jeudi 22 décembre 2022

LE CHANT DES REINES - Sarah Bell


 LE CHANT DES REINES

Autrice Sarah Bell

Aux Editions Calmann-Levy

En Bretagne, le combat d’une femme en quête de renaissance Fanny se consacre corps et âme à la petite ferme apicole qu’elle a reprise dans les environs de Rennes. Entre agriculteurs et néo-ruraux, sa vie pourrait être douce dans ce coin champêtre et convivial si elle ne restait hantée par la disparition de son fils adolescent après le naufrage de son couple.
Alors qu’elle tente de composer avec cette perte insurmontable, Fanny est rattrapée par l’ombre d’un secret…


Mon avis : 

Ce roman, prix Jeune Talent Jeannine Balland, est ancré dans une Bretagne rurale où Fanny fait le deuil de son métier d’infirmière après la disparition de son fils Diego.

De l’île d’Ouessant aux environs de Rennes, la description d’une Bretagne sauvage, campagnarde, méfiante à l’arrivée des néo-ruraux, accompagne l’histoire de cette femme résiliente face aux drames qui l’ont percuté.

Un hymne à la sororité avec ces femmes d'Ouessant, à l'écoute attentive de la mélancolie de cette femme venue d'ailleurs en recherche de solitude pour se retrouver.

Sarah Bell offre le portrait délicat d’une femme meurtrie qui s’ouvre une nouvelle voie au cœur d’une ferme apicole. Son passé se dévoile à Suzanne, amie et confidente. Sa passion d’un métier du vivant l’oblige à s’investir totalement chaque jour pour la production de miel et de reines des abeilles.

La plume de l’auteure est délicate, sensible, empreinte d’authenticité, pour nous parler de sujets graves sans artifices. Éprise de liberté, Fanny nous embarque jusqu’à l’épilogue dans le torrent d’émotions qui l’habitent.

samedi 22 octobre 2022

CREDIT ILLIMITE _ NICOLAS REY

 CREDIT ILLIMITE

Auteur : Nicolas REY

Editeur : Au Diable Vauvert

Diego Lambert n’a plus le choix. Il doit licencier quinze salariés de l’usine de son père s’il ne veut pas finir sur la paille. Mais rien ne va se dérouler comme prévu, jusqu’à l’irréparable.

Dans cette fiction d’une ironie féroce et d’une beauté nouvelle, Nicolas Rey invente le crime parfait !









Mon avis :


Diego Lambert est un adulescent de 49 ans, fauché, endetté jusqu'au cou alors, après avoir usé de toutes les stratégies pour vivre sans travailler, le voici face à son père.


Antonia Lambert lui propose un deal : d'accord pour lui remettre 50 000 euros à la condition qu'il prenne la place d'une DRH en dépression pour faire le sale boulot : virer 15 personnes d'une entreprise du nord de la France dans le giron du groupe créé par son père.


Diego est un dilettante, charmeur, menteur un brin fainéant, sauf pour faire cogiter son cerveau à trouver des subterfuges pour vivre sans travailler. Il n'est pourtant pas l'être totalement amoral que l'on pourrait imaginer. Non. Contraint, il accepte pour l'argent de relever le défi de rencontrer personnellement la quinzaine de salariés désignés pour l'aller simple au chômage. Il va prendre le temps de les écouter, de tenter de comprendre pourquoi il doit les sacrifier. 


Une galerie de personnages touchants, parfois pathétiques que Diego va apprendre à connaître. Un couple fusionnel, un homme que seul le travail fait se lever le matin pour voir les copains, un sale type qui bat sa femme... Tous ont construit une part de l'histoire de l'entreprise pas en si mauvaise posture que cela. Pourquoi dans ce cas sacrifier ces salariés loyaux pour la plupart ?


Diego est un amoureux contrarié. La femme qui occupe toutes ses pensées est sa thérapeute. Il ne peut donc pas se déclarer, d'abord pour cette raison ensuite parce que l'élue de son coeur est mariée. Pourtant il va lui écrire la plus belle déclaration qui soit : "Parce que la vérité, Anne, c'est que vous êtes ma confidente, ma meilleure amie, mon sourire, mon est, mon ouest, mon impératrice et mes incroyables rêves de sieste... Mais je vous aime surtout pour la femme que vous êtes. Pour vos détails. J'adore lorsque vous reculez votre siège et que vous croisez vos jambes, je jubile lorsque vos mains jouent avec vos lunettes, lorsque vous attachez vos cheveux à la fin d'une séance avec une grâce infinie"...


Nicolas Rey nous offre un roman acidulé à souhait entre satire sociale, polar de série B un peu fou, qui vous colle les zygomatiques en position haute. Des chapitres courts, un récit enlevé à l'humour so british et un finish en happy end déconcertant.


Il ne faut pas faire l'économie de s'aventurer dans l'univers inclassable, déjanté de l'auteur qui pose la question intemporelle et universelle : l'argent fait-il le bonheur ? Bien mal acquis ne profite-t-il vraiment jamais ? 

Un petit bonheur de lecture !


 


vendredi 2 septembre 2022

PURGATOIRE _ CORENTIN MAZERON

 PURGATOIRE

Auteur : Corentin Mazeron

Editions Jets d'Encre

Quand la « petite » histoire d’un Corse exilé à New York au début du XXe siècle devient l’occasion de raconter la grande 11 novembre 1893, Tino Ezzani naît en Corse. Une île qu’il aime par-dessus tout… et qui abrite – il en est convaincu – son premier et seul grand amour : Morgane Bonaparte. Elle a su, en quelques années, marquer son monde comme son glorieux ascendant Napoléon l’a fait avec la France. Du haut de ses 11 ans, il est le plus heureux des garçons. Mais un jour, ses parents lui annoncent leur départ imminent pour l’Amérique. Tino en a le cœur brisé. Il fait une promesse silencieuse à Morgane : celle de revenir et de l’épouser. Il habite désormais à New York, mais n’y vit pas. Il se contente d’errer dans ses rues, hanté par l’ailleurs. Son exil, plus que physique, est devenu mental. Mais, bon gré mal gré, le jeune Corse grandit sur cette île, non pas méditerranéenne mais américaine, sa « petite » histoire se mêlant habilement à la grande... Au travers de tous les bouleversements qui marquent le XXe siècle, Tino pourra-t-il tenir sa promesse d’enfant ? Dans son premier roman, porté par une langue aussi élégante que poétique, Corentin Mazeron se fait historien du néant en imaginant la pire punition de l’homme, à savoir devoir vivre avec tout ce qu’il n’a pas vécu, et, en miroir, invite le lecteur à réfléchir au sens de sa vie – aux chemins qu’il a empruntés, à tous ceux qu’il a renoncé à fouler –, avant qu’il ne soit trop tard et que ses regrets deviennent des tombes dans lesquelles il s’enterre vivant.


Mon avis : 


Sartre nous a dit "Nous sommes la somme de nos choix". Cependant Tino s'est vu imposé un choix par ses parents qui a changé le cours de l'histoire qu'il s'était écrite. 

D'une écriture fine, ciselée, exigeante, pour nous conter les maux de cette existence contrariée, Corentin Mazeron nous propose une réflexion philosophique : incarne-ton vraiment nos vies ou nous laissons nous porter vers d'autres chemins dès lors que celui que nous nous étions destiné à changer d'horizon. 

L'histoire bluffante arraché à sa terre natale et à la femme prédestinée, pour lui faire vivre une vie déracinée, palliative, émotionnellement torturée. La plume est incisive, le verbe percutant, le développement parfois déroutant, le suspense omniprésent. Un premier roman addictif.

"Vous avez fait, dès la première lueur de l'aube, une étude très serrée de l'amour, et vous avez sur vous de la documentation. Partout où vous allez, vous portez en vous le poison des comparaisons et vous passez votre temps à attendre ce que vous avez déjà reçu", Romain Gary.

De New York à Los Angeles, de Paris à Marseille, d'un coeur choisi à celui espéré, Tino traverse l'Histoire en passager clandestin sans apitoiement. il a vécu ce qui devait être sans jamais s'enraciner dans une France fantasmée ou une Amérique utilitaire.


Impossible de se libérer de Tino avant le crépuscule de sa vie.

dimanche 21 août 2022

ALABAMA 1963 _ Ludovic Manchette Christian Niemiec

 ALABAMA 1963

Auteurs : Ludovic Manchette Christian Niemiec

Editeur : Le Cherche Midi_Pocket

Birmingham, Alabama, 1963. Le corps sans vie d'une fillette noire est retrouvé. La police s'en préoccupe de loin. Mais voilà que d'autres petites filles noires disparaissent...
Bud Larkin, détective privé bougon, alcoolique et raciste, accepte d'enquêter pour le père de la première victime. Adela Cobb, femme de ménage noire, jeune veuve et mère de famille, s'interroge : "Les petites filles, ça disparaît pas comme ça..."
Deux êtres que tout oppose. A priori.
Sous des airs de polar américain, "Alabama 1963" est avant tout une plongée captivante dans les États-Unis des années 1960, sur fond de ségrégation, de Ku Klux Klan et d'assassinat de Kennedy.


Mon avis :

Deux mondes parallèles ponctués de violence, deux personnages aussi différents que possibles : un privé blanc, alcoolique et une domestique noire, veuve, à l'humour un peu insolent.

La ségrégation régit la vie de tous. Qui va s'intéresser à la disparition de petites filles noires ? Un flic déchu et une femme empathique qui s'imagine la déchirure que serait la perte de sa fille.

Un couple atypique, dérangeant pour l'époque violente mais complémentaire ; une enquête prétexte à la rencontre de deux mondes que tout oppose et pourtant... Bud est bien conscient d'avoir besoin de l'aide d'Adela sans vraiment le dire, quant à Adela, l'attitude de Bud la pousse à se surpasser : apprendre à lire et à conduire, prendre du recul.

Ce roman est addictif, noir et lumineux. Des dialogues savoureux empreints d'humour parfois. L'époque prête a cette rencontre hors normes qui va aiguillonner les deux communautés. 

Les auteurs bousculent les conventions, nous font découvrir cette année 1963 avec ses évènements tragiques : la mort de Kennedy, le discours de Luther King, les écoles mixtes et les heurts que cela va engendrer, le klan. Les personnages secondaires Miss Gloria, Shirley et sa cousine, Nelson, Walt et les autres constituent une galerie indispensable pour comprendre le contexte de l'époque.

Un roman captivant, savoureux, dur et tendre que l'on ne peut quitter avant l'épilogue. La couverture rappelle un film de Clint Eastwood que l'on verrait bien adapté celui-ci.

Cette histoire à la fin émouvante est un coup de coeur. 

À lire absolument ! ★★★★★




HAUTE SAISON _ Adèle Bréau

HAUTE SAISON

Autrice : Adèle Bréau

Editeur : Le Livre de Poche

Un club de vacances sur la côte basque.

Quatre solitudes qui n'auraient jamais dû se rencontrer. Une histoire d'amitié et de rédemption.

Anglet, fin juillet. À la réception du Club Océan, Germain accueille comme chaque semaine les nouveaux arrivants, avec un mélange de plaisir et d'appréhension...

Au milieu des habitués, certains clients goûtent pour la première fois aux « joies du club ». Chantal, qui débarque sans grand enthousiasme avec ses petits-enfants, Matthias, papa solo ayant cédé à l'appel de l'option « mini-club », et Fanny, venue en famille pour tenter de resserrer les liens, vont plonger dans ce huis clos aussi enjoué qu'inquiétant, dont la feuille de route est claire : faites connaissance et a-mu-sez-vous ! Mais qu'a-t-on à partager avec des êtres si différents ? 

Entre tournois de tir à l'arc, plaisirs du self et jeux apéro, ces vacanciers contraints de cohabiter parviendront-ils à rompre la glace malgré les secrets qu'ils ont emportés dans leurs bagages ? Peut-on réparer ce qui a été brisé ? Faut-il se lever à l'aube pour avoir un transat à la piscine ? 

Autant de questions à la fois profondes et légères qui portent ce roman solaire, plein d'humour, d'émotion et d'humanité.


Mon avis :

Un club de vacances où tout est inclus, quoi de mieux pour se détendre sans se poser de questions ? En fait, tout dépend de ce que vous attendez d'un lieu où tout est conçu pour vous occuper sur place, vous faire consommer local mais au milieu d'inconnus...

Heureusement, il y a Germain, concierge hors pair pour trouver des solutions à tout ou presque, quitte à risquer sa place. 

Adèle Bréau nous offre un roman choral où Fanny, Victor, Chantal, Mattias et quelques autres vont s'offrir le luxe de s'ouvrir aux autres en un lieu qu'ils n'imaginaient pas si hospitalier que cela, à leur arrivée.

J'ai beaucoup aimé voir évoluer les personnages au gré de leur déboire personnel et des difficultés que la vie vient mettre sur leur chemin alors qu'ils sont dans un lieu propice à la détente et au farniente. Aucun d'entre eux n'aura portant l'opportunité de mettre leur cerveau en pause pour déconnecter de leur réalité d'avant vacances, mais souvent la vie est pleine de surprises !

À lire, au soleil avec un mojito bien "a rhumatisé" !




samedi 25 juin 2022

IL FAUT BEAUCOUP AIME LES GENS _ Solène Bakowski



 IL FAUT BEAUCOUP AIME LES GENS

Autrice : Solène Bakowski

Aux Editions Plon - 364 pages

Après un séjour en prison, Eddy Alune, 31 ans, est devenu veilleur de nuit, un métier qui lui permet d'échapper aux gens et aux ennuis. Il vient de perdre son père. En vidant l'appartement de son enfance, il retrouve des effets personnels qu'il a volés, vingt ans plus tôt, à proximité d'une SDF morte dans la rue. Poussé par la culpabilité, il décide de rendre à cette femme l'histoire qui lui a été confisquée.
Une enquête commence, dans laquelle Eddy se lance magnétophone à la main, pour ne rien oublier. De rencontre en rencontre surgissent plus que des souvenirs. Des liens nouveaux se tissent et la mémoire, ravivée par Eddy, va bouleverser bien des vies.
Il faut beaucoup aimer les gens trace le parcours d'un homme ordinaire qui, voulant réparer ses fautes, se trouve réparé par les autres. Ce roman pudique et profondément humain dessine les contours extraordinaires des visages qui font notre quotidien.


Mon avis :


Solène Bakowski m'a conquise une fois de plus avec les destins croisés d'Eddy Alune, Luciole, Rosa et ses personnages secondaires Noémie, Ahmed, Amalia et les autres.

L'autrice a l'art de nous conter les destins fragiles de ces gens que l'on croise sans les voir. Elle tisse sa toile de dentelles pour nous donner à rencontrer des êtres abîmés par la vie, en proie aux doutes et aux remords comme Eddy et Luciole. Chaque roman de Solène Bakowski nous parle d'humanité.

Je ne veux pas divulgâcher cette histoire si délicatement écrite. Mais, ne passez pas à côté de la perspective qui vous est offerte de regarder le monde autrement, de vous laisser porter par la voix de Luciole et l'envie de réparer d'Eddy.

Eddy redonne vie à Rosa, morte sous un porche. Il retrace sa vie à travers le récit des personnes qui l'ont connue, aimée, qui ont été intrigués par cette femme croisée au hasard d'un café. Une femme vibrante. Cela va permettre à cet homme fermé, solitaire, blessé, de s'ouvrir aux autres.

L'autrice sort de l'ombre ces personnages que la vie malmène. Elle nous parle tout en pudeur de ceux qui leur offre un lien ténu, une écoute indispensable jusqu'au matin suivant, pour qu'ils aient la force de continuer jusqu'à la nuit suivante. 

Solène Bakowski est une guérisseuse, elle pose sa plume avec tendresse sur votre coeur pour vous permettre d'aimer les gens, tout simplement.


NOS COEURS SI LOIN - ELAINE CASTILLO

 NOS COEURS SI LON

Autrice ELAINE CASTILLO

Aux Editions La Croisée - 552 pages

Quand elle arrive dans la baie de San Francisco après a voir fui les Philippines, son pays natal, Hero refuse d'evoquer ce qui lui est arrivé. Au coeur de la Californie, c’est toute une communauté d’expatriés qui va l’accueillir : jeunes adultes, enfants, employés de restaurants, salons de beauté, qui se sentent ni tout à fait américains, ni tout à fait philippins. Parmi eux, Hero tombe amoureuse de Rosalyn, et son passe resurgit malgre elle…
Entre La Vie breve et merveilleuse d’Oscar Wao de Junot Diaz et les Chroniques de San Francisco d’Armistead Maupin, Nos coeurs si loin est un premier roman lumineux et profond sur l’amour sous toutes ses formes, sur les exactions d’un régime politique et le pouvoir salvateur des communautés - de sang ou de coeur.



Mon avis :

Ce roman est difficile à aborder, un peu trop dense à mon goût. Pourtant les portraits de femmes proposés par l'autrice : Hero, Paz, Roni, d'âge différents, bel et bien liées par ce destin d'expatriées sont poignants.

Le traumatisme vécu par Hero, Paz, s'imprime à la génération suivante sans que rien ne puisse l'empêcher. Beaucoup d'humanité dans ce roman choral. L'écriture est intense, les questionnements nombreux car même si la communauté permet un sentiment d'appartenance, tous ces gens ne sont plus vraiment Philippins et pas Américains.

Même si pour la plupart d'entre eux, c'était une question de survie, le déracinement est une blessure indélébile. L'autrice nous touche en nous faisant traverser le temps, celui du passé aux Philippines et du présent en Amérique avec ses difficultés d'intégration, la langue qui émaille les conversations à la maison, la double culture à construire dans une ville cosmopolite nous éclaire sur les difficultés d'une communauté qui doit trouver sa survie dans des petits boulots.

L'autrice nous permet d'entrevoir les Philippines, la dictature, le multiculturalisme, l'importance des communautés pour les expatriés, la sauvegarde de l'amour.

Toutefois, je n'ai pas trouvé la référence avec les chroniques de San Francisco pertinente. Le roman aurait mérité d'être élagué d'un nombre trop important de personnages pour rendre de la lisibilité au destin de Hero.

Je remercie l'opération Masse Critique de Babelio de m'avoir permis de découvrir la plume d'Elaine Castillo.


samedi 4 juin 2022

LE LOUP PEINT - Jacques SAUSSEY

 LE LOUP PEINT

Auteur : Jacques SAUSSEY

Editions Le Livre de Poche thriller- 462 pages

Vincent Galtier est vétérinaire dans une petite ville de l’Yonne, près d’Auxerre. Depuis la mort de son fils, son couple est exsangue. Seule, Marion, sa maîtresse, parvient avec peine à lui faire vivre quelques rares moments d’oubli au creux de son lit. Une nuit, alors qu’il vient de la quitter et traverse une forêt isolée pour rentrer chez lui, les passagers d’une voiture inconnue lui tirent dessus et tentent de le précipiter dans un ravin. Lorsque Vincent parvient enfin à son domicile, après leur avoir échappé de justesse, c’est pour y découvrir une scène de massacre. Mais ce n’est pas la seule qui l’attend. Le cauchemar ne fait que commencer...



Mon avis :


Je découvre Jacques Saussey avec ce thriller.

L'idée d'une intrigue au sein d'un trafic de chiens, dont un plus exotique que les autres, soutenu par un vétérinaire, m'a paru très intéressante, même si l'auteur s'autorise à utiliser de vieilles recettes, un peu éculées : "sexe et hémoglobine", plus quelques clichés attendus pour agrémenter le récit.

Il ne faut pas être fragile pour se laisser embarquer tambour battant par la frénésie de vengeance de Sophie, la "bombe" assassine. Je ne sais pas si le prénom a été choisi à dessein mais Sophie a en effet eu bien des malheurs, qu'elle va faire payer à qui se mettra en travers de la mission qu'elle a décidé de poursuivre en souvenir de son amoureux de mentor.

L'auteur nous ballote au gré des désastres qui vont s'abattre sur un Vincent Galtier qui se laisse porter par les évènements et son "deuxième cerveau", ce qu'il va amèrement regretter. Le vieux brisquard de Richard Milan, policier incolore, a l'instinct de limier va permettre des avancées que le lieutenant Dardenne n'a pas vues venir.

Un thriller habile qui rend captif jusqu'à l'épilogue. J'ai été ballotée au gré des manigances de Sophie, des frayeurs de Galtier, des réflexions de Milan, de tous les twists semés, comme des petits morceaux de pain sur le chemin du lecteur, qu'un corbeau aurait englouti pour le perdre dans les méandres de l'esprit d'un couple infernal, d'un flic obsédé et d'un vétérinaire attentiste et velléitaire. 

Un bon moment de lecture !