vendredi 23 octobre 2020

UN LOUP QUELQUE PART

 

UN LOUP QUELQUE PART

Auteure Amélie Cordonnier

Aux Editions Flammarion

« Paupières closes coupées au canif, lèvres parfaitement dessinées, l’air imperturbable. Royal même. Au début, elle a cru qu’il lui plaisait, ce petit. Seulement voilà, cinq mois plus tard, elle a changé d’avis. Ça arrive à tout le monde, non ? Elle voudrait le rapporter à la maternité. Qui n’a pas un jour rendu ou renvoyé la chemise, le pantalon, le pull, la ceinture ou les chaussures qu’il venait d’acheter ? »

Que fait cette tache, noire, dans le cou de son bébé ? On dirait qu’elle s’étend, pieds, mains, bras, visage. Mais pourquoi sa peau se met-elle à foncer ? Ce deuxième enfant ne ressemble pas du tout à celui qu’elle attendait. Aucun doute, il y a un loup quelque part.

Avec une écriture aussi moderne qu’acérée, Amélie Cordonnier met en scène une femme paniquée de ne pas réussir à aimer son enfant et dont l’affolement devient de plus en plus inquiétant.


Mon avis :


Amélie Cordonnier a un vrai talent pour parler avec justesse de la vie des femmes bousculées par la vie, de leur fragilité et de leur force.

Une fois de plus, nous voilà plongés dans la tête de cette femme, déjà mère, qui n'aspirait qu'à vivre une vie tranquille, sans difficultés majeures, en apparence.

C'est ainsi que lorsque après avoir accueilli Esther, huit ans plus tôt, elle comprend qu'elle est de nouveau enceinte, sans se réjouir. Vincent est tellement content lui, qu'elle n'a pas le coeur de mettre fin à sa grossesse.

Tout s'est si bien passé la première fois.  Seulement voilà, quelques jours après sa naissance, ce bébé joufflu se met à l'inquiéter. Que se passe-t-il avec Alban, d'où vient cette tâche ?

"Qu'il soit un démon, qu'il soit noir ou blanc, Malheur à celui qui blesse un enfant"

Le loup est lâché dans la bergerie. Est-elle victime ou bourreau, les deux peut-être ? Difficile pour le lecteur de rester insensible à ce qu'elle vit. L'amour maternel est-il inné ou instruit par la famille qui nous a chéris ? 

Amélie Cordonnier nous offre un roman descriptif avec peu de dialogues dans lequel perce l'angoisse, l'urgence, la folie contrôlée de cette mère qui découvre sa propre histoire avec cette naissance.

L'auteure, une fois de plus, bouscule les idées reçues, la société et ses certitudes, avec un roman percutant qui restera en mémoire.





mardi 13 octobre 2020

LES COEURS IMPARFAITS

LES COEURS IMPARFAITS

Auteure Gaëlle Pingault

Aux Editions Roman Eyrolles

Barbara, la cinquantaine est sommée de prendre en charge sa mère frappée de sénilité. Elle refuse, ayant peu d'affection pour cette mère qui ne l'a jamais aimée ; elle veut pouvoir vivre sa vie d'universitaire extravagante et libre. Cependant, la nouvelle la touche plus qu'elle n'est prête à le dire, modifiant sa relation à ses amants, à ses étudiants, et même à la lecture, son plus grand plaisir.

Dans le mêm temps, Charles Bodier, médecin fantasque et désabusé de l'EHPAD où est hospitalisée la mère de Barbara, refuse de baisser les bras face à son apparente froideur : il la poursuit de messages décalés, jusqu'à établir le contact. Barbara va découvrir le secret de cette mère distante, et Charles finir par s'avouer la souffrance qui se cache derrière son excentricité.

A l'image de Lise, aide-soignante humaine et dévouée, ils vont ainsi apprendre tous les deux que le soin de soi passe par le soin de l'autre, et réciproquement.


Mon avis :

"Il est où le Bonheur, il est où" Voilà en substance la question que l'on se pose en présence de Charles, Barbara, Rose.

Ces trois personnages tout au long du roman de Gaëlle Pingault déroutent par leur incapacité à comprendre ce qu'ils ont fait de leur vie, à l'heure où l'on se pose la question.

Évidemment, le lieu de leur rencontre n'est pas non plus le siège du Bonheur de manière générale. Entre coupes budgétaires et douleurs variées des corps vieillissant pas de quoi se réjouir. Quand, de plus, vous n'avez pas une affection débordante pour la sénior qui y réside, cela n'aide pas non plus.

Charles a bien tenté une approche singulière pour faire entrer en communication Barbara et Rose mais le fardeau est bien trop lourd à porter pour les deux femmes.

Lise quant a elle "est précédée d'un parfum de gentillesse" qui l'empêche de comprendre ce qui désunit la mère et la fille. 

Un roman doux amer sur le temps qui passe, les choix ou non-choix qui s'imposent à nous. L'auteure décrit l'abnégation des soignants dans ces lieux de fins de vie, les personnages sont simplement humains, on les connaît. L'envie de les prendre dans les bras n'est jamais très loin.

Une plume sensible et juste pour raconter le vieillissement, la maladie mentale, les petites lâchetés du quotidien qui font prendre un chemin moins riant parfois que celui que l'on s'imaginait prendre. L'humain est imparfait mais son coeur peut le mener sur des chemins inattendus, sur le tard.






lundi 28 septembre 2020

UNE CERTAINE IDEE DU PARADIS

 

Une certaine idée du paradis

Auteure Elizabeth Segard

Aux Editions Calmann-Levy_270 pages

Chacun a son idée du paradis dans la charmante bourgade de Mouy-sur-Loire en Touraine.

Madame le maire, d’abord, qui se bat pour faire de sa commune un territoire attractif. L’abbé Marcel, qui parvient à remplir son église, quitte à user d’astuces peu orthodoxes. Violette Laguille, vieille dame très discrète - pour faire oublier, peut-être, un passé trop flamboyant. Et aussi sa voisine, Nathalie, une citadine venue s’installer dans ce beau village pour y ouvrir un gîte alternatif et offrir des stages de pleine conscience.
Très vite cependant, la « Parisienne » tape sur les nerfs des habitants. Au point que quelqu'un finit par lui taper un bon coup sur la tête.

Mêlée malgré à elle à cette affaire qui met la gendarmerie sur les dents, Violette va devoir, à ses risques et périls, prendre l’enquête en main…


Mon avis :


Mouy-sur-Loire, petit village paisible, où le curé rassemble ses ouailles en mode échange marchandises ! Voilà où Nathalie a décidé de s'installer.

Une maison a retapé des questions plein la tête pour accueillir ses futurs hôtes "aux petits oignons" avec les produits locaux. L'ennui c'est que Nathalie pose des tas de questions "Est-ce que les croissants sont maison ?", Est-ce que le miel est lavande à huit cents kilomètres du premier champ de lavande. Cela en exaspère plus d'un, enfin... au moins UN, celui qui décide de l'occire.

Trop de questions tuent la question ou la questionneuse ! L'auteure nous raconte avec humour les déboires de Nathalie qui pourtant n'hésite pas à faire vivre les artisans du cru.

Mais qui peut avoir si sournoisement commis ce crime et ceux qui vont suivre ? C'est la question que se pose la discrète Violette Laguille...

Enfin discrète aujourd'hui, tout le monde n'emménage pas en pleine nuit dans un petit village bucolique et sans histoire de Touraine. Violette Laguille, fluette mamie, pas sans ressources face au destin.

La plume d'Elisabeth Segard nous égare au coeur des luttes de pouvoir, des besoins de s'affirmer des uns et des autres dans ce village administré de main de maître par une Mairesse au caractère affirmé.

Comme Agathe Raisin, Violette rêvait d'une retraite tranquille au milieu de ses souvenirs chéris mais lorsque les meurtres se multiplient, elle ne fuit pas devant l'adversité. Elle n'est pas si fragile qu'on croit, on arrête son tant attendu plombier, elle va prouver son innocence ou du moins tout faire pour y parvenir...

Un roman plein de surprises, d'humour, pour une enquête sérieuse qui vous capte dès le premier chapitre. Une jolie plume qui vous chatouille les neurones avec les odeurs du marché et vous questionne "à qui profite le crime" ?

J'espère que la sémillante Violette vivra des aventures aussi rocambolesques que dans son glorieux passé. Un joli moment de détente et de lecture.



mercredi 23 septembre 2020

Le chien de Schrödinger


Auteur : Martin Dumont

Aux Editions Delcourt Littérature - 160 Pages


Le monde de Jean, c’est Pierre, le fils qu’il a élevé seul. Depuis presque vingt ans, il maraude chaque nuit à bord de son taxi, pour ne pas perdre une miette de son fils. Il lui a aussi transmis son goût pour la plongée, ces moments magiques où ensemble ils descendent se fondre dans les nuances du monde, où la pression disparaît et le cœur s’efface. Mais depuis quelque temps, Pierre est fatigué. Trop fatigué. Il a beau passer son temps à le regarder, Jean n’a pas vu les signes avant-coureurs de la maladie. Alors de l’imagination, il va lui en falloir pour être à la hauteur, et inventer la vie que son fils n’aura pas le temps de vivre. Quand la vérité s’embrouille, il faut parfois choisir sa réalité. Un premier roman pudique et poignant, le roman de l’amour fou d’un père pour son fils.


Mon avis :


Jean n'a pas choisi son métier par hasard. Le jour où il a posé son fils Pierre sur le capot de son taxi, il a été le plus heureux des hommes.

Il allait pouvoir élever son fils. Le regarder grandir, l'emmener en Bretagne, lui apprendre à respirer les embruns, à se glisser sous la surface. Lui faire découvrir comment calmer ses battements de coeur, être en pleine conscience vivant avec lui, durant ces moments suspendus. Transmettre.

Pierre à 20 ans. Les moments qu'ils partagent ensemble sont une parenthèse hors du temps, hors l'absence de Lucile et des questions qu'elle a laissées en suspens.

Martin Dumont nous offre une histoire d'amour en fusion, dans une course au temps effrénée, pour ne pas perdre une miette de ce qu'il reste à vivre, à partager. Un mensonge pour un sourire, un moment de bonheur pour être heureux encore, il choisit Jean. L'hôpital ne soigne plus, il accompagne.

La théorie de Schrödinger qu'elle s'applique au chat ou au chien soulève une question : peut-on choisir le moins de malheur, qui ne soustrait pourtant pas au chagrin, un coup de pouce pour vivre mieux la tragédie. La poésie de l'auteur, sa description si juste de l'amour nu, absolu, déchirant d'émotions d'un père pour son fils, qui ne peut que regarder la maladie manger inexorablement la vie du trop jeune Pierre. 

Ce roman est bouleversant tout simplement.






dimanche 6 septembre 2020

BATTLING LE TENEBREUX

BATTLING LE TENEBREUX
Auteur : Alexandre Vialatte
Aux Editions Gallimard _ 188 pages

"Battling, Battling, nous n'irons plus à Mexico nous laisser prendre à leurs promesses. Nous ne prêterons plus l'orielle aux conseils du ciel de cinq heures, ni aux voix du vent dans le préau. Nous n'agiterons plus sur les murs du parloir l'ombre emphatique de nos petites pélerines. Tu n'invectiveras plsu jamais Victor Hugo dans la cour qui sent le tilleul, à l'heure où les chats irrités font le gros dos sur la pleine lune"



Mon avis :


Alexandre Vialatte a écrit ce roman en 1928. Pourtant, l'exaltation et la révolte adolescente des trois jeunes amis restent très actuelles. Ce roman ne se lit pourtant pas si facilement, le style fait de phrases complexes, le vocabulaire recherché de l'auteur, requiert toute votre attention.

L'adolescence n'est elle pas la période où l'on est en conflit avec ses émotions, où l'on se construit en révolte contre sa famille, la société ? L'auteur fait transpirer ce mal-être entre les amis de toujours. Que faire contre l'état amoureux ? Doit-on le combattre au nom de l'amitié ? Fernand Larache et Manuel Feracci ont deux caractères bien différents mais le même élan pour Erna, l'Allemande.

Quelle est cette femme, exotique, artiste qui insuffle ce sentiment à deux jeunes gens qui s'enflamme pour elle ?

Une histoire d'un autre temps, c'est certain, critique à peine voilée d'une micro-société provinciale en filigrane de la vie de quelques jeunes gens. 
Classique car intemporelle, seuls les mots indiquent que l'époque est éloignée d'un peu plus de 90 ans. La vision d'Alexandre Vialatte de la jeunesse est plutôt mélancolique, triste. 

Il aurait pu s'agir de trois adolescents unis par une franche camaraderie, de celle que l'on conserve avec des sourires émus toute une vie, au sortir d'une guerre moderne aujourd'hui, plutôt qu'à cet enchainement d'évènements qui conduisent à une issue tragique..


Je ne me suis pas attachée aux personnages, mais plutôt à la découverte de la vision de l'auteur de son époque.




                                                            Participante aux "68 Premières fois"




jeudi 3 septembre 2020

ANTONIA : JOURNAL 1965-1966

ANTONIA : JOURNAL 1965-1966
Auteure ; Gabriella Zalapi
Aux éditions ZOE

Issue de grandes dynasties viennoises et anglaises au cosmopolitisme vertigineux, Antonia est mariée à un nanti de Palerme. Soumise et contrainte à l'oisiveté, mais lucide, elle rend compte dans son journal de ses journées-lignes et du profond malaise qu'elle éprouve. Suite au décès de sa grand-mère, Antonia reçoit quantité de boîtes contenants lettres, carnets et photographies. 

En dépouillant ces archives, elle reconstruit le puzzle du passé familial et de son identité intime, puisant dans cette quête, deux ans durant, la force nécessaire pour échapper à sa condition.Roman d'une émancipation féminine dans les années 1960, Antonia est rythmé de photographies tirées des archives familiales de Gabriella Zalapì.

Comme chez Sebald, elles amplifient la puissante capacité d'évocation du texte.Gabriella Zalapì est artiste plasticienne, d'origines anglaise, italienne et suisse. Née à Milan, elle a également vécu à Genève et New York. Aujourd'hui elle habite et travaille à Paris. Antonia est son premier roman.


Mon avis :


Années 60, Antonia est mariée à Franco. Bourgeoise oisive, elle laisse la nurse la priver de son fils Arturo. La honte de ne pas se battre pour honorer une toute petite promesse : je t'emmènerai à l'école la paralyse, tout la plonge dans une atmosphère ouatée, sans saveur... Son mari lui reproche avec condescendance d'être trop gentille avec le personnel.

Elle s'ennuie. Se laisse porter par une langueur angoissée, son mariage n'a plus de sens. Sa grand-mère décède, son mari s'occupe de la succession et lui fait livrer des cartons remplis de lettres, photos et carnets.

Elle apprend ce que les femmes de sa famille ont vécu. Les secrets. Alors jour après jour, Antonia s'extrait de sa torpeur en ouvrant frénétiquement les cartons. Elle pose les mots dans ce journal, raconte avec justesse la lente sortie de l'abattement pour reprendre sa vie en mains.

"On serait tenté de dire "ce ne sont que des mots", mais au moment important de l'histoire, les mots sont des actes" Clément Attlee.

C'est ainsi que les mots qu'elle lit, la porte, lui insufflent le courage de se battre pour changer sa condition de femme malgré la violence de la société.

Difficile, tant elle est détachée, d'être touchée par cette femme qui pourtant est touchante, enfermée dans la condition que son époque a voulue pour elle. Une femme tout simplement bridée par les conventions qui choisit la Liberté,
quelle que soit l'époque, est toujours une héroïne dont il faut connaître l'histoire.



Participante aux "68 Premières fois"


dimanche 30 août 2020

COMME UN ENCHANTEMENT

COMME UN ENCHANTEMENT
Auteure Nathalie Hug
Aux Editions Calmann-Levy


Eddie, 35 ans, vit seule à Montmartre, dans un minuscule appartement où il lui faut grimper sur une chaise pour tenter d’admirer le dôme du Sacré Coeur Orpheline à seize ans, elle s’est construit une vie de détachement et d’invisibilité, pour tenir le malheur (et le bonheur) à distance.
Un jour, un notaire au charmant profil d’aigle ébouriffé, lui annonce qu’elle est l’unique légataire d’un très vieil italien et l’héritière d’une ferme en ruines dans la région de Parme, en Emilie Romagne.

Alors qu’elle n’y a jamais songé, Eddie ressent soudain l’envie de fuir Paris, sa vie monotone, de découvrir ses racines. Et coup de tête ou coup de poker pour séduire le charmant notaire, elle décide de s’envoler pour l’Italie. En partant à la découverte de ce mystérieux héritage et en plongeant dans cette merveilleuse région italienne, elle n’imagine pas combien le cours de son existence va se trouver chamboulé.

Dans les paysages magiques de l’Emilie Romagne, un roman lumineux et réjouissant sur la réinvention d’une vie et la puissance de l’amour


Mon avis :


Éddie, est installée à Montmartre dans un minuscule appartement avec vue sur le Sacré Coeur. Quelle chance : enfin si l'on excepte le fait qu'il faille monter sur une chaise pour en apercevoir le dôme. Elle est traductrice, ne sort que pour l'alimentaire, les jours s'écoulent sans qu'elle ne voie la différence des uns avec les autres.

Sauf, qu'un jour, un charmant notaire l'informe qu'elle est l'héritière d'un bien en italie. Héritage d'un vieil italien. La voilà doté d'un vieil oncle dans son arbre généalogique. Orpheline à 16 ans, Eddie a dirigé toute sa colère vers ses parents trop vite partis. 

Alors, ce vieil oncle Giuseppe Giangrandi, artisan chausseur, va lui livrer une part de son histoire, de son amour fou pour une femme promise à un autre...

Ce roman est parfaitement titré, l'écriture, les décors, les personnages, tout est fait pour vous enchanter, vous bloquer les zygomatiques en position haute. Invraisemblances vous trouverez certainement, dans votre voyage en Emilie-Romagne, mais l'amour frappera aux portes les plus sécurisées sans que vous contestiez cette part de fleur bleue qui nous habite sans qu'on y prenne garde.

L'atmosphère de ce roman nous offre une parenthèse enchantée sous le ciel d'Italie, comme une guimauve grillée au coin du feu, croustillante dessus, fondante et sucrée à souhait à l'intérieur.

Un moment coloré comme la couverture de l'ouvrage, tendre et acidulé. Que l'on a plaisir à décrocher du quotidien accompagné de la belle plume de l'auteure !





samedi 29 août 2020

CIAO BELLA

CIAO BELLA
Auteure : Serena GIULIANO
Aux éditions Pocket

Anna a peur – de la foule, du bruit, de rouler sur l’autoroute, ou encore des pommes de terre qui ont germé… Et elle est enceinte de son deuxième enfant. Pour affronter cette nouvelle grossesse, elle décide d’aller voir une psy.
Au fil des séances, Anna livre avec beaucoup d’humour des morceaux de vie. L’occasion aussi, pour elle, de replonger dans le pays de son enfance, l’Italie, auquel elle a été arrachée petite ainsi qu’à sa nonna chérie.


C’est toute son histoire familiale qui se réécrit alors sous nos yeux…

À quel point l’enfance détermine-t-elle une vie d’adulte ? Peut-on pardonner l’impardonnable ? Comment dépasser ses peurs pour avancer vers un avenir meilleur ?

Attention, la lecture de Ciao Bella pourrait avoir des conséquences irréversibles : parler avec les mains, écouter avec le cœur, rire de tout (et surtout de soi), ou devenir accro aux pasta al dente.



Mon avis :


Anna, c'est une dose de Lemon Sherbet Fizz ! Acidulée dans ses réparties, consolée par la douceur du sorbet et picotée par le Prosecco, pétillante de vie. Anna est enceinte de son deuxième enfant, cela la mène chez une psy !

Elisabeth, sa psy, comprend vite que cette Maman survitaminée n'est pas seulement hypocondriaque, flippée, débordante de vitalité. Elle a besoin de parler, d'être entendue, rassurée.

Comme toujours derrière l'humour se cachent les failles, pour Anna c'est San-andréas, longue et profonde.

266 pages à avoir envie de la bousculer, à sourire de ses réparties, à découvrir ses amies de toujours, son passé. Anna donne envie d'appeler les copines, de faire un apéro même virtuel pour combler la distance...

Anna est tendre, joyeusement déjantée mais elle va affronter ses peurs. On l'admire pour son dépassement de soi, sa résilience. L'auteur nous dépeint une femme de son temps, fragile et solide à la fois avec tendresse et humour.

Un joli moment de lecture.