lundi 28 septembre 2020

UNE CERTAINE IDEE DU PARADIS

 

Une certaine idée du paradis

Auteure Elizabeth Segard

Aux Editions Calmann-Levy_270 pages

Chacun a son idée du paradis dans la charmante bourgade de Mouy-sur-Loire en Touraine.

Madame le maire, d’abord, qui se bat pour faire de sa commune un territoire attractif. L’abbé Marcel, qui parvient à remplir son église, quitte à user d’astuces peu orthodoxes. Violette Laguille, vieille dame très discrète - pour faire oublier, peut-être, un passé trop flamboyant. Et aussi sa voisine, Nathalie, une citadine venue s’installer dans ce beau village pour y ouvrir un gîte alternatif et offrir des stages de pleine conscience.
Très vite cependant, la « Parisienne » tape sur les nerfs des habitants. Au point que quelqu'un finit par lui taper un bon coup sur la tête.

Mêlée malgré à elle à cette affaire qui met la gendarmerie sur les dents, Violette va devoir, à ses risques et périls, prendre l’enquête en main…


Mon avis :


Mouy-sur-Loire, petit village paisible, où le curé rassemble ses ouailles en mode échange marchandises ! Voilà où Nathalie a décidé de s'installer.

Une maison a retapé des questions plein la tête pour accueillir ses futurs hôtes "aux petits oignons" avec les produits locaux. L'ennui c'est que Nathalie pose des tas de questions "Est-ce que les croissants sont maison ?", Est-ce que le miel est lavande à huit cents kilomètres du premier champ de lavande. Cela en exaspère plus d'un, enfin... au moins UN, celui qui décide de l'occire.

Trop de questions tuent la question ou la questionneuse ! L'auteure nous raconte avec humour les déboires de Nathalie qui pourtant n'hésite pas à faire vivre les artisans du cru.

Mais qui peut avoir si sournoisement commis ce crime et ceux qui vont suivre ? C'est la question que se pose la discrète Violette Laguille...

Enfin discrète aujourd'hui, tout le monde n'emménage pas en pleine nuit dans un petit village bucolique et sans histoire de Touraine. Violette Laguille, fluette mamie, pas sans ressources face au destin.

La plume d'Elisabeth Segard nous égare au coeur des luttes de pouvoir, des besoins de s'affirmer des uns et des autres dans ce village administré de main de maître par une Mairesse au caractère affirmé.

Comme Agathe Raisin, Violette rêvait d'une retraite tranquille au milieu de ses souvenirs chéris mais lorsque les meurtres se multiplient, elle ne fuit pas devant l'adversité. Elle n'est pas si fragile qu'on croit, on arrête son tant attendu plombier, elle va prouver son innocence ou du moins tout faire pour y parvenir...

Un roman plein de surprises, d'humour, pour une enquête sérieuse qui vous capte dès le premier chapitre. Une jolie plume qui vous chatouille les neurones avec les odeurs du marché et vous questionne "à qui profite le crime" ?

J'espère que la sémillante Violette vivra des aventures aussi rocambolesques que dans son glorieux passé. Un joli moment de détente et de lecture.



mercredi 23 septembre 2020

Le chien de Schrödinger


Auteur : Martin Dumont

Aux Editions Delcourt Littérature - 160 Pages


Le monde de Jean, c’est Pierre, le fils qu’il a élevé seul. Depuis presque vingt ans, il maraude chaque nuit à bord de son taxi, pour ne pas perdre une miette de son fils. Il lui a aussi transmis son goût pour la plongée, ces moments magiques où ensemble ils descendent se fondre dans les nuances du monde, où la pression disparaît et le cœur s’efface. Mais depuis quelque temps, Pierre est fatigué. Trop fatigué. Il a beau passer son temps à le regarder, Jean n’a pas vu les signes avant-coureurs de la maladie. Alors de l’imagination, il va lui en falloir pour être à la hauteur, et inventer la vie que son fils n’aura pas le temps de vivre. Quand la vérité s’embrouille, il faut parfois choisir sa réalité. Un premier roman pudique et poignant, le roman de l’amour fou d’un père pour son fils.


Mon avis :


Jean n'a pas choisi son métier par hasard. Le jour où il a posé son fils Pierre sur le capot de son taxi, il a été le plus heureux des hommes.

Il allait pouvoir élever son fils. Le regarder grandir, l'emmener en Bretagne, lui apprendre à respirer les embruns, à se glisser sous la surface. Lui faire découvrir comment calmer ses battements de coeur, être en pleine conscience vivant avec lui, durant ces moments suspendus. Transmettre.

Pierre à 20 ans. Les moments qu'ils partagent ensemble sont une parenthèse hors du temps, hors l'absence de Lucile et des questions qu'elle a laissées en suspens.

Martin Dumont nous offre une histoire d'amour en fusion, dans une course au temps effrénée, pour ne pas perdre une miette de ce qu'il reste à vivre, à partager. Un mensonge pour un sourire, un moment de bonheur pour être heureux encore, il choisit Jean. L'hôpital ne soigne plus, il accompagne.

La théorie de Schrödinger qu'elle s'applique au chat ou au chien soulève une question : peut-on choisir le moins de malheur, qui ne soustrait pourtant pas au chagrin, un coup de pouce pour vivre mieux la tragédie. La poésie de l'auteur, sa description si juste de l'amour nu, absolu, déchirant d'émotions d'un père pour son fils, qui ne peut que regarder la maladie manger inexorablement la vie du trop jeune Pierre. 

Ce roman est bouleversant tout simplement.






dimanche 6 septembre 2020

BATTLING LE TENEBREUX

BATTLING LE TENEBREUX
Auteur : Alexandre Vialatte
Aux Editions Gallimard _ 188 pages

"Battling, Battling, nous n'irons plus à Mexico nous laisser prendre à leurs promesses. Nous ne prêterons plus l'orielle aux conseils du ciel de cinq heures, ni aux voix du vent dans le préau. Nous n'agiterons plus sur les murs du parloir l'ombre emphatique de nos petites pélerines. Tu n'invectiveras plsu jamais Victor Hugo dans la cour qui sent le tilleul, à l'heure où les chats irrités font le gros dos sur la pleine lune"



Mon avis :


Alexandre Vialatte a écrit ce roman en 1928. Pourtant, l'exaltation et la révolte adolescente des trois jeunes amis restent très actuelles. Ce roman ne se lit pourtant pas si facilement, le style fait de phrases complexes, le vocabulaire recherché de l'auteur, requiert toute votre attention.

L'adolescence n'est elle pas la période où l'on est en conflit avec ses émotions, où l'on se construit en révolte contre sa famille, la société ? L'auteur fait transpirer ce mal-être entre les amis de toujours. Que faire contre l'état amoureux ? Doit-on le combattre au nom de l'amitié ? Fernand Larache et Manuel Feracci ont deux caractères bien différents mais le même élan pour Erna, l'Allemande.

Quelle est cette femme, exotique, artiste qui insuffle ce sentiment à deux jeunes gens qui s'enflamme pour elle ?

Une histoire d'un autre temps, c'est certain, critique à peine voilée d'une micro-société provinciale en filigrane de la vie de quelques jeunes gens. 
Classique car intemporelle, seuls les mots indiquent que l'époque est éloignée d'un peu plus de 90 ans. La vision d'Alexandre Vialatte de la jeunesse est plutôt mélancolique, triste. 

Il aurait pu s'agir de trois adolescents unis par une franche camaraderie, de celle que l'on conserve avec des sourires émus toute une vie, au sortir d'une guerre moderne aujourd'hui, plutôt qu'à cet enchainement d'évènements qui conduisent à une issue tragique..


Je ne me suis pas attachée aux personnages, mais plutôt à la découverte de la vision de l'auteur de son époque.




                                                            Participante aux "68 Premières fois"




jeudi 3 septembre 2020

ANTONIA : JOURNAL 1965-1966

ANTONIA : JOURNAL 1965-1966
Auteure ; Gabriella Zalapi
Aux éditions ZOE

Issue de grandes dynasties viennoises et anglaises au cosmopolitisme vertigineux, Antonia est mariée à un nanti de Palerme. Soumise et contrainte à l'oisiveté, mais lucide, elle rend compte dans son journal de ses journées-lignes et du profond malaise qu'elle éprouve. Suite au décès de sa grand-mère, Antonia reçoit quantité de boîtes contenants lettres, carnets et photographies. 

En dépouillant ces archives, elle reconstruit le puzzle du passé familial et de son identité intime, puisant dans cette quête, deux ans durant, la force nécessaire pour échapper à sa condition.Roman d'une émancipation féminine dans les années 1960, Antonia est rythmé de photographies tirées des archives familiales de Gabriella Zalapì.

Comme chez Sebald, elles amplifient la puissante capacité d'évocation du texte.Gabriella Zalapì est artiste plasticienne, d'origines anglaise, italienne et suisse. Née à Milan, elle a également vécu à Genève et New York. Aujourd'hui elle habite et travaille à Paris. Antonia est son premier roman.


Mon avis :


Années 60, Antonia est mariée à Franco. Bourgeoise oisive, elle laisse la nurse la priver de son fils Arturo. La honte de ne pas se battre pour honorer une toute petite promesse : je t'emmènerai à l'école la paralyse, tout la plonge dans une atmosphère ouatée, sans saveur... Son mari lui reproche avec condescendance d'être trop gentille avec le personnel.

Elle s'ennuie. Se laisse porter par une langueur angoissée, son mariage n'a plus de sens. Sa grand-mère décède, son mari s'occupe de la succession et lui fait livrer des cartons remplis de lettres, photos et carnets.

Elle apprend ce que les femmes de sa famille ont vécu. Les secrets. Alors jour après jour, Antonia s'extrait de sa torpeur en ouvrant frénétiquement les cartons. Elle pose les mots dans ce journal, raconte avec justesse la lente sortie de l'abattement pour reprendre sa vie en mains.

"On serait tenté de dire "ce ne sont que des mots", mais au moment important de l'histoire, les mots sont des actes" Clément Attlee.

C'est ainsi que les mots qu'elle lit, la porte, lui insufflent le courage de se battre pour changer sa condition de femme malgré la violence de la société.

Difficile, tant elle est détachée, d'être touchée par cette femme qui pourtant est touchante, enfermée dans la condition que son époque a voulue pour elle. Une femme tout simplement bridée par les conventions qui choisit la Liberté,
quelle que soit l'époque, est toujours une héroïne dont il faut connaître l'histoire.



Participante aux "68 Premières fois"


dimanche 30 août 2020

COMME UN ENCHANTEMENT

COMME UN ENCHANTEMENT
Auteure Nathalie Hug
Aux Editions Calmann-Levy


Eddie, 35 ans, vit seule à Montmartre, dans un minuscule appartement où il lui faut grimper sur une chaise pour tenter d’admirer le dôme du Sacré Coeur Orpheline à seize ans, elle s’est construit une vie de détachement et d’invisibilité, pour tenir le malheur (et le bonheur) à distance.
Un jour, un notaire au charmant profil d’aigle ébouriffé, lui annonce qu’elle est l’unique légataire d’un très vieil italien et l’héritière d’une ferme en ruines dans la région de Parme, en Emilie Romagne.

Alors qu’elle n’y a jamais songé, Eddie ressent soudain l’envie de fuir Paris, sa vie monotone, de découvrir ses racines. Et coup de tête ou coup de poker pour séduire le charmant notaire, elle décide de s’envoler pour l’Italie. En partant à la découverte de ce mystérieux héritage et en plongeant dans cette merveilleuse région italienne, elle n’imagine pas combien le cours de son existence va se trouver chamboulé.

Dans les paysages magiques de l’Emilie Romagne, un roman lumineux et réjouissant sur la réinvention d’une vie et la puissance de l’amour


Mon avis :


Éddie, est installée à Montmartre dans un minuscule appartement avec vue sur le Sacré Coeur. Quelle chance : enfin si l'on excepte le fait qu'il faille monter sur une chaise pour en apercevoir le dôme. Elle est traductrice, ne sort que pour l'alimentaire, les jours s'écoulent sans qu'elle ne voie la différence des uns avec les autres.

Sauf, qu'un jour, un charmant notaire l'informe qu'elle est l'héritière d'un bien en italie. Héritage d'un vieil italien. La voilà doté d'un vieil oncle dans son arbre généalogique. Orpheline à 16 ans, Eddie a dirigé toute sa colère vers ses parents trop vite partis. 

Alors, ce vieil oncle Giuseppe Giangrandi, artisan chausseur, va lui livrer une part de son histoire, de son amour fou pour une femme promise à un autre...

Ce roman est parfaitement titré, l'écriture, les décors, les personnages, tout est fait pour vous enchanter, vous bloquer les zygomatiques en position haute. Invraisemblances vous trouverez certainement, dans votre voyage en Emilie-Romagne, mais l'amour frappera aux portes les plus sécurisées sans que vous contestiez cette part de fleur bleue qui nous habite sans qu'on y prenne garde.

L'atmosphère de ce roman nous offre une parenthèse enchantée sous le ciel d'Italie, comme une guimauve grillée au coin du feu, croustillante dessus, fondante et sucrée à souhait à l'intérieur.

Un moment coloré comme la couverture de l'ouvrage, tendre et acidulé. Que l'on a plaisir à décrocher du quotidien accompagné de la belle plume de l'auteure !





samedi 29 août 2020

CIAO BELLA

CIAO BELLA
Auteure : Serena GIULIANO
Aux éditions Pocket

Anna a peur – de la foule, du bruit, de rouler sur l’autoroute, ou encore des pommes de terre qui ont germé… Et elle est enceinte de son deuxième enfant. Pour affronter cette nouvelle grossesse, elle décide d’aller voir une psy.
Au fil des séances, Anna livre avec beaucoup d’humour des morceaux de vie. L’occasion aussi, pour elle, de replonger dans le pays de son enfance, l’Italie, auquel elle a été arrachée petite ainsi qu’à sa nonna chérie.


C’est toute son histoire familiale qui se réécrit alors sous nos yeux…

À quel point l’enfance détermine-t-elle une vie d’adulte ? Peut-on pardonner l’impardonnable ? Comment dépasser ses peurs pour avancer vers un avenir meilleur ?

Attention, la lecture de Ciao Bella pourrait avoir des conséquences irréversibles : parler avec les mains, écouter avec le cœur, rire de tout (et surtout de soi), ou devenir accro aux pasta al dente.



Mon avis :


Anna, c'est une dose de Lemon Sherbet Fizz ! Acidulée dans ses réparties, consolée par la douceur du sorbet et picotée par le Prosecco, pétillante de vie. Anna est enceinte de son deuxième enfant, cela la mène chez une psy !

Elisabeth, sa psy, comprend vite que cette Maman survitaminée n'est pas seulement hypocondriaque, flippée, débordante de vitalité. Elle a besoin de parler, d'être entendue, rassurée.

Comme toujours derrière l'humour se cachent les failles, pour Anna c'est San-andréas, longue et profonde.

266 pages à avoir envie de la bousculer, à sourire de ses réparties, à découvrir ses amies de toujours, son passé. Anna donne envie d'appeler les copines, de faire un apéro même virtuel pour combler la distance...

Anna est tendre, joyeusement déjantée mais elle va affronter ses peurs. On l'admire pour son dépassement de soi, sa résilience. L'auteur nous dépeint une femme de son temps, fragile et solide à la fois avec tendresse et humour.

Un joli moment de lecture.




LES OUBLIES DU DIMANCHE

LES OUBLIES DU DIMANCHE
Auteure : Valérie Perrin
Aux éditions Le Livre de Poche

Faute de connaître son histoire, Justine, vingt et un ans, se passionne pour celle d'Hélène, pensionnaire, presque centenaire, de la maison de retraite où la jeune femme est aide-soignante. Sa vie est un roman : Sa rencontre avec Lucien en 1933, leur amour, la guerre, le juif Simon planqué dans la cave, la trahison, la Gestapo, la déportation...

Justine extorque peu à peu à la vieille dame de lourds secrets et finit par affronter ceux de sa propre famille.


Mon avis : 

Comme pour "Changer l'eau des fleurs" Valérie Perrin nous plonge au coeur d'une histoire d'amour et d'amitié cette fois intergénérationnelle.

L'histoire d'une quête parallèle de deux femmes l'une âgée Hélène, résidente aux Acacias, réfugiée sur une plage merveilleuse qu'elle conte à petits pas à Justine. Justine qui partage des moments d'intimité avec le même homme "Je ne me rappelle plus comment", refusant absolument de se rappeler son prénom, de partager autre chose avec lui que ces moments d'intimité qui lui donnent l'impression d'exister sans contrainte. L'auteure aborde des sujets sérieux sans pathos ni mièvrerie, tous les personnages sont incarnés et touchants.

Elle nous accroche un sourire tendre au visage tandis qu'une larme y perle sans qu'on y prenne garde. Le talent de Valérie Perrin : aimer les gens qu'on voit tous les jours sans y prêter attention. Les oubliés du dimanche nous parle d'humanité, de solitude, d'amour, d'amitié, de tendresse et de secrets souvent douloureux.

Des mouettes, que plus jamais, je ne regarderai comme avant cette lecture.

Ce roman n'est pas un simple roman "feel good", il pose sans façon, doucement tellement de questions et d'émotions sur le bord du coeur qu'il mérite bien plus que cette appellation qui invite à s'installer confortablement dans une histoire sensible et douce amère. C'est effectivement un roman qui fait un bien fou, à savourer sans précipitations jusqu'au dénouement trop rapidement atteint.

J'attends le prochain roman de Valérie Perrin avec impatience !




DIX PETITES POUPEES

DIX PETITES POUPEES
Auteure : B.A PARIS
Aux Editions Le Livre de Poche

La disparition
Layla a disparu il y a douze ans, en pleine nuit, alors qu’elle rentrait de vacances en France avec son petit ami, Finn. On ne l’a jamais revue depuis.

Les soupçons
Lorsque les policiers l’ont interrogé, Finn leur a raconté la vérité sur cette nuit-là. Mais pas toute la vérité. Pas un mot, par exemple, sur la dispute violente qui les a opposés juste avant la disparition de Layla. 

La peur

Finn a refait sa vie. Avec la sœur de Layla. Jusqu’au jour où le passé ressurgit. Quelqu’un croit apercevoir Layla. Et pourquoi les petites poupées russes de son enfance font-elles soudain leur apparition ?



Mon avis :


B.A. Paris confirme son talent pour le thriller psychologie. Le triangle amoureux est un grand classique de la littérature mais quand douze ans ont passé depuis la disparition de la fiancée, que penser ? Peut-on refaire sa vie sereinement après un drame pareil car Finn continue de s'interroger : Layla pourrait-elle être en vie ? 

Helen s'est installée dans la vie de Finn, elle est l'antithèse de Layla, cela lui convient parfaitement. Sophistiquée, elle est à l'aise en société. Aime son travail d'illustratrice qu'elle exerce à la maison. 

Finn et Helen sont heureux, d'un bonheur tranquille sans passion débordante, sans violence dans leur rapport, tout est douceur et volupté jusqu'au jour où les bans de leur mariage sont publiés.

L'auteure nous embarque dans une tension qui monte crescendo, nous bouscule au gré de l'arrivée des petites matriochkas... qui les déposent ? Qui connaît leur histoire, Harry l'ami de toujours ou l'ex petite amie éconduite en faveur d'Helen ?  Pourquoi Layla ne s'est-elle pas manifestée durant ces douze ans ? Qu'est-il arrivé en France ? A-t-elle réellement put revenir en Angleterre ? 

Toutes ces questions s'imposent au gré des chapitres, des réponses s'esquissent, nous plongent dans la plus totale perplexité. L'histoire pourrait sembler "facile" mais les allers-retours dans le passé des personnages embrument encore le récit. L'auteure depuis "derrière les portes" a développé un sens de la narration machiavélique qui lui permet de brouiller la piste de Layla et ballote le lecteur au gré des avancées de l'histoire fluide et efficace.

Difficile de poser le roman avant le dénouement. C'est le grand talent de B.A. Paris nous plonger dans une tempête de sentiments contrastés, nous laisser croire que la solution est trouvée, c'est si simple. Mais le pourquoi ? L'aurez-vous découvert ? Je n'y suis pas parvenue bien que les indices et le doute aient été semés au gré des pages, le pourquoi ne m'est apparu que dans les toutes dernières lignes. 

Un excellent moment de lecture.