samedi 30 août 2025

VEILLER SUR ELLE de Jean-Baptiste ANDREA


     VEILLER SUR ELLE

Auteur : Jean-Baptiste ANDREA

Aux Éditions Collection Proche

Au grand jeu du destin, Mimo a tiré les mauvaises cartes. Né pauvre, il est confié en apprentissage à un sculpteur de pierre brutal et sans talent. Mais il a du génie entre les mains. Héritière du clan Orsini, Viola a passé son enfance à l’ombre d’un palais génois. Libre et passionnée, elle a trop d’ambition pour se résigner à la place qu’on lui assigne.
Ces deux-là n’auraient jamais dû se rencontrer. Au premier regard, Viola et Mimo jurent de ne jamais se quitter. Liés par une attraction indéfectible, ils traversent des années de fureur quand l’Italie bascule dans le fascisme. Mimo prend sa revanche sur le sort, mais à quoi bon la gloire s’il doit perdre Viola ?




Mon avis :


Une fresque romanesque où l’art, l’amour et la liberté se dressent face aux vents de l’Histoire


L’auteur nous offre un roman construit comme une enquête, à travers le regard de Mimo — Michelangelo Vitaliani — qui, agonisant, se remémore ce qui a fait de lui un homme contraint de se cacher pour mourir. Autour de lui gravite le clan Orsini : deux frères, l’un ambitieux ecclésiastique, proche du Pape ; l’autre, séduit par les promesses d’avenir d’un dictateur en devenir. Leurré par l’illusion d’un pouvoir qu’on lui concède tant qu’il reste docile, il accepte d’être la main qui frappe dans l’ombre, à condition de ne jamais défier l’autorité souveraine. 

Le souffle historique du récit prend corps dans la voix de Viola, qui égrène à Mimo les noms de cinq vents balayant l’Italie, comme l’écho d’un futur inéluctable si nul ne se dresse contre la tempête. Elle les lui murmure pour qu’il les grave en lui et saisisse les enjeux de ce qui, bientôt, sculptera leurs destins.

Ce roman, à la fois captivant, poétique et dur, raconte le destin tragique d’une jeune femme assignée à une place qu’elle refuse. Brillante, elle se rêvait pilote d’aéronef, passionnée d’art, et fut la première à déceler le talent de sculpteur de Mimo. Pour certains, la connaissance est une prison ; pour d’autres, elle est liberté. Elle veut le meilleur pour ce garçon pas comme les autres, qui comprend son besoin de s’allonger, la nuit, sur une tombe, pour écouter le bruissement de l’obscurité, regarder les lucioles. Deux êtres différents, moins bien né pour l’un, mais enfermés dans la même prison, épris de liberté.

De cette rencontre naît l’absolu, celui qui scelle les destins jusqu’au dernier souffle. Un roman-fleuve, porté par la quête d’une statue, une Pièta, dont l’aura unique, puissante ferait la gloire de celui qui la posséderait — une création forgée par un amour fou.

Jean-Baptiste Andréa nous offre bien plus qu’une histoire : il nous confie une mémoire, celle de deux êtres qui ont sculpté leur liberté à coups de passion et de courage, dans un monde qui voulait les enfermer.

Fermer Veiller sur elle, c’est comme quitter une salle où résonne encore une musique qu’on n’oubliera pas. On reste là, un instant, à écouter le silence après la dernière note, le cœur serré par ce qu’on vient de vivre.


jeudi 28 août 2025

BANC DE BRUME de Sophie BERGER

 

BANC DE BRUME

Autrice Sophie Berger

Aux Éditions Gallimard

« Je suis restée l’enfant qui n’ose pas demander qu’on lui explique. Celle qui se tait. Celle qui entend le coup de téléphone tardif, qui sonde le ton de la réponse de sa mère, celle qui cherche des indices dans la voix des adultes, dans le brouhaha ambiant, dans le bruit du monde. »
D’Olivier et Yvonne, jeunes mariés morts dans un accident d’avion en 1976, leur nièce Alice n’a jamais rien su. La sidération a confisqué l’histoire. Devenue réalisatrice son, elle se lance dans une recherche qui la mène à recomposer leur destin. Alice scrute les photos, fouille les archives et articles de presse. De la bande-son rock’n’roll aux récits des témoins retrouvés émerge peu à peu l’écho d’une jeunesse des années 70. La preneuse de son explore le silence qui a entouré le drame familial, pour en découvrir les résonances dans le présent, au-delà de la seule sphère intime.
Délicat et juste, ce premier roman de Sophie Berger est une réflexion sur le deuil, et sur la nature du silence qui l’accompagne parfois d’une génération à l’autre.


Mon avis :

Sophie Berger nous invite à éprouver le vide laissé chez Alice par ces jeunes mariés, disparus trop tôt et relégués au silence. Il lui aura fallu se retrouver dans un grenier, découvrir une photo sépia pour enclencher ce besoin impérieux de les sortir du silence. 

Alice, preneuse de son, est à l’écoute des silences. Elle commence à investiguer. À défaut d’interroger sa propre famille, encore repliée dans un deuil muet, elle cherche ailleurs : dans les coupures de journaux, les dossiers de la gendarmerie, les voix de ceux qui étaient là. Peu à peu, le flou autour d’Olivier et Yvonne se dissipe. Ils ne sont plus seulement ces figures disparues trop tôt, mais des êtres incarnés, saisis dans leur élan, leurs fragilités, leur intensité.

Dans ce roman, il y a la brume du matin, celle du titre, mais aussi celle des souvenirs effacés, des liens interrompus. La narration, pudique, ne force jamais l’émotion. Elle laisse la place au ressenti, à l’écho discret de ce qui a été perdu, à l'enquête quasi policière d'une jeune femme qui a décidé que le silence devait être rompu pour raconter l'histoire de ce qui aurait pu être si le silence et la brume n'avait pas étouffé ce qui avait fait l'existence d'Olivier et Yvonne avant le drame.

Avec justesse et retenue, Sophie Berger explore les silences de la famille, ceux qu’on respecte sans toujours les comprendre. Elle signe un premier roman sensible, où la quête d’Alice devient celle de tous ceux qui ont grandi au bord d’un vide, sans jamais avoir pu y poser de mots.

En refermant ce livre, il reste une sensation flottante, comme une brume qui mettrait les cœurs à nu. Celle d’avoir approché, avec pudeur, ce qui continue à vivre même dans l’absence.




lundi 18 août 2025

LE SECRET DE JEANNE de Sophie Astrabie

 

Le Secret de Jeanne

Autrice Sophie Astrabie

Aux Éditions Flammarion

Alors qu'elle pensait son père mort depuis dix-sept ans, Alexandra apprend son décès. Elle n'ose interroger sa mère, mais quand elle découvre un plan de la maison de sa grand-mère indiquant la présence d'une porte cachée, elle ne peut s'empêcher de fouiller. Ainsi ressurgissent les secrets de Jeanne, une éleveuse d'oies dans les années 1930, et de Nicole, une femme mariée des années 1980.







Mon Avis :

Il y a des romans qui vous happent sans bruit, comme une porte entrouverte sur un passé qu’on croyait oublié. Le Secret de Jeanne fait partie de ceux-là. Trois femmes, trois voix, une mémoire qui ne demande qu’à être entendue.

Jeanne est née en milieu rural, gardienne d'oie, elle vit une vie tranquille et oisive, jusqu'à ce qu'un drame l'oblige à 14 ans à "monter à Paris", y rejoindre une cousine. La tendresse n'a pas sa place dans ce monde rude où seule la nature offre un peu de beauté. Jeanne est sensible à la beauté.

Nicole se sent moins désirée que sa soeur Claudine, plus jolie, mieux aimée. Elle convoite toutes deux le beau Jacques. Finalement, Nicole aimera Marc, l'ami de Jacques. Marc a cela de commun à Nicole de se sentir comme un second choix, toujours en compétition avec Jacques. Des rivalités toxiques.

Alexandra ne sait pas grand chose de son enfance sinon que son père est mort lorsqu'elle avait 4 ans dans un accident de circulation. Le coup de fil d'un notaire lui annonçant la mort de son père va totalement bouleverser ses certitudes.

Ce roman nous parle des non-dits, des secrets de familles qui même inconnus ont un impact inconscient sur les générations suivantes. Nous sommes la somme de nos choix, même s'ils sont parfois dictés par l'absence de connaissance du passé des générations précédentes.

Les personnages sont attachants, résilients, des femmes fortes et fragiles à la fois. Sophie Astrabie de son écriture romanesque questionne la place des femmes, leur instinct de protection, leur vie laborieuse mais passionnée comme celle de Jeanne aux portes de la Guerre. La petite Jeanne, si naïve, tombée amoureuse de l'art et d'un peintre capable de poser des émotions sur une toile et de s'en affranchir dans la vie de tous les jours en ces temps troublés. 

Sophie Astrabie explore les secrets de famille, ces silences transmis comme des héritages invisibles, interroge la place des femmes dans une société où l’amour, la résilience et la douleur se mêlent sans toujours se dire.

Et puis il y a cette phrase de l'autrice : « La mémoire n’est pas récit, elle est matière.* » Un tableau glissé parmi d’autres, une douleur cachée à la vue de tous. Il faudra la volonté de Jeanne pour briser le cycle, pour qu’Alexandra reprenne les rênes de sa vie et comprenne enfin ce qui l’a précédée.

Un accrolivre doux et puissant, qui nous rappelle que nous sommes faits de ce que l’on sait… et surtout de ce que l’on ignore.

Pour en savoir plus : 

* https://www.bing.com/videos/riverview/relatedvideo?q=le+secret+de+jeanne+de+sophie+astrabie+youtube+vid%c3%a9o&mid=BF5BB68BE3A59CA27920BF5BB68BE3A59CA27920&FORM=VIRE

jeudi 14 août 2025

VA OU LA RIVIERE TE PORTE

 

VA OU LA RIVIERE TE PORTE

Autrice SHELLEY READ

Editions Pocket

Victoria Nash a dix-sept ans, et elle gère d'une main de maître le verger de pêches de son père, à Iola, petite ville du Colorado nichée entre les montagnes de la Big Blue Wilderness et la rivière Gunnison. Lorsqu'elle rencontre par hasard Wilson Moon dans les rues d'Iola, la vie semble lui sourire. Wil est un jeune vagabond au passé mystérieux, à la peau brune et aux yeux aussi noirs et brillants que des ailes de corbeau. L'étincelle qui s'allume entre eux va déclencher autant de passion que de malheurs.
Au cœur des lacs, des montagnes, des rivières, Victoria doit faire face aux changements de son temps tout en sauvant sa propre vie et celle de son verger.




Mon avis : 

Il y a des romans qui vous traversent comme une rivière. Celui-ci en est un. Torie (Victoria) Nash, 17 ans, vit dans le Colorado de l’après-guerre, entre deuils silencieux et vergers de pêches. Elle est le pilier discret d’une famille cabossée, jusqu’au jour où elle croise Wil Moon. Un père qui noie sa douleur dans le travail, un oncle revenu mutilé de la guerre, un frère éternellement en colère depuis la mort de leur mère et Torie qui s'assure que ces hommes ne manquent de rien oubliant ainsi que cette situation s'est imposée sans que du haut de ses 12 ans, elle n'ait eu le choix.

Wil est différent. Trop pour cette ville. Ostracisé pour sa peau, rejeté parce qu’il est indien — ou qu’on le croit Mexicain — il incarne cette mémoire américaine qu’on préfère taire : celle des peuples qu’on a parqués, des enfants qu’on a arrachés à leur famille pour les "intégrer". Wil ne trouve refuge que dans les bras de Torie, cette jeune fille trop occupée à aimer la terre pour haïr les hommes.

Leur amour est un cri doux, une résistance silencieuse. Mais dans l’Amérique des années 50, aimer hors des lignes, c’est déjà trahir. Et la rivière, les montagnes qui les unit, finit par les séparer.

Victoria va devenir une femme tout aussi brutalement qu'elle est devenue orpheline, tenir tête à l’administration, à son frère, aux femmes bien-pensantes qui condamnent son amour. Elle trouvera dans la sororité un refuge inattendu, une force douce mais tenace.

Et pourtant, au cœur de cette tragédie intime, la nature veille. Elle n’est pas décor, elle est personnage. La rivière devient confidente, les vergers mémoire vivante, les montagnes un rempart contre l’oubli. C’est dans cette terre rude et généreuse que Victoria apprend à se relever, à planter malgré les gelées tardives, à espérer malgré les silences. Car si les hommes vacillent, la terre, elle, reste. Et c’est peut-être là, dans ce lien viscéral à la nature, que réside la vraie résistance : celle de continuer à aimer, à transmettre, à exister, même quand tout semble vouloir vous effacer.

Un roman poignant, porté par la beauté sauvage des paysages, les cicatrices de la guerre, les silences du racisme ordinaire, et cette vérité douloureuse : parfois, l’amour ne suffit pas à sauver ce qui dérange, ce qui déborde, ce qui ne rentre pas dans les cases.

L’écriture de Shelley Read est fluide et captivante. Si certains personnages peuvent sembler un peu archétypaux — Wil Moon, doux et résilient, ou Seth, consumé par la haine et l’envie — ils incarnent des figures nécessaires à la tension du récit. Le roman explore surtout la condition féminine dans une époque où les femmes commençaient à peine à revendiquer leur propre valeur et leur droit à choisir leur destin. Il faudra encore plusieurs décennies avant qu’elles ne soient pleinement affranchies des décisions imposées par leurs époux.

lundi 7 juillet 2025

LE LIVRE D'ANNA de Madeline ROTH _ Une chronique intime de l'amour maternel


 LE LIVRE D'ANNA

Autrice Madeline ROTH

Aux Editions La Fosse aux Ours

Les parents d'Anna sont séparés. Pour ses 18 ans, ils se réunissent et sa mère lui offre ses journaux intimes dans lesquels elle relate son quotidien depuis toujours.
Ces carnets composent la suite du récit, révélant ses peurs, ses doutes, ses douleurs à propos de la garde alternée ou encore l'amour inconditionnel qu'elle porte à sa fille.





Mon Avis : 

Madeline Roth nous offre avec Le livre d’Anna un roman aussi court qu’intense, aussi délicat que puissant. C’est une véritable célébration de l’amour maternel sous toutes ses formes — ses éblouissements, ses blessures, ses renoncements, ses élans. Ce récit touche au cœur, que l’on soit mère ou non.

Chloé, à l’aube de ses quarante ans, décide d’avoir un enfant avec l’homme qu’elle aime. Un pacte l’unit à Thomas : s’ils n’ont pas trouvé l’amour à quarante ans, alors ils auront un enfant ensemble. Ainsi naît Anna.

La veille de ses 18 ans, Anna reçoit en cadeau les carnets que sa mère a écrits depuis sa naissance : une mémoire intime tissée de joies, de doutes, de peurs, d’amour inconditionnel. Chloé y confie tout ce qui a façonné son parcours de mère : les douleurs de la garde partagée, les premiers pas qu’elle n’a pas vus, le frisson de voir une autre femme porter son enfant dans ses bras… mais aussi les instants suspendus de bonheur pur, les rires partagés, et cette tendresse farouche qui ne faiblit jamais.

Anna a deux foyers, mais une seule famille. À travers les mots de sa mère, elle comprend sans filtre ce que signifie aimer, transmettre, laisser partir. Les carnets deviennent passerelle : de femme à femme, de mère à fille, de silence à révélation.

Dans ce texte si court, Madeline Roth réussit le tour de force d’exprimer toute la palette des émotions qui traversent les mères. C’est un récit qui vous serre le cœur et vous fait sourire, vous touche au plus intime avec une plume poétique et épurée.

“Aujourd’hui, je crois que cette quête, c’était celle d’être mère. C’est mon plus beau rêve. Ma plus belle victoire. L’inaccessible étoile, c’est cet amour inconditionnel que l’on donne et que l’on reçoit.”

Le livre d’Anna est bien plus qu’une déclaration d’amour maternelle : c’est un hymne à la vie, à la transmission, à ce lien invisible et indestructible entre celles qui donnent la vie et celles qui la reçoivent.


samedi 28 juin 2025

UN ABRI DE FORTUNE de Agnès LEDIG


 UN ABRI DE FORTUNE

Autrice Agnès LEDIG

Aux Éditions Livre de Poche

« Avec un peu d’amour, on fait de grandes choses. En deux années, mes voisins ont transformé cette bâtisse vosgienne à l’abandon en refuge. Du haut de mon banc et de mon grand âge, je viens chaque jour guetter les changements. Les trois premiers locataires sont aussi cabossés que moi. Un homme qui se remet d’un geste irréparable, une gamine fragile comme un moineau et une femme camouflant la misère sous sa légèreté. Je savais qu’au contact des arbres, des bêtes et du jardin, ils allaient oublier leurs peines et s’offrir un nouveau destin. Quand ils ont fait cette découverte dans les taillis et qu’ils se sont mis à remuer le passé, je me suis demandé jusqu’où tout ça allait les mener. Eh bien, vous allez être sacrément surpris… » Jean
Installée en lisière de forêt, Agnès Ledig puise son inspiration dans la biodiversité, convaincue des bienfaits de la nature sur les émotions humaines. Avec la sensibilité qui confère à son écriture une force rare, elle nous invite ici à revenir aux sources du vivant.


Mon Avis : 


Dans Un abri de fortune, Agnès Ledig nous invite à plonger dans un roman à la fois doux et percutant. Une histoire qui mêle résilience, secrets enfouis et quête de rédemption. Ce roman d'apparence feel-good se revêle en réalité bien plus profond qu'il n'y paraît avec une intrigue digne d'un thriller et une galerie de personnages bouleversants, chacun portant ses fêlures et ses blessures du passé.

L'histoire prend racine dans un lieu perdu "au bout du monde" au bord de la forêt vosgienne. Un abri de fortune investi par Adrien et Capucine qui ont aménagé cette ferme pour accueillir des âmes en quête de reconstruction. Ce lieu perdu du bout du monde devient le théatre d'une enquête inattendue avec la découverte d'une sépulture d'enfants cachée depuis plusieurs années. Karine va s'investir pleinement dans la recherche des parents. Une enquête prenante et inattendue qui va dévoiler les caractères des personnages. 

L'autrice, fidèle à sa plume sensible, nous offre des personnages qui, bien qu'en apparence ordinaires, sont traversés par des questionnements profonds et des parcours de vie bouleversants. A travers eu, elle exploire des thèmes universels : la reconstruction après des traumatismes, la quête de sens, la résilience et le poids du passé.

La plume d'Agnès Ledig est fluide, le suspense bien présents, les personnages attachants. Un roman qui tient ses promesses, il tient en haleine, fait du bien, rappelle des éléments de bon sens comme la gestion des ressources, l'espoir de trouver une vie nouvelle après avoir payer sa dette, se faire confiance, être ouvert aux autres.

Un roman qui vous embarque jusqu'à l'épilogue en quelques heures.


Les Orphelins de Löwengold_L'héritier d'Ézequiel de Stéphane Nançoz

LES ORPHELINS DE LOWENGOLD 2

L'Héritier d'Ézéquiel

Auteur Stéphane Nançoz

Aux Éditions JLB-ÉDITIONS Collection La Tête dans les Nuages

Cinq pour nous sauver !
Après s'être enfuis de la prison du Pandénium les cinq Protecteurs novices sont de retour à Löwengold. Ils trouvent une Terre dévastée, dominée par les armées du Seigneur des Ombres. Les survivants sont soumis aux volontés des démons.
Nicolas, Roxanne, Jean-Louis, Suzanne et Enzo, Maître du Feu, de l'Air, et de l'Eau se lancent dnaqs une guere sans merci poour éliminer les créatures de l'Enfer. Mais dans ce Monde des Ténèbres, ou seule une poignée de résistants luttent encore à leurs côtés, leur défaite semble inévitable. L'extinction des Protecteurs aussi !
Aidé pra une mystérieuse Enchanteresse et une fils des puissants Veilleurs, Nicolas trouvera-t-il un moyen de vaincre le tout-puissant Seigneur des Ombres sans sacrifier la vie de ses amis ? Le salut viendra-t-il de ce manuscrit ancien qui évoque les pouvoirs ancestraux de la lignée d'Horus ?
La fin de l'humanité est proche. Quoi qu'il arrive tout se terminera ici !
 

Mon avis :

430 pages d'une épopée qui tient en haleine, avec un final apocalyptique qui capte jusqu'à la dernière ligne du roman.

Dans ce second tome, l'auteur rend un hommage appuyé à J.R.R. Tolkien : les célèbres Orques, créatures démoniaques, font leur apparition, tandis que l'Oeil dans le ciel, réminiscence de l'Œil de Sauron, se transforme cette fois en symbole de bien, avec Nicolas et Horus, dans un rôle protecteur. L'univers se nourrit également de mythes et légendes, comme ceux de la Dame Blanche, de Bloody Mary ou de Baba Yaga, créant une toile de fond riche et intrigante.

Les jeunes novices, désormais âgés de 17 ans, sont attachants, même si certains d'entre eux auraient mérité un traitement plus approfondi.

Dans le premier tome, où les orphelins n'avaient que 10 ans, les dialogues paraissaient parfois étonnamment matures pour leur âge, ce qui affaiblissait la crédibilité des interactions. Stéphane Nançoz semble avoir corrigé ce déséquilibre dans L'Héritier d'Ézéquiel. Les protagonistes, comme Nicolas et Roxanne, ont des échanges plus en phase avec leurs préoccupations d'adolescents, ce qui renforce leur réalisme et rend leurs dilemmes intérieurs plus palpables. Ce travail sur les dialogues permet de mieux comprendre leurs conflits internes et de donner plus de profondeur à leurs choix, notamment lorsqu'ils sont tiraillés entre devoir et aspirations personnelles.

Si les protagonistes principaux sont bien développés, certains personnages secondaires, comme la mère supérieure et le nécromant, jouent des rôles cruciaux dans l’intrigue. Ces personnages porteurs de mystères et de tensions enrichissent l'univers du roman. Bien que leur impact soit indéniable, leur profondeur reste partiellement cachée, laissant au lecteur une impression de non-dit qui attise la curiosité. J'aurais aimé en apprendre davantage sur leur passé et leurs motivations profondes, mais cette part d'ombre n'en est pas moins un atout narratif, intensifiant leur aura mystérieuse.

Les batailles sont épiques, et des personnages comme Maximilian de Rais, dont la tentation de rédemption masque une complexité morale profonde, devront faire face aux conséquences de leurs actes. Comme dans les légendes et les contes, la dimension morale du récit est à découvrir.

L'Héritier d'Ézéquiel m'a donné envie de poursuivre l'aventure dans l'univers de Löwengold et de découvrir la suite d'une histoire qui mêle mystère, action et réflexion.

Si vous souhaitez découvrir d'autres avis : 
https://www.babelio.com/livres/Nancoz-Les-orphelins-de-Lwengold-tome-2--LHeritier-d/1853828

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vendredi 27 juin 2025

UN ÉCLAT ROUGE de Clémentine BIANO _ Un drame familial _


 UN ÉCLAT ROUGE

Autrice : Clémentine BIANO

Aux Éditions CALMANN LEVY

« Tu ne dis rien, tu as compris ? Rien. » 
Dans ce village français des années 1950, le monde de Jeannot, 9  ans, s’écroule le jour où sa désobéissance provoque un accident fatal pour son petit frère. Les parents, sous le choc, lui imposent le silence et inventent pour les gendarmes un rôdeur responsable du drame. De peur que la vérité ne lui échappe, Jeannot devient muet et se fait le plus discret possible. A-t-il encore le droit d’avoir des copains ? D’obtenir un câlin de sa mère ? Un sourire de son père ? Entouré de l’affection maladroite de sa grand-mère, Jeannot oscille entre isolement et culpabilité, et ne sait pas comment continuer à grandir. Un jour, une fillette de son âge s’installe au village. Elle n’a pas peur des mots, elle, et parle pour eux deux. Leur amitié naissante est la première étincelle qui parvient à traverser les ténèbres de Jeannot et lui fait entrevoir un chemin inattendu. Se pourrait-il que, un jour, la vie reprenne un cours heureux ?
"Un éclat rouge" a reçu le Prix du Printemps Romillois 2025, ainsi que le Prix du LÀC 2025, sur le thème de l'espoir.


Mon avis :


Jeannot a désobéi. Il était tellement fier quand son père l’a fait monter dans sa belle auto rouge. Alors… il est monté à bord, avec prudence. Quand son petit frère s’est mis à toucher à tout, il lui a demandé de descendre de la voiture. Le drame est survenu.

Quand les adultes ont décidé de raconter une autre version des faits, Jeannot s’est muré dans le silence. Une peine immense. Son père, en colère. Le gendarme, les questions. L’exil chez la grand-mère. À l’épicerie, les regards des copains, des commères — il n’a pas su comment y faire face.

Puis Charlotte est arrivée de la ville. Avec elle, pas besoin de parler. Elle laisse couler les mots pour deux. Elle comprend.

Clémentine Biano nous livre un récit bouleversant. 
L'autrice signe un premier roman puissant. Le deuil, la culpabilité, l’incompréhension des adultes face à la douleur d’un enfant : Un éclat rouge aborde ces thèmes avec une grande justesse. Les personnages sont bien campés, l’écriture fluide, l’émotion constante.

J’ai été profondément touchée. Par le drame bien sûr, mais surtout par la réaction du père, à la fois brutale et désespérée. Par ce silence de Jeannot, nourri de culpabilité et d’amour. Ce roman est un accrolivre. On ne le lâche pas. Et on n’en sort pas indemne. Une autrice à suivre.