ?

Karine Lambert propose cette plongée dans des sensations olfactives, visuelles, émotionnelles fortes qui embarque totalement. Le platane se raconte, nous raconte sa sensibilité, sa joie d'être là parmi tous ces personnages attachants.

Un vrai bonheur de lecture !

mercredi 1 août 2018

LA VIE EST FACILE, NE T'INQUIETES PAS d'Agnès MARTIN-LUGAND

LA VIE EST FACILE, NE T'INQUIETES PAS
d'Agnès MARTIN-LUGAND Aux Editions Pocket - 250 pages

Rentrée d'Irlande, Diane est bien décidée à reconstruire sa vie à Paris. Avec l'aide de son ami Félix, elle s'est lancée à corps perdu dans la reprise en main de son café littéraire. C'est là, aux "Gens heureux lisent et boivent du café", son havre de paix, qu'elle rencontre Olivier. Il est gentil, attentionné, et, surtout, il comprend sonrefus d'être mère à nouveau. Car elle ne peut se remettre de la perte de sa fille. Bientôt, un événement inattendu va venir bouleverser les certitudes de Diane quant à ses choix, pour lesquels elle a tant bataillé. Aura-t-elle le courage d'accepter un autre chemin ?


MON AVIS :

Diane est extrêmement touchante. Poussée par son ami Félix, elle essaie de retrouver une vie sociale et amoureuse, après la perte de son mari et de sa fille.

Sa bouée, son assurance, elle les trouvent dans son café littéraire. Mais Félix pense qu'elle doit s'ouvrir à nouveau à l'amour. Sa rencontre avec Olivier, patient va l'y aider.

Agnès Martin-Lugand nous offre un roman touchant sur le deuil, la famille, l'amitié, le rapport aux parents. La difficulté de grandir en s'affranchissant de l'approbation des parents.

Une lecture plein d'émotions et de bons sentiments. Les cicatrices se referment, on avance même si l'on oublie jamais la blessure.

Un joli moment de lecture grâce à une écriture directe, fluide, des personnages attachants comme Félix et Judith.





lundi 30 juillet 2018

CELUI QUI DISAIT NON d'Adeline Baldacchino

CELUI QUI DISAIT NON  d'Adeline Baldacchino
Aux Editions FAYARD - 272 pages

Quand August et Irma comprennent que la politique rattrape toujours ceux qui s’en défendent, il est déjà trop tard pour survivre, mais encore temps de mourir libres.

Le 13 juin 1936, un homme perdu dans la foule, sur le quai d’un chantier naval de Hambourg, refuse de saluer Hitler.

Le 28 avril 1942, une femme fait partie du premier convoi des gazées de Ravensbrück. Ou comment une histoire d’amour devient une histoire d’insoumission.

Ce roman est leur tombeau, dédié aux vivants qui voudraient se souvenir de l’avenir.



MON AVIS : 

Parfois l'Histoire produit des héros malgré eux, souvent anonyme, comme ce manifestant de la Place Tian'anmen, debout si petit face à un char. August Landmesser, ne le restera pas photographié seul, bras croisés pour entrée dans l'histoire. J'espère que les filles d'Irma et August auront pu lire ce magnifique roman.

Rarement un roman m'a autant bouleversée ! 

"Et si c'était à refaire, je referai ce chemin
La voix qui monte des fers, dit je le ferai demain..."

Ces vers de Louis Aragon me sont venus à la lecture de l'histoire d'August, telle que l'a reconstitué Adeline Badacchino.

Adeline Badacchino frappée par cette photo vue sur le net, qui montre August Landmesser, bras croisés, en juin 1936 à Hambourg, refusant de saluer Hitler au milieu d'une foule d'hommes, bras levés formant le salut nazi. 

L'auteure en fait le point de départ d'une quête personnelle pour comprendre une époque, raconter à son père l'amour fou d'August et Irma, cueillir en passant une part de son histoire familiale. Entre fiction et réalité devenue historique.

Est-ce cela l'héroïsme ? "Hâtes-toi de transmettre ta part de merveilleux de rébellion de bienfaisance." René Char.

L'auteure cite ce vers. Comme elle a raison :  August Landmesser nous a transmis sa part de courage resté dans l'Histoire, son visage lumineux d'amoureux rebelle face à l'innommable fureur d'un homme.

Ce roman est un phare pour que l'ignorance ne soit plus de mise. Demain, encore de simples citoyens se mueront en bourreaux ordinaires, si nous ne sommes pas vigilants. L'Amour ne résout pas tout.

Leur amour au-delà de toutes les règles édictées par un fou moustachu n'a pas empêché le pire... Irma, August, vous n'avez pas résisté en vain : deux vies sont nées de votre amour. Deux vies pour se souvenir de l'indicible courage qu'il vous a fallu, pour aimer par-dessus tout, malgré tout.

Jamais, je n'entendrai plus la phrase "c'est politique" sans réagir désormais. Grâce à cet homme surgit du passé, lumineux et seul au coeur d'une mêlée de bras levé, pour dire que NON ce n'est pas possible, pour toutes les Irma de la terre. Il faut s'élever, il faut se lever !

Ces hommes ordinaires devenus bourreaux ordinaires ont cru à une politique, ont assassinés par milliers des hommes, femmes, enfants au mépris de toute humanité, parce qu'une politique le leur avait commandé.

Les mots justes, factuels, poétiques de l'auteure n'enlèvent rien à la cruauté de leur destin, à la beauté de la petite histoire d'Irma et August, devenue part de la grande Histoire. Indissociable du chant des mésanges, de ce qui reste de beau, d'irremplaçable toujours : l'Amour absolu, absurde puisqu'il coûte des vies mais total, unique rempart face à la barbarie.

Voici le roman de la sélection des 68 qui restera dans ma mémoire, pour la dureté de la réalité qu'il met en lumière, pour la grandeur de l'Amour qu'il nous donne à voir. MERCI pour ce moment de lecture incroyable, qui touche au coeur, Madame Adeline Baldacchino !









mardi 24 juillet 2018

APPRENDRE A LIRE de Sébastien MINISTRU

APPRENDRE A LIRE de Sébastien MINISTRU
Aux Editions Grasset - 160 pages

Approchant de la soixantaine, Antoine, directeur de presse, se rapproche de son père, veuf immigré de Sardaigne voici bien longtemps, analphabète, acariâtre et rugueux.

Le vieillard accepte le retour du fils à une condition  : qu'il lui apprenne à lire. Désorienté, Antoine se sert du plus inattendu des intermédiaires  : un jeune prostitué aussitôt bombardé professeur. S'institue entre ces hommes la plus étonnante des relations.

Il y aura des cris, il y aura des joies, il y aura un voyage.Le père, le fils, le prostitué. Un triangle sentimental qu'on n'avait jamais montré, tout de rage, de tendresse et d'humour. Un livre pour apprendre à se lire.




MON AVIS : 


Sébastien Ministru explore la relation Père-Fils avec au coeur de la relation, le droit à la dignité. Une bien belle aventure humaine, que de faire se rencontrer deux êtres blessés par la vie.

Antoine s'occupe de son père, veuf. Sa mère est morte lorsqu'il était enfant.

Ces deux-là ne se sont jamais compris, n'ont jamais suffisamment apprivoisé leur douleur pour en parler. Ensemble, d'ailleurs... l'ont-ils jamais été avant les 80 ans de cet homme, dont Antoine ne sait que peu de choses finalement.

Le vieil homme se révèle difficile. Un jour, il décrète qu'il lui faut apprendre à lire. Peut-on entrer au Paradis si l'on ne sait pas écrire son nom ? rien n'est moins sûr... Il ne veut pas prendre le risque ! Son injonction : apprendre à lire et à écrire maintenant !

Bien que patron de presse, Antoine, 60 ans ne se sent ni la patience, ni l'envie d'apprendre la lecture à son père qu'il juge trop vieux pour le faire. A quoi cela lui servira-t-il de savoir lire à son âge d'ailleurs...

Va naître de cette incapacité pédagogique un triangle étrange, Père, Fils, Etudiant-prostitué. En effet, Sébastien Ministru introduit un étrange personnage transposition du bon fils, patient, qu'il aurait dû être.

Raphaël-Ron, Escort à ses heures, étudie pour devenir instituteur. En tout cas, c'est ce qu'il explique à Antoine lorsque celui-ci lui demande de prendre le relais d'apprentissage auprès de son père. Quel challenge que de former ce vieil homme blessé depuis l'enfance d'avoir été privé du droit d'apprendre, au profit d'un troupeau montagnard. Savoir lire à cette époque, c'était pour les fils de notaires.

Antoine est dans le non-dit permanent. Il n'a pas vraiment fait son "coming out" avec son père, sans toutefois cacher un quelconque élément de sa vie. Il ne parle pas non plus à Alex de leur relation devenue platonique. Ne dit rien de son besoin d'avoir recours à des prostitués. Rien de son désarroi lorsque son père, pour tromper sa solitude, a pris pour compagne une ex-prostituée.

Sébastien Ministru décrit la prostitution en outil ordinaire de financement pour les étudiants, comme une "norme". Cet élément, forme de jugement favorable, prend à mon avis, une place gênante dans l'histoire.
Raphaël aurait pu être serveur ou équipier chez McDo, cela n'aurait rien enlevé à l'histoire... Il est défini : Escort.

La pudeur de la relation, la tendresse qui s'installe entre le père et le fils, deux écorchés, le chemin qu'ils parcourent lentement grâce à Ron pour se rencontrer vraiment, sont émouvants. 

La construction de l'un, antithèse de l'autre, l'avènement d'une relation enfin rassérénée par l'écoute, la compréhension, le tendre accompagnement du retour aux racines. C'est ce long cheminement que raconte la plume incisive, souvent crue de Sébastien Ministru. La dignité retrouvée par le combat contre l'illettrisme d'un père face à son fils, carriériste. 

Je ne me sentirai pas orpheline d'Antoine ou de son père. Antoine n'est ni aimable, ni détestable... J'ai pourtant beaucoup aimé, la lente ouverture d'Antoine aux êtres qu'il aime et à son père. Sa présence auprès du vieil homme.

Un premier roman proposé par les 68 premières fois, dans la catégorie, étonnant, dérangeant mais inoubliable !








jeudi 19 juillet 2018

LE PARFUM DU BONHEUR EST PLUS FORT SOUS LA PLUIE

LE PARFUM DU BONHEUR EST PLUS FORT 
SOUS LA PLUIE
De Virginie Grimaldi aux Editions Poche - 416 pages

"Je ne t'aime plus."
Il aura suffi de cinq mots pour que l'univers de Pauline bascule. Installée avec son fils de quatre ans chez ses parents, elle laisse les jours s'écouler en attendant que la douleur s'estompe. Jusqu'au jour où elle décide de reprendre sa vie en main. 
Si les sentiments de Ben se sont évanouis, il suffit de les ranimer. 
Chaque jour, elle va donc lui écrire un souvenir de leur histoire. Mais cette plongée dans le passé peut faire resurgir les secrets les plus enfouis. 
Avec une extrême sensibilité et beaucoup d'humour, Virginie Grimaldi parvient à faire revivre des instantanés de vie et d'amour et nous fait passer du rire aux larmes. Une histoire universelle.


Mon avis :

"Mais ce n'est pas parce qu'une histoire ne se termine pas comme tu le souhaites, qu'elle se termine mal". Alors il faut se surprendre à grandir, douloureusement, lentement, mais sûrement.

Si comme moi, vous pensiez trouver un roman feel-good à lire après un roman sombre et dérangeant, ce n'est pas le bon choix.

En revanche, vous trouverez dans ce roman de Virginie Grimaldi, une madeleine de Proust... Nonna et son franc-parler vous ramèneront à l'enfance, à la tendresse de grand-mère, celle qui écoute, comprend tout ; à l'art d'être mère construite à l'aune de son propre vécu.

"Je ne t'aime plus" : quelques mots si difficiles à entendre après les serments d'avant, ceux qui vous disaient que vous seriez une famille éternellement. Une brutalité insoutenable, inaudible, d'ailleurs Pauline va rappeler à Ben combien il l'aimait en lui écrivant des lettres jusqu'à ce qu'il reprenne ses esprits. 

Ce livre, dans la première partie vue par Pauline est l'autopsie d'une vie de couple : premier baiser , présentation aux parents, premier appartement, premier enfant, routine puis dernier dîner. Un parfum de nostalgie. Retour abrupt chez les parents avec Jules, leur fils.

Pauline aime Ben. Elle l'a perdu sur le chemin d'une tragédie. Elle va entamer une correspondance avec lui, pour lui remémorer les meilleurs moments de leur histoire, entamer une thérapie malgré elle.

Virginie Grimaldi sait faire vivre des personnages touchants souvent drôles et piquants.
Que d'émotions dans la seconde partie de cette histoire, des larmes au travers des sourires. Un roman qui dit la vie avec ses petits bonheurs simples, évidents et ses jours de pluie.

Pour rappeler à chacun que "Le parfum du bonheur est plus fort sous la pluie". Une merveille de tendresse et d'émotions qui touche au coeur.


mardi 17 juillet 2018

TU AVAIS PROMIS DE VIVRE POUR MOI de Carène Ponte

TU AVAIS PROMIS DE VIVRE POUR MOI
de Carène PONTE aux Editions Michel LAFON - 362 pages

Quand on a trente ans, on n’est jamais préparé à perdre sa meilleure amie. C’est pourtant le drame que Molly doit affronter quand Marie est emportée par la maladie en quelques mois à peine. Juste avant de mourir, celle-ci demande à Molly de lui faire une promesse : vivre sa vie pleinement, pour elles deux. Elle y tient, alors Molly accepte.

Mais par où commencer ? Lâcher son travail de serveuse ? Rompre avec Germain, l'homme avec lequel elle vit ? Certes, il est comptable et porte des chaussons, mais il est gentil.

Lorsque Molly reçoit quelques jours après l’enterrement un mystérieux paquet contenant douze lettres de Marie, elle comprend que celle qui lui manque tant n’avait pas l'intention de se contenter de paroles en l'air et que son engagement va l’entraîner bien plus loin que ce qu’elle imaginait… 


MON AVIS : 


Un roman tout en tendresse et en émotions !

Je ne connaissais pas cette auteure, la couverture a attiré mon attention et j'ai immédiatement été embarquée !


« Les amis, c'est la famille que l'on se choisit ». Molly et Marie se sont choisies lorsqu'elles avaient 6 ans.



Quelques années plus tard, Molly est installée avec Germain, dans une petite vie routinière, que Marie n'approuve pas : « Une Molly cela mérite un John ou un Brad » ! 



Marie est atteinte d'un cancer. Elle se sait condamnée. Faire promettre à Molly de vivre pour elle sera sa dernière volonté. Pour permettre à Molly de tenir sa promesse : 12 lettres, 12 moments à vivre à la place de Marie (argent fourni)… ce ne sera pas la mer à boire. Molly a promis.



Les personnages sont attachants, présents, pétillants comme Nadège, chaleureux comme Sacha puis Marie dont l'espièglerie et la ténacité transparaissent dans le récit. On aurait aimé connaître plus encore de la complicité entre Marie et Molly pour découvrir vraiment Marie.



Un roman qui touche par la justesse de l'écriture descriptive. L'auteure nous guide de ses notes de bas pages, savoureuses parfois, au gré de chapitres courts, qui voient Molly se découvrir et se réapproprier ses rêves. Doit-on avoir peur de changer de cap ? 



Ce roman, qui me semblait-il, n'était qu'une romance touchante à lire au coin de la cheminée, amène quelques questions, voit glisser quelques larmes et surtout vous place les zygomatiques en position haute, ce qui reste ma gymnastique préférée. Je vous le conseille vivement !