vendredi 3 mai 2024

PERDRE LA TÊTE de Heather O'Neill

 

PERDRE LA TÊTE 

Auteure : Heather O'Neill

Aux Editions LES ESCALES

Un roman fiévreux qui explore les questions de genre, de désir et de pouvoir à travers une histoire d'amitié intense.
Montréal, 1873. Quand Marie, enfant lumineuse et gâtée, rencontre Sadie, fillette sombre et rusée, leurs vies basculent. Elles se lient d'une amitié fusionnelle, entre attirance et compétition. De défi en provocation, leurs jeux deviennent si dangereux qu'un jour, les adultes décident de les séparer.

Des années après, Marie s'affranchit de sa condition de femme en refusant le mariage et en prenant la tête de l'usine familiale. Sadie, quant à elle, découvre la puissance libératrice de la littérature en écrivant un roman érotique. Distribué sous le manteau, ce texte mettra le feu aux poudres d'une révolution menée par les ouvrières.

Marie et Sadie, irrémédiablement liées, joueront un rôle décisif dans les événements qui bouleverseront leur ville.


Mon avis :

Deux petites filles nées fin du XIXème siècle à Montréal, l'une bien née de parents dépourvus de richesse, l'autre fille d'un industriel fortuné, magnat du sucre.

Marie Antoine, dont l'effigie est présente sur les sacs de sucre des raffineries de son cher papa, s'ennuie profondément et s'ingénie à se créer une petite cour. Curieuse de ce monde industriel en développement, elle rêve d'en prendre les commandes.

Sadie, gamine rebelle, est née dans une famille bien déterminée à reconquérir la fortune par tous les moyens. Particulièrement celui de mettre les deux gamines en relation dans l'espoir de se voir accorder les faveurs du richissime veuf qui est le père de Marie Antoine.

Funeste rencontre en vérité que celle de deux gamines admiratives l'une de l'autre. De surenchère en surenchère, un drame les sépare, Marie reste à Mile Doré quand Sadie est exilée à Londres pour couper court à des poursuites. 

Quels seront les funestes conséquences de ce drame dans cette société où il vaut mieux être bien né. Sadie investit le Mile Sordide, se faisant d'abord une place dans le cœur de George Danton, orpheline née dans une maison close, puis en tant écrivaine reconnue.

Dans cette société où le destin des femmes semble tout tracé, Marie Antoine, Mary Robespierre, Sadie et George vont se jouer de leurs conditions en grandissant entre amour et haine.

L'autrice dans cette ode aux femmes puissantes, à une époque où on les juge incompétentes et fragiles, combattantes quitte à sacrifier un morceau d'elles-mêmes, nous propose un regard féministe sur le monde du Mile doré ou sordide, où il est question d'inégalités sociales, du genre, de la destinée qui s'impose ou que l'on culbute pour arriver à ses fins. 

Ce roman ne vous laisse aucun répit. Il vous faudra savoir ce qu'il advient de cet amour-amitié passionné, dévastateur. 

Heather O'neill tisse patiemment sa toile révolutionnaire, dans un monde fantasmé où l'émancipation des femmes, se livre comme un conte. Il vous sera certainement difficile de les quitter avant l'épilogue.


jeudi 2 mai 2024

PETITES CHOSES de Benoît Coquil

 

PETITES CHOSES 

Auteur : Benoît COQUIL

Aux Editions Rivages _ 224 pages

Mexique, années 1950. Au cœur des montagnes brumeuses de la région de Oaxaca, la chamane María Sabina se livre à d’étranges incantations, mêlées de transes et de chants. Elle a recours dans ses rituels aux psilocybes, de puissants champignons hallucinogènes, qu’elle appelle ses « petites choses ».
Mus par une insatiable curiosité, Gordon et Valentina Wasson, d’étonnants scientifiques autodidactes, partent depuis New York en quête du dernier psychotrope encore inconnu de l’Occident.
Le récit de leur découverte et de leurs expériences sous l’effet de cette substance va bientôt faire vibrer la planète, de la CIA au Muséum d’Histoire naturelle de Paris, de la contre-culture psychédélique aux laboratoires Sandoz. Et faire basculer à tout jamais l’univers de María Sabina.
D’une plume vive et jubilatoire, entre récit d’aventures et tableau magique, Benoît Coquil nous fait revivre la fabuleuse histoire d’un champignon qui a changé le monde.
Benoît Coquil enseigne la littérature et la civilisation d’Amérique latine. Petites choses est son premier roman.


Avis : 


Valentina et Gordon, couple de New-Yorkais bien intégrés, respectivement banquier et pédiatre, l'une mycophile, l'autre mycophobe vont se lancer dans la découverte des champignons qui vont les mener au fin fond du Mexique dans la région de Oaxaca.

Là, Maria Sabina, chamane, va les initier et leur faire découvrir les vertus du psilocybe.

A travers le temps depuis le Krach de 1929 aux années 1950, le couple Wasson et leur fille, nous embarquent et nous montrent les ravages que font "les découvreurs" sur les autochtones lorsqu'ils les donnent à voir au reste du monde. Ainsi cette paisible et reculée région des montagnes du Mexique va être envahie par une horde de hippies qui ne respecteront ni lieux, ni culture locale.

Un désastre. Le monde découvre Fantasia et Alice au pays des merveilles, le champignon est magnifié, les laboratoires et les psychiatres se frottent les mains.

Le temps du LSD est venu. Naturel, le monde des dieux de Sabina s'offre à tous.

L'auteur nous présente un roman très documenté, une aventure captivante, une pointe de dérision dans la question de fond bien amenée :  ces toutes petites choses qu'elle a naïvement partagées valaient-elles le bouleversement total du monde de Maria-Sabina ? 






jeudi 4 avril 2024

LE ROMAN DE JEANNE ET NATHAN de Clément CAMAR-MERCIER

 

LE ROMAN DE JEANNE ET NATHAN

de Clément CAMAR-MERCIER

Aux Editions ACTES SUD_352 pages

Jeanne sait que des centaines de milliers d’amateurs de vidéos pornos jouissent de voir son corps livré à des étreintes brutales et à des plaisirs qu’elle feint résolument durant d’odieux tournages. Tout ce qu’exige son métier d’actrice, elle le subit en professionnelle et l’accomplit en toute liberté. Pour autant que la cocaïne la préserve d’en vomir l’abjection.
Loin d’elle – ils ne se connaissent pas encore –, Nathan donne quelques cours sur le cinéma américain, poursuit une improbable thèse, et se drogue jour après jour pour supporter l’inutilité de son existence. Or voici qu’advient leur rencontre, éblouissante, dans un jardin singulier, les plongeant dans la douceur de vivre. Pour toujours, assurément. Si toute la violence du monde d’avant ne vient pas les rattraper.
Tour à tour cru, onirique, romantique, tragique, "Le Roman de Jeanne et Nathan" déploie toute l’étendue des addictions par lesquelles notre époque travestit sa propre réalité, se sature de ses propres images, s’y projette, s’y observe, se nourrit d’illusions, perceptions, vibrations, sensations hors desquelles nul
enchantement ne viendrait plus nous satisfaire.
À moins que le ravissement de l’amour – le philtre éternellement magique de Tristan et Iseult – n’ensorcelle pour de bon, jusqu’à l’événement ultime, les héros de ce premier roman si audacieusement lucide.


Mon avis :


Clément Camar-Mercier nous déroule la vie parallèle de Jeanne et Nathan jusqu'à leur entrée à la Clinique Quito de Neuilly-sur-seine.

La centaine de pages qu'il faut à Jeanne et Nathan pour accepter d'abandonner la cocaïne et les drogues en tout genre qu'ils consomment sont une lente, dérangeante description crue de leur quotidien.

L'alcool et les drogues sont entrés dans leur vie depuis leurs quinze ans. Un refus d'un réel qui les dépasse et les empêchent d'être. Une actrice et un thésard en cinéma, deux jeunes gens fragiles qui se trouvent dans l'expérience douloureuse du sevrage. La Cocaïne est leur univers commun, l'amour en palliatif est-ce possible ?

De la rencontre d'un noir à la Pierre Soulages sans les nuances, pour eux pas de "noir-lumière" en ce début de récit, à toutes les nuances d'une nature retrouvée, idéalisée, partagée, Jeanne et Nathan vont s'aimer d'un amour absolu à la Tristan et Iseult. 

Ce roman présenté comme une fiction nous interroge sur la société et ses travers, sur l'Homo Sapiens et son évolution à l'entrée de ce XXIème siècle. Jeanne et Nathan sont les archétypes choisis pour décrire la vulnérabilité de la jeunesse, le mercantilisme, la solitude, la quête de sens. 

Une écriture incisive, descriptive, parfois proche de l'essai à la fiction noire d'un amour maudit, ce roman est une expérience qui ne laisse pas indemne. 





jeudi 29 février 2024

ON M'APPELLE DEMON COPPERHEAD de Barbara Kingsolver

 

ON M'APPELLE DEMON COPPERHEAD

Auteure : Barbara Kingsolber

Aux Editions ALBIN MICHEL

Né à même le sol d'un mobil-home au fin fond des Appalaches d'une jeune toxicomane et d'un père trop tôt disparu, Demon Copperhead est le digne héritier d'un célèbre personnage de Charles Dickens. De services sociaux défaillants en familles d'accueil véreuses, de tribunaux pour mineurs au cercle infernal de l'addiction, le garçon va être confronté aux pires épreuves et au mépris de la société à l'égard des plus démunis. Pourtant, à chacune des étapes de sa tragique épopée, c'est son instinct de survie qui triomphe. Demon saura-t-il devenir le héros de sa propre existence ?
Comment ne pas être attendri, secoué, bouleversé par la gouaille, lucide et désespérée, de ce David Copperfield des temps modernes ? S'il raconte sans fard une Amérique ravagée par les inégalités, l'ignorance, et les opioïdes - dont les premières victimes sont les enfants -, le roman de Barbara Kingsolver lui redonne toute son humanité. L'auteur de L'Arbre aux haricots et des Yeux dans les arbres signe là un de ses romans les plus forts, couronné par le prestigieux prix Pulitzer et le Women's prize for fiction.


Mon avis :

Ce qui frappe, c'est la tendresse de la plume et la rudesse du propos. Damon Fields se raconte au fil de 600 pages, que l'on ne voit pas défiler, pour devenir Demon Copperhead. 

S’il y a du Charles Dickens ou du John Steinbeck dans la trame du roman de Barbara Kingsolver, l’existence de Demon dévoile une réalité contemporaine de la vie dans la magnifique région des Appalaches. Misère sociale, manque d’accès aux soins, facilité d’accès aux opioïdes. Un cocktail dévastateur pour un jeune homme prometteur.

Tant de courage et de résilience face à l’adversité nous accroche au destin de Demon forgé à l’Oxy et l’amitié de Tommy, Maggot et Angus.

Aucun temps mort dans la narration de l’auteure, du concret, du réalisme à outrance mais pas d’overdose, la magie opère, au bout de la route, il y a le bleu océan.


vendredi 2 février 2024

AUTOUR DE HEUREUX COMME JAMAIS de Guillaume CHAMANADJIAN

 

AUTOUR DE HEUREUX COMME JAMAIS

de Guillaume Chamanadjian

Dans les coulisses d’une dystopie lucide :
quand la fiction interroge notre époque

Lire ma chronique complète : HEUREUX COMME JAMAIS de GUILLAUME CHAMANADJIAN


🎙️ Écouter l’auteur : une satire qui vise la “stupidité plus que les riches”

Dans un échange avec son éditeur aux Forges de Vulcain, Guillaume Chamanadjian replace très clairement son intention :

« Le roman ne s’attaque pas aux ultra-riches en tant que tels, mais à la stupidité d’une manière générale. » [auxforgesd...vulcain.fr]

L’entretien explore plusieurs pistes essentielles :

👉 On comprend alors que la satire du roman n’est pas seulement sociale :
elle relève d’un regard plus large sur nos aveuglements collectifs.


🎧 Le podcast science-fiction : comprendre la mécanique du roman

Dans le podcast C’est plus que de la SF, l’auteur revient sur la genèse du livre et son univers :

👉 Écouter le podcast

On y retrouve :

💡 Ce qui ressort particulièrement :
le roman s’inscrit dans une tradition SF, mais avec une volonté de rester très proche de notre présent immédiat.


📖 Entendre le texte : la voix de l’auteur

Pour prolonger l’expérience, on peut écouter Guillaume Chamanadjian lire lui-même un extrait de son roman :

👉 Écouter l’extrait lu par l’auteur

Ce format met en valeur :

  • le rythme très oral du texte
  • la fluidité de la narration
  • et la dimension presque musicale de l’écriture

👉 Un prolongement naturel de votre analyse sur la place de la BO dans le roman.


📻 Le regard des médias : un roman court, vif et politique

Dans les chroniques culturelles radio (Europe 1 notamment), le roman est présenté comme :

  • une dystopie efficace et accessible
  • ancrée dans une actualité brûlante
  • mêlant divertissement et réflexion [podcast.ausha.co]

👉 Le livre y apparaît clairement comme une œuvre capable de toucher un public large, au-delà du lectorat habituel de science-fiction.


🌐 Échos de la blogosphère : une lecture “rock et politique”

Les blogueurs et lecteurs soulignent plusieurs éléments qui résonnent fortement avec votre chronique :

  • une satire féminement mordante des ultrariches [youtube.com]
  • un roman musical et rythmé, parfois accompagné de playlists [6x8.org]
  • une IA (BINS-42) perçue comme étonnamment humaine et philosophique [6x8.org]

👉 Certains parlent même d’un texte :

« rock, musical, philosophique et éminemment politique » [6x8.org]

💡 Ce qui confirme très directement votre lecture sensible du roman.


🧠 Une œuvre dans le parcours de l’auteur

Ce roman marque aussi un tournant :

  • Chamanadjian, connu pour sa fantasy (La Tour de garde),
  • explore ici une science-fiction plus frontale et contemporaine [babelio.com]

👉 Il ne change pas de regard pour autant :
on retrouve son attachement :

  • aux figures marginales
  • aux systèmes injustes
  • et à une forme d’ironie profondément humaine

Pourquoi revenir à ce roman après lecture ?

Parce que Heureux comme jamais est aussi :

  • 🎧 un roman à écouter (podcasts, extraits)
  • 🧠 un texte à relire à la lumière des intentions de l’auteur
  • 🌍 une fiction qui dialogue directement avec notre actualité

👉 Et surtout :
un livre qui gagne en profondeur dès qu’on sort du simple “plaisir de lecture”.


Conclusion

Explorer les coulisses de Heureux comme jamais, c’est comprendre que derrière son apparente légèreté se cache une réflexion construite, nourrie par les débats contemporains sur la technologie, les élites et l’avenir de nos sociétés.

Un roman qui ne se contente pas de raconter une fuite vers l’espace —
mais qui interroge, avec humour et acuité, ce que nous emportons vraiment de nous-mêmes lorsque nous prétendons changer de monde.


💬 Et vous ?

Après avoir écouté l’auteur ou découvert ces ressources, votre regard sur l’IA ou sur Noah a-t-il changé ?

jeudi 1 février 2024

AUTOUR DE LES DISPARUES DE LA CRYPTE de MÉLODIE MILLER _ un polar enraciné en Bourgogne

 

AUTOUR DE LES DISPARUES DE LA CRYPTE

de Mélodie Miller


Un polar enraciné dans la Bourgogne, où les légendes, les silences et les blessures du territoire se mêlent à une enquête haletante.


Lire ma chronique complète : LES DISPARUES DE LA CRYPTE de Mélodie Miller

Dans ce second opus, Mélodie Miller retrouve son duo d’enfance — Anna Blanchard, journaliste, et Julien Vautrin, gendarme — pour une enquête qui plonge dans les profondeurs d’une crypte bourguignonne et dans les zones d’ombre d’un tueur qui garde plutôt qu’il ne détruit. Un roman sensoriel, ancré, où le territoire devient personnage.

J’ai rassemblé pour vous les ressources et éclairages qui prolongent la lecture :

🎙️ Le duo Anna / Julien : une dynamique née dans La Mariée de la Fosse

Dans une interview donnée à ICI Auxerre pour son précédent roman, Mélodie Miller expliquait vouloir créer « un duo qui se construit dans l’épreuve, sans jamais tomber dans les clichés ».

Cette intention irrigue pleinement Les Disparues de la Crypte :

  • une relation faite de confiance, de tension douce,

  • un engagement total dans leur métier,

  • une complémentarité qui s’affirme au fil des chapitres.

Leur histoire commune, esquissée dans le premier roman, donne ici une profondeur supplémentaire à leurs choix, leurs intuitions, leurs silences.

📰 La presse régionale : un territoire comme matrice du roman

Plusieurs articles de la presse locale (Actu.fr, Yonne Républicaine) soulignent l’attachement de l’autrice à la Bourgogne.

On y apprend notamment :

  • son goût pour les lieux chargés d’histoire,

  • son intérêt pour les drames enfouis,

  • sa manière de mêler faits réels, légendes et fiction.


Cette approche éclaire la construction du roman : la crypte, les villages, les forêts, les pierres anciennes deviennent des éléments narratifs à part entière.


📚 Les retours des lecteurs : une enquête immersive et maîtrisée

Les critiques de lecteurs (Babelio) mettent en avant :

  • la fluidité de l’écriture,

  • la solidité de l’intrigue,

  • la justesse des personnages secondaires,

  • la montée en tension parfaitement dosée.

Beaucoup saluent la capacité de l’autrice à créer une atmosphère presque cinématographique, où chaque scène semble prête à être filmée.

✒️ L’écriture de Mélodie Miller : précision, rythme et sens du lieu

Comme dans La Mariée de la Fosse, l’écriture est vive, précise, très visuelle. Les descriptions de la crypte, des paysages viticoles, des villages bourguignons donnent au roman une texture presque tactile. On sent l’autrice profondément attachée à ce territoire, à ses ombres comme à sa beauté.

Pourquoi lire Les Disparues de la Crypte ?

Pour son duo d’enquêteurs Un binôme attachant, crédible, qui gagne en intensité et en maturité.

Pour son ancrage territorial Une Bourgogne mystérieuse, minérale, traversée de légendes et de drames réels.

Pour son atmosphère Un polar sensoriel, presque souterrain, où chaque lieu raconte une histoire.

Pour son rythme Une enquête haletante, des fausses pistes intelligemment menées, une tension constante.

Pour sa dimension humaine Des personnages secondaires bien campés, qui enrichissent l’intrigue sans jamais la parasiter.


Conclusion

Avec Les Disparues de la Crypte, Mélodie Miller confirme son talent pour les thrillers psychologiques ancrés dans un territoire vivant.

Un roman qui interroge la mémoire, les secrets, les liens d’enfance, et qui donne envie de suivre encore longtemps Anna et Julien dans leurs enquêtes — et dans ce qui se joue, en filigrane, entre eux.

Et vous, aimez-vous les polars qui s’enracinent dans un lieu au point d’en devenir indissociables ?

jeudi 11 janvier 2024

AUTOUR DE LA FILLE D'AVIGNON de Francesca RIZZONI

 

Un roman-hommage au théâtre,
au silence et aux identités mouvantes


Lire ma chronique complète : LA FILLE D'AVIGNON de Francesca Rizzoni

Le roman se lit comme un huis clos à ciel ouvert, une rencontre suspendue dans les coulisses du théâtre Garance à Avignon, entre un directeur de théâtre lunaire et une jeune femme enceinte et mutique. Un premier roman incandescent de 78 pages où le mystère épouse la scène.

J'ai rassemblé pour vous les retours qui éclairent ce texte :

🎬 Le théâtre comme ADN : les mots de la critique (We Culte)

Le parcours de Francesca Rizzoni éclaire profondément ce livre. Ancienne élève en hypokhâgne/khâgne, aujourd'hui professeure en classes préparatoires, elle est surtout une amoureuse absolue du théâtre (elle a notamment collaboré avec le metteur en scène Jean-Michel Rabeux) et une habituée inconditionnelle du Festival d’Avignon.

La critique littéraire met en lumière cette alchimie :

"Francesca Rizzoni dit son amour du théâtre, de la mise en scène [...] Ses mots d'amour peuvent transcender la souffrance, panser les traumatismes, tracer un avenir. Alors le silence laisse place à l'espoir." (Henri-Charles Dahlem, We Culte)

📜 Le coup de cœur des libraires (Fnac)

Les professionnels du livre ont immédiatement été touchés par la délicatesse et la tension de ce premier roman, saluant la force des sentiments qui se jouent sous la surface.

  • L'avis de Marie-Pierre (Libraire Fnac) : « Un écrit magistral sur le sentiment amoureux ! Un premier roman tout en délicatesse où Louis va essayer de percer le mystère de cette femme traumatisée qui ne parle plus. »

✒️ Une écriture "souffle" : l’analyse des blogueurs (Mémo Émoi)

Le style très court et dense du roman a beaucoup fait réagir la communauté littéraire. C’est un livre qui se vit comme une pièce en quelques actes, porté par la musicalité des phrases.

« En soixante-dix-huit pages, Francesca Rizzoni nous raconte une histoire d'amour dans un souffle. Un souffle musical et poétique fait de phrases courtes, de silences et d'expressions choisies. » (Mémo Émoi)

Pourquoi lire La Fille d'Avignon ?

  • Pour l'atmosphère unique : Un décor minimaliste et poétique au cœur d'une Avignon secrète (le Palais des Papes, les ruelles, les loges).

  • Pour sa brièveté percutante : Un texte très court (78 pages) qui se lit d'une traite, comme on assiste à une représentation.

  • Pour découvrir une nouvelle voix : Le premier roman d'une autrice qui maîtrise les codes de la dramaturgie.

Conclusion

Avec La Fille d'Avignon, Francesca Rizzoni signe une œuvre troublante où la fiction se marie au réel. Un texte qui interroge notre capacité à accueillir l'autre, à combler les silences par nos propres histoires, et qui marque la naissance d'une romancière à la prose délicate.

"Et vous, aimez-vous quand les romans empruntent les codes du théâtre ?"

mercredi 10 janvier 2024

AUTOUR DE ICI COMMENCE MON PÈRE de CÉLINE BAGAULT

 

🌿 Autour de Ici commence mon père de Céline Bagault

📚 Lire ma chronique sur : Ici commence mon père – disparition, mémoire et résilience

Les thématiques fortes : disparition, mémoire et nature refuge

Dans ce premier roman d’une grande délicatesse, Céline Bagault explore les zones d’ombre laissées par une disparition : celle d’un père atteint d’Alzheimer, volatilisé en quelques minutes, retrouvé six ans plus tard. Le texte interroge la manière dont une famille vit avec l’incertitude, le doute, l’attente — et comment la nature devient un espace de continuité, presque une forme de présence.

🎧 Un extrait d’interview : “On cherche des pères” (RCF)

Un échange sensible où Céline Bagault revient sur :

  • la sidération de la disparition,

  • les années suspendues,

  • la nécessité d’écrire pour recomposer une présence,

  • le lien profond entre son père et la nature.

🔗 Écouter l’interview sur RCF : https://www.rcf.fr/articles/culture/on-cherche-des-peres-avec-jeanlouis-ezine-et-celine-bagault « Écrire, c’est retrouver une forme de présence, même quand le réel a disparu.»

Dans cette conversation, la voix de l’autrice éclaire le roman autrement : elle dit la pudeur, la lenteur du deuil, et cette manière de faire de la nature un lieu où le père continue d’exister.

🌱 La nature comme lieu de résilience

Le roman tisse un lien constant entre le père et le paysage. Il aimait la nature ; il devient nature. Les saisons, les chemins, les arbres deviennent autant de points d’ancrage pour la narratrice, qui retrouve dans le monde vivant une forme de continuité. Ce glissement du corps vers l’élémentaire donne au récit une dimension presque universelle.

📺 À voir aussi : entretiens et rencontres littéraires

Pour prolonger la lecture, plusieurs échanges autour du roman éclairent la démarche de l’autrice et la manière dont elle a transformé une expérience intime en récit littéraire.

🔗 Voir les ressources autour du roman

Pourquoi lire Ici commence mon père aujourd’hui ?

  • Pour découvrir un récit autobiographique d’une grande justesse émotionnelle

  • Pour comprendre ce que signifie vivre avec une disparition “en suspens”

  • Pour ressentir la puissance de la nature comme espace de mémoire et de continuité

  • Pour lire une écriture précise, sensible, qui dit l’indicible sans pathos

  • Pour réfléchir à la manière dont on raconte nos morts, nos absents, nos silences

Conclusion

Avec Ici commence mon père, Céline Bagault signe un texte d’une grande douceur, qui explore la disparition, l’attente et la résilience. Un roman qui rappelle que les mots peuvent apaiser, relier, et redonner forme à ce qui semblait perdu. Un livre qui continue de résonner longtemps après la dernière page.